Le maire de Shawinigan, Michel Angers, le conseiller du district des Boisés, Martin Asselin et la députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, ont annoncé un important programme de réfection et de mise aux normes pour l’aréna Émile-Bédard, lundi matin.

Shawinigan conservera ses quatre arénas

SHAWINIGAN — Le conseil municipal de Shawinigan a tranché: la population sera desservie par quatre arénas sur le territoire pour encore un bon bout de temps. Lundi matin, le maire, Michel Angers, le conseiller du district des Boisés, Martin Asselin ainsi que la députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, ont confirmé un investissement de 3 557 700 $ pour la rénovation et la mise aux normes de l’aréna Émile-Bédard, dans le secteur Saint-Georges.

Une nouvelle qui réjouit particulièrement M. Asselin, qui ne cache pas qu’il a dû défendre son point autour de la table. Rappelons qu’après la construction de l’amphithéâtre municipal, inauguré en décembre 2008, la Ville a procédé à la réfection et à la mise aux normes des arénas Gilles-Bourassa (Shawinigan-Sud) et Grand-Mère au cours des dernières années.

Il restait à déterminer le sort à réserver à celui de Saint-Georges. Lors du fameux débat sur les services supralocaux, certains maires se demandaient pourquoi leur population devrait-elle payer pour permettre à Shawinigan d’exploiter quatre arénas alors que dans l’esprit de plusieurs, trois suffiraient.

«Il a fallu travailler fort», convient M. Asselin. «Je n’ai pas lâché mes arguments. Pendant mon porte-à-porte en 2017, je voyais de plus en plus de jeunes familles. L’aréna a toujours été un lieu de rassemblement, comme lorsque j’étais jeune il y a 30 ans. C’est important d’avoir des services de proximité pour attirer les jeunes familles, surtout avec une école primaire à côté qui offre un programme sport-études. C’était le dernier aréna (à mettre aux normes) et j’avais hâte que cette conférence de presse se fasse!»

Les activités régulières présentées à l’aréna Émile-Bédard lui procurent un taux d’occupation de 75,5 %, le même qu’à l’aréna Gilles-Bourassa. Sur ce plan, c’est l’aréna de Grand-Mère qui mène le bal à 86,8 %, alors que le Centre Gervais auto est occupé à 83,2 % du temps. Ces pourcentages n’incluent pas les matches des Cataractes, ni les événements spéciaux comme les tournois.

M. Angers ne cache pas non plus que l’avenir de l’aréna de Saint-Georges a soulevé des discussions au conseil municipal. Comme toujours, les élus se sont finalement entendus sur une position commune.

«Nous aurions pu facilement nous dire que nous avons une diminution de jeunes et que nous aurions pu les répartir un peu partout», convient le maire. «Mais c’est un signal important pour les secteurs de Saint-Georges et de Lac-à-la-Tortue. Il y a une histoire et une appartenance à cette infrastructure et c’est ce qui a fait pencher la balance.»

«Chaque dossier d’investissement est complexe», ajoute le maire. «Nous avons toujours le défi d’entrer à l’intérieur de notre limite (annuelle) de 16 millions de dollars et j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux. Quand on fait ce débat, le conseil doit savoir que si on fait un investissement important à un endroit, il en restera moins pour les autres.»

Le budget prévu comprend un montant de 927 100 $ pour la rénovation du bâtiment et l’achat d’une surfaceuse, ainsi que 2 461 200 $ pour la réfection du système de réfrigération et de la patinoire. Un montant de 169 400 $ est aussi réservé pour les frais de financement.

La liste de travaux à effectuer comprend le remplacement du système de réfrigération, le réaménagement de la salle mécanique, le remplacement de la dalle de la patinoire et de la tuyauterie de refroidissement et de chauffage, le changement des bandes et des baies vitrées, de même que la rénovation des combles, des appentis, des locaux de rangement, des toilettes et des douches. Le revêtement extérieur de l’immeuble sera également rafraîchi.

Mme Tardif s’était déplacée pour annoncer une contribution de 800 000 $ du gouvernement du Québec pour soutenir ce projet. Cette enveloppe provient du Programme de soutien pour le remplacement ou la modification des systèmes de réfrigération fonctionnant aux gaz R-12 ou R-22: arénas et centres de curling.

Un appel d’offres pour la confection des plans et devis sera lancé au printemps. À l’automne, la Ville demandera des soumissions pour les travaux. Le chantier devrait s’amorcer dans environ un an et se terminer en décembre 2020. M. Angers n’exclut pas quelques perturbations pour les utilisateurs réguliers de cet aréna.

«Habituellement, on essaie de faire ces travaux en été», explique-t-il. «Mais là, il y en a trop. Nous allons essayer de répartir les activités sur les autres plateaux.»

Services supralocaux: «un faux débat», selon le maire Angers


Toujours un peu amer de la tournure des événements à la suite de l’infructueuse tentative de la Ville de Shawinigan d’en venir à une entente avec les municipalités avoisinantes pour l’utilisation des équipements supralocaux, le maire, Michel Angers, qualifie ces négociations de «faux débat», en rappelant que jamais les citoyens ne devraient être individuellement interpellés.

Il s’est permis ce parallèle lors de l’annonce de l’investissement pour la réfection de l’aréna Émile-Bédard lundi matin. La Ville de Shawinigan déboursera 2 757 700 $ sur un montant total de 3 557 700 $.

L’ampleur des sommes requises pour remettre cet aréna aux normes démontre l’importance de la contribution des municipalités environnantes, rappelle M. Angers. 

«Quand on dit que ça coûte cher pour jouer au hockey, vous en avez une preuve aujourd’hui», pointe-t-il. «(Plus de) 3,5 millions $ pour un aréna, ça fait cher du joueur! Un aréna comme celui-là, c’est aussi 400 000 $ d’entretien par année. Ce sont des infrastructures qui ne sont jamais rentables, mais qui le sont pour notre communauté dans la perspective de faire bouger nos gens et d’attirer des familles.»

Shawinigan avait lancé les discussions pour obtenir une compensation financière des municipalités avoisinantes pour l’utilisation de ses équipements supralocaux en 2015, mais son projet n’a jamais abouti. En décembre, une entente a été annoncée avec Saint-Boniface, sans plus. Trois-Rivières vient d’entreprendre le même combat et là aussi, les élus rencontrent de la résistance.

«Le débat sur les supralocaux est un faux débat depuis le début», tranche M. Angers. «Le véritable débat, c’est à la municipalité de payer. On n’est pas d’accord avec des frais supralocaux directement aux parents. C’est inadmissible! Si vous avez deux ou trois jeunes enfants et que vous avez des revenus modestes, pourquoi devriez-vous être privé d’envoyer vos jeunes au même tarif que ceux (de la Ville)?»

Le maire réitère que les municipalités en périphérie devraient profiter de leur bas taux de taxation pour prévoir une augmentation de quelques sous par tranche de 100 $ d’évaluation afin de permettre à leur population de bénéficier des services de Shawinigan ou de Trois-Rivières au même coût que les résidents de ces villes.

«On réglerait le problème d’un coup», rappelle-t-il. «C’est normal, en terme d’équité, qu’il y ait un partage et pas par les citoyens, mais par les municipalités. Je suis profondément contre le fait d’exiger 700 $ de plus aux citoyens de l’extérieur pour jouer au hockey. Ça n’a pas de bon sens.»