Jerry Houser, Yvon Barrette et Allan Nicholls campaient les rôles de Dave Carlson, Denis Lemieux et Johnny Upton dans le film Slap Shot.

Shawicon: «Slap Shot» en confession

Shawinigan — Pour les amateurs de hockey, les trois hommes qui se sont présentés au Shawicon samedi sont de réelles légendes. Pourtant, ils n’ont jamais joué un seul match dans la Ligue nationale. Yvon Barrette, Allan Nicholls et Jerry Houser, trois vedettes du film Slap Shot, ont raconté tous les souvenirs de ce classique dont la popularité ne s’estompe pas.

Devant plus d’une centaine de personnes, les trois acteurs, qui campaient respectivement les rôles du gardien Denis Lemieux, du capitaine Johnny Upton et Dave «Killer» Carlson, ont livré de savoureuses anecdotes au public déjà conquis, qui attendait uniquement le moment parfait pour crier une des répliques bien connues de ce film qui a fêté ses 40 ans l’année dernière.

La conférence a été rendue d’autant plus sympathique du fait qu’Allan Nicholls comprend le français, lui qui est originaire de Montréal. Il a d’ailleurs été en mesure de prononcer sa réplique la plus connue du film Dave est magané dans la langue de Félix Leclerc. Les échanges étaient rapides, fluides et l’esprit de camaraderie qui régnait sur le plateau en 1977 ne s’est pas estompé.

«Nous avions pratiqué une scène de combat pour la caméra avec le gars qui jouait le rôle de Barclay Donaldson. Comme plusieurs autres, c’était un vrai joueur de la ligue qui avait été engagé pour le film. Quand nous avons filmé la scène, il m’a frappé en plein visage à plusieurs reprises. Je saignais! Il m’a regardé et m’a dit ‘’j’ai oublié que ce n’était pas vrai’’. Le réalisateur George Roy Hill a adoré le réalisme», a raconté Houser au travers de dizaines d’anecdotes du genre qui ont fait rigoler la salle.

Un film... féministe?

C’est Jerry Houser qui y est allé de la déclaration la plus surprenante de cette rencontre. Il a expliqué qu’à travers le hockey, les combats et les répliques salées, Slap Shot était avant tout un film avec un message féministe. «C’est un film avec des femmes fortes, qui a été écrit par une femme. La propriétaire du club est une femme et elle est capable de contrôler le destin  des joueurs, de les faire se battre pour elle. Francine et Lily étaient quant à elles des femmes fortes qui étaient capables de rendre leurs maris fous et leur faire faire n’importe quoi.»

Partout sur la planète

Jamais ces trois acteurs n’auraient été en mesure d’imaginer le succès à long terme que connaîtrait le film mettant en vedette Paul Newman. Bien que profitable aux guichets, le film avait obtenu des critiques mitigées, en plus d’être ignoré par la LNH. C’est au fil du temps que l’œuvre est devenue un film culte, particulièrement au Canada.

«Slap Shot m’a amené partout dans le monde. J’ai même dû traduire ma réplique ‘‘À qui sont les Chiefs?’’ en allemand», raconte Yvon Barrette.

«J’ai été nommé parmi les 10 joueurs de hockey avec la plus belle moustache au monde. Je n’ai jamais joué un seul match professionnel!», ajoute Nicholls, dont la moustache est maintenant plus grisonnante mais tout aussi fournie qu’à l’époque.

Houser mentionne qu’avec l’âge, il est beaucoup plus rare d’être reconnu, particulièrement pour un Californien comme lui. Mais il fut un temps où c’était bien différent.

«Il y a quelques années, j’étais célibataire et j’avais un rendez-vous. En me rendant au restaurant avec la dame, un gars m’a croisé dans la rue, m’a regardé et a crié ‘‘Killer!’’. Comme je ne lui avais pas dit que j’avais joué ce rôle, elle se posait beaucoup de questions!»

Les trois acteurs ont expliqué que contrairement à ce qui est l’habitude dans le monde du cinéma, il n’y avait pas de hiérarchie sur le plateau de tournage de Slap Shot. 

«Il n’y avait pas d’égos. C’était devenu un style de vie et je pense que c’est pourquoi le film a l’air si vrai. C’est le meilleur moment de ma vie. Nous avions la liberté d’inventer notre personnage», lance Nicholls.

Il est très rare que les membres de Slap Shot se retrouvent dans une conférence au Québec, là où le film a connu un succès monstre au fil du temps grâce à une traduction québécoise plutôt que française, comme c’était la norme. Le rôle mythique de Denis Lemieux aura permis à Yvon Barrette de se retrouver dans plusieurs conférences, au beau milieu des grands noms du hockey tels que Bobby Hull ou Darryl Sittler, qui le reconnaissent immédiatement.

«Je fais partie de la gang, lance-t-il. Ça me garde jeune. J’ai fait ce film à 29 ans. J’en ai 71. Quand je me retrouve dans des situations comme aujourd’hui, que les gens connaissent les répliques mieux que moi, ça m’oblige à rester réveiller et c’est important dans la vie.»

Pierre Huet, ancien rédacteur en chef du magazine humoristique québécois Croc, s’est entretenu avec les spectateurs dimanche.

Troisième Shawicon

La présence des membres du film Slap Shot couronnait une programmation variée pour ce troisième Shawicon. Les artistes québécois ont à nouveau occupé une place prépondérante dans la programmation avec la présence de l’humoriste François Pérusse, qui est venu raconter son parcours samedi, tout comme l’ex-lutteur de la WWF Raymond Rougeau. Dimanche, les visiteurs ont eu droit à une conférence de Pierre Huet, ancien rédacteur en chef du magazine humoristique Croc. Tout au long du week-end, de nombreux exposants ont rencontré les amateurs qui donnent eux aussi une couleur au rassemblement puisque plusieurs d’entre eux étaient déguisés pour cet hommage à la culture populaire.

Il y en avait pour tous les goûts et toutes les couleurs lors de Shawicon, où plusieurs participants avaient enfilé des costumes à l’image de personnages fictifs.