Le 1er octobre 2013, de nombreux citoyens, dont Michel Dupont au micro, s’étaient déplacés à la salle du conseil municipal de Shawinigan pour dénoncer les augmentations de leur compte de taxes.

Shawinigan: «il faut une mobilisation plus large»

Shawinigan — Si la colère des citoyens de Shawinigan au sujet de leur compte de taxes municipales s’estompe avec les semaines, l’assemblée publique de mardi soir aura simplement servi de défoulement collectif sans suite. Michel Dupont est allé jusqu’aux premiers balbutiements d’un regroupement provincial des riverains pour inciter le gouvernement à trouver une nouvelle méthode d’évaluation pour ces propriétés, mais le mouvement s’est finalement essoufflé.

Le 1er octobre 2013, pas moins de 150 personnes avaient envahi la salle du conseil municipal pour étayer leurs frustrations devant les hausses vertigineuses de leur compte de taxes. Michel Dupont agissait alors à titre de porte-parole du Regroupement des associations de propriétaires surtaxés de Shawinigan, qui est devenu, deux ans plus tard, le Regroupement des associations de cours d’eau et de lacs de Shawinigan (RACELS).

Les riverains attiraient alors particulièrement l’attention sur les hausses phénoménales de leur évaluation municipale au cours des deux derniers rôles.

«En 2010, l’évaluation de ma résidence avait doublé d’un coup», raconte M. Dupont. «Au rôle de 2013, un autre 50 % s’était ajouté. Je comprends parfaitement l’étonnement et l’incompréhension des gens!»

Le RACELS a entrepris des démarches pour sensibiliser le gouvernement provincial à l’importance de changer les méthodes d’évaluation des propriétés. Une rencontre avait été organisée avec diverses associations québécoises en mars 2017 à Trois-Rivières.

«Nous avons tenté de mettre sur pied un regroupement provincial pour travailler sur l’évaluation des propriétés riveraines, mais je dois admettre que ça n’a pas levé», explique M. Dupont. «C’est tombé et nous avons abandonné ce projet. Mais le RACELS a d’autres dossiers que celui de la taxation. Le regroupement existe toujours.»

M. Dupont reconnaît que l’évaluation municipale demeure un sujet complexe et qu’en ce sens, une mobilisation cohérente et organisée représente un défi. Pendant ses démarches pour mettre sur pied un regroupement provincial, il observait que certaines personnes n’établissaient pas de distinction entre la valeur marchande d’une propriété et l’évaluation municipale.

«Pour bien des gens, baisser leur évaluation, ça leur fait perdre de la valeur marchande», observe-t-il. «Pour moi, ce sont deux choses différentes. La valeur est déterminée par le marché.»

«Est-ce qu’on doit subir les conséquences parce qu’un illuminé arrive dans un secteur et paye trois fois la valeur d’une maison?», questionne M. Dupont. «Ça ne m’apparaît pas équitable.»

À tout le moins, le Shawiniganais se réjouit de constater que les citoyens pourront s’adresser directement à la firme Servitech à l’Auberge Gouverneur, le 5 février. Il se souvient avoir sollicité une rencontre semblable au maire à maintes reprises, sans succès.

Un pas supplémentaire a donc été franchi cette fois, mais la pression devra se maintenir pour avoir du changement, croit-il.

«Il est possible d’obtenir des gains si on réussit à mobiliser beaucoup de monde», analyse-t-il. «Quand nous nous sommes mobilisés en 2013, ça n’a pas levé énormément. Comme à ce moment, il s’est présenté une centaine de personnes à l’assemblée. Mais si ça reste là, c’est sûr que ça ne bougera pas. Il faut une mobilisation beaucoup plus large pour réussir à faire bouger les choses.»

Un comité?

Pour le moment, Karine Bussière semble ambivalente à la suite de son expérience devant le conseil municipal. Elle souligne qu’avec les signatures de mardi soir juste avant la séance publique, sa pétition a joint tout près de 500 personnes. Mais elle s’avoue plus ou moins satisfaite des réponses reçues.

«On va laisser retomber la poussière», commente-t-elle. «J’aimerais vraiment que le plus grand nombre de gens possible se présentent à l’assemblée avec la firme Servitech. Personnellement, je veux bien représenter mon quartier, mais je ne suis pas spécialisée là-dedans. J’aurais besoin d’aide pour que des gens d’autres quartiers prennent aussi ça en main.»

Mme Bussière déplore qu’on brasse la même soupe depuis plusieurs années à Shawinigan. L’évaluation municipale suscite des questionnements, mais rien ne change.

«On se retrouve toujours au même stade et on ne fait rien», fait-elle remarquer. «Pourquoi on ne se mobilise pas pour ça? Si le maire sait quoi faire, qu’il nous le dise!»