Un code d’éthique encadrera la navigation sur le lac des Piles, l’une des principales prises d’eau de Shawinigan.
Un code d’éthique encadrera la navigation sur le lac des Piles, l’une des principales prises d’eau de Shawinigan.

Shawinigan adopte un code d’éthique pour le lac des Piles

SHAWINIGAN — L’adoption d’un code d’éthique pour la navigation au lac des Piles calmera-t-elle les amateurs de sensations fortes, qui s’en donnent à cœur joie depuis le début de l’été?

Le conseil municipal de Shawinigan a adopté cette politique très attendue par les riverains mardi soir, en séance publique. Pour cet été, il s’agira d’un projet pilote. Les usagers seront sondés et l’entrée en vigueur officielle s’effectuera en 2021.

Concrètement, des bouées seront installées afin de délimiter les activités permises et ainsi, limiter les impacts environnementaux. Joan Hamel, présidente de l’Association des résidents du lac des Piles, convient que les adeptes de wakeboard en font voir de toutes les couleurs aux riverains depuis quelques semaines.

«C’est un problème au lac des Piles», confie Mme Hamel. «J’ai reçu plusieurs plaintes, en fin de semaine dernière. Il y a les vagues surdimensionnées, mais aussi la musique forte sur les bateaux. C’est très difficile.»

«C’est le party sur le bateau et la musique porte sur l’eau», ajoute la présidente. «Nous avons beaucoup de plaintes par rapport à cela.»

Or, dans le code d’éthique adopté, la pratique de cette activité ne serait permise qu’à 300 mètres et plus de la rive, ce qui laisse un terrain de jeu passablement réduit à l’environnement de la marina. L’escouade bleue de la Ville veillera à sensibiliser les usagers aux bonnes pratiques.

«On espère que ça limitera les bateaux (qui pratiquent le wakeboard) à circuler dans cette zone et à laisser la place ailleurs aux gens plus vulnérables comme les nageurs, les paddleboards, les kayaks et les canots. Quand il y a beaucoup d’usagers sur le lac, ce n’est pas sécuritaire», rappelle Mme Hamel. Ainsi, des zones sans vagues sont prévues dans ce code d’éthique, où les embarcations à moteur ne pourront se donner en spectacle.

Jusqu’ici, la porte-parole observe une différence marquée de l’activité sur le lac des Piles par rapport à l’an dernier.

«Je ne sais pas si la pandémie a donné le goût aux gens de sortir», avance-t-elle. «On voit vraiment beaucoup de motomarines qui s’excitent à des vitesses excessives. On voit des jeunes conduire des motomarines même s’ils n’ont pas l’âge pour le faire. On voit plus de comportements inadéquats sur le lac cette année.»

À l’hôtel de ville, le maire, Michel Angers, souhaite que ce code d’éthique constituera un premier pas vers une prise de conscience des utilisateurs.

«Nous avons eu une très belle collaboration de l’association, qui souhaitait qu’on puisse cohabiter et qu’on fasse preuve de civisme», mentionne-t-il. «Nous voulons protéger notre prise d’eau. Il faut travailler en harmonie pour faire en sorte que tout le monde puisse faire ses activités en respectant les autres.»

M. Angers ne nie pas que ce code d’éthique puisse être exporté à d’autres plans d’eau éventuellement, notamment sur la rivière Saint-Maurice.