Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Shawinigan achète des VUS à... Saint-Basile-le-Grand

SHAWINIGAN — L’achat de dix véhicules utilitaires sport par la Ville de Shawinigan a provoqué quelques murmures dans la salle lors de la dernière séance publique régulière du conseil municipal. Si le maire assure que ces acquisitions étaient devenues nécessaires, il ne cache pas un certain malaise à l’idée qu’un concessionnaire de Saint-Basile-le-Grand ait hérité de ce contrat.

En effet, Olivier Hyundai a remporté la mise, pour un montant de 225 490 $. Cinq soumissionnaires avaient répondu à cet appel d’offres. Lors de la période de questions, Robert Beaudoin s’est présenté au micro pour savoir pourquoi une entreprise de la région n’avait pas été retenue.

«Quelles sont les économies que vous faites là-dessus?», questionne-t-il. «Comment allez-vous faire respecter la garantie? Allez-vous payer un employé pour monter (à Saint-Basile-le-Grand) à chaque fois? Je comprends que la loi ne vous permet pas de faire des achats où vous voulez, mais j’aurais aimé que les entreprises qui payent des taxes ici profitent des achats locaux.»

Le directeur général, Gaétan Béchard, précise que l’économie, par rapport au deuxième plus bas soumissionnaire, s’établissait à 60 000 $. «De plus, ce sont nos mécaniciens qui feront l’entretien des véhicules», précise-t-il.

«Nous appliquons la règle du plus bas soumissionnaire conforme», rappelle le maire, Michel Angers. «Nous faisons un canevas, nous faisons un appel d’offres et c’est le plus bas soumissionnaire conforme qui obtient le contrat. Dans ce cas précis, des entreprises de chez nous ont soumissionné, mais celle de Saint-Basile-le-Grand l’a fait à plus faible coût.»

Le maire ajoute que l’ampleur de la différence de prix ne change rien. Le conseil municipal doit simplement retenir l’offre la plus basse. M. Angers assure également que les élus n’utiliseront aucune stratégie douteuse pour favoriser les entreprises locales.

«On ne peut pas avoir un contrat de dix véhicules et le diviser pour l’amener en bas de 100 000 $ pour être capable de privilégier quelqu’un», explique le maire. «C’est la loi. Nous avions déjà refusé une première (demande) de soumissions pour dix véhicules, nous sommes revenus à la charge. Tout le monde était au courant et nous sommes obligés d’aller avec le plus bas soumissionnaire conforme. Si vous auriez aimé que ce soit des entreprises payeuses de taxes de Shawinigan (qui soient choisies), pensez-vous que nous n’en aurions pas eu le goût? Nous avons eu exactement la même réaction, mais la loi étant la loi, il faut l’appliquer.»

Impossible également de rejeter les soumissions et de reprendre l’appel d’offres, rappelle le maire.

«À partir du moment où c’est conforme et que ça entre dans le budget estimé, nous sommes obligés de les prendre», laisse-t-il tomber.

De son côté, Robert Houle questionne carrément le besoin de la Ville d’ajouter cette nouvelle flotte à celle déjà acquise en juin. À ce moment, les élus avaient autorisé un contrat de 222 100 $ pour l’achat de neuf véhicules utilitaires sport à Automobile A. Gosselin de... Lévis. Cinq soumissions avaient aussi été reçues dans le cadre de cet appel d’offres.

«Depuis juin, la municipalité a donc acheté 19 véhicules utilitaires sport», fait remarquer le citoyen. «Où est le besoin immédiat?»

M. Béchard a nuancé cette interprétation, mentionnant que les véhicules acquis en juin étaient «à plus forte portance». Même si la résolution adoptée à ce moment emprunte la formulation de «neuf véhicules utilitaires sport», le directeur général précise qu’il s’agit en fait de modèles Jeep Cherokee. Lors de la séance du 16 octobre, la Ville a annoncé l’acquisition de 10 véhicules de marque Kona. Cette flotte répondra à des besoins dans divers services municipaux.

Dans la résolution adoptée mardi soir, il est également précisé que la Ville de Shawinigan vend à Olivier Hyundai dix véhicules usagés de sa flotte pour la somme de... 9100 $.

«Ils étaient rendus au bout du rouleau», fait remarquer le maire. «Ce n’est pas un luxe, à moins de 1000 $ le véhicule! Règle générale, les Travaux publics sont très soucieux. On use nos véhicules jusqu’à la corde, mais quand ça coûte plus cher d’entretien que l’achat d’un nouveau véhicule, des décisions se prennent.»