Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Shawinigan adopte la résolution sur la lutte aux changements climatiques

SHAWINIGAN — Le conseil municipal de Shawinigan a rapidement classé un dossier qui était tombé entre deux chaises, mardi soir en assemblée publique. À la surprise des citoyens présents, les élus ont adopté une résolution d’appui à une déclaration citoyenne de lutte aux changements climatiques, déclenchant instantanément une ovation dans la salle.

À la fin septembre, Stéphanie Dufresne, candidate du Parti vert du Canada dans Saint-Maurice - Champlain à l’élection fédérale du 21 octobre, se désolait publiquement du fait que très peu de municipalités de son comté avaient endossé cette position. Le maire de Shawinigan, Michel Angers, rétorquait que cette proposition de résolution était visiblement passée sous le radar. Au printemps dernier pourtant, la Ville de Trois-Rivières et les MRC de Maskinongé, Nicolet -Yamaska et Bécancour avaient adopté la déclaration d’urgence climatique, tout comme les municipalités de Batiscan, Saint-Stanislas et Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Le 3 octobre, Sébastien Bois, du Service d’aide au consommateur de la Mauricie, transmettait aux élus de Shawinigan une proposition de résolution. Quelle ne fut pas sa surprise de constater, mardi soir, que les élus décidaient de l’adopter. Il souhaite maintenant que les bottines suivent les babines, pour reprendre son expression.

Cette déclaration indique que la Ville de Shawinigan reconnaît l’augmentation dans l’atmosphère des gaz à effet de serre et de la température moyenne de la planète, de même que les risques que ces phénomènes représentent pour l’humanité. Elle note aussi que «les municipalités subissent déjà certaines conséquences attribuées aux changements climatiques notamment l’intensification des averses, l’augmentation du nombre de crues ainsi que l’accroissement de la fréquence et de l’intensité des périodes de chaleur accablante».

En conséquence, la Ville reconnaît que des «transitions d’envergure» sont requises. Elle encourage la mise en oeuvre d’actions de lutte aux changements climatiques, elle invite les commerces, les institutions et les citoyens à jouer un rôle pour réduire les gaz à effet de serre et finalement, elle demande à Québec et à Ottawa de poursuivre les initiatives pour accélérer la réduction des GES.

Mme Dufresne s’était déplacée pour cette assemblée publique, de même que Barthélémy Boisguérin, candidat néodémocrate dans le même comté. Les deux aspirants refusaient de voir, dans la décision du conseil municipal, une réaction simpliste à un mouvement populaire qui se fait particulièrement entendre dans le cadre de la campagne électorale en cours.

«C’est dans l’air du temps», fait remarquer la candidate du Parti vert. «Ils ont vu qu’il était peut-être temps de se pencher sur la question. Près de 400 municipalités l’ont déjà endossée au Québec.»

«Ils n’ont pas grand-chose à gagner ou à perdre par rapport aux élections fédérales», fait remarquer M. Boisguérin. «Le maire avait avoué qu’il ne l’avait pas vu passer. Je vois ça comme une belle ouverture, une rapidité à avancer là-dessus, mais c’est vraiment essentiel que ça ne s’arrête pas là. La Ville doit arriver avec un vrai plan concret, avec des actions. Pas juste du vent!»

«On est dans une tendance», fait remarquer M. Bois. «Il faut que les élus soient à l’écoute des mouvements sociaux. Ça va au-delà de la partisanerie.»

Déjà en mouvement

Après avoir pris connaissance de cette déclaration d’urgence climatique, M. Angers laisse entendre qu’il allait de soi que les élus supporteraient cette initiative.

«Nous avons fait toutes sortes de choses dans cet esprit et nous allons en faire d’autres éventuellement», commente-t-il, citant notamment le schéma d’aménagement et de développement durable, la gestion de l’eau, l’assainissement des eaux usées du lac à la Tortue, la protection du lac des Piles et les autobus hybrides qui s’en viennent pour le transport en commun.

«C’est une prise de conscience de la situation actuelle», ajoute le maire. «Les jeunes poussent, avec raison, en disant que nous avons profité de la planète et qu’ils veulent aussi en profiter. Avec l’accélération du réchauffement, ça devient de plus en plus inquiétant. Celui qui ne prend pas conscience de ce qui nous attend, il se ferme les yeux. Comme municipalité, notre responsabilité est de dire que nous ferons les efforts, mais les citoyens doivent aussi les faire.»