Le service de la gestion intégrée des risques du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) a été informé de cet incident le 20 avril dernier.
Le service de la gestion intégrée des risques du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) a été informé de cet incident le 20 avril dernier.

Services sociaux: des documents sensibles retrouvés sur une clé USB

Trois-Rivières — Des documents regroupant plusieurs informations confidentielles rédigées par les services sociaux sur un homme de la région à la suite d’une plainte d’abus sexuels, qui s’est avérée non fondée, et qui devaient être détruits ont été retrouvés sur une clé USB à Victoriaville. Furieux et craignant pour sa sécurité ainsi que pour sa réputation, l’homme dont il est question dans ces documents souhaite déposer une poursuite civile envers les services sociaux de la région.

«Depuis que je sais ça, je ne dors presque plus. Je vérifie toujours si quelqu’un va venir chez nous», confie l’homme dont l’identité demeure confidentielle.

«Dans quelles mains ça s’est ramassé? Qui a vu ça?»

Très inquiet, l’homme a fait installer un système d’alarme à sa résidence depuis qu’il a appris que les documents qui devaient être détruits ont été retrouvés par hasard sur une clé USB égarée à Victoriaville.

Cette clé USB contenait notamment des brouillons du compte rendu d’une entrevue réalisée en avril 2017 avec le fils mineur de l’homme, qui vit avec un trouble du spectre de l’autisme et une déficience intellectuelle, par une éducatrice spécialisée du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) lors d’une évaluation d’un signalement d’abus sexuels. Une intervenante de la DPJ et un policier étaient présents lors de cette rencontre. Et le verbatim de cette rencontre a été écrit par l’éducatrice spécialisée et une intervenante du centre jeunesse sur un ordinateur du CRDI.

Il y a eu quatre versions de ce compte rendu d’écrites et c’est la deuxième version, qui aurait dû être détruite, qui se trouvait notamment sur la clé USB trouvée à Victoriaville et qui a été rapportée le 16 avril dernier au centre jeunesse. On retrouvait dans ce document, détruit depuis, des informations personnelles du père de l’adolescent.

Le service de la gestion intégrée des risques du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) a été informé de cet incident le 20 avril dernier. Les intervenants qui ont travaillé sur le compte rendu de la rencontre avec l’adolescent ont été rencontrés afin de faire la lumière sur cette perte de documents sensibles comportant des renseignements personnels et préjudiciables.

«Les personnes fautives vont recevoir une tape sur les doigts et merci bonsoir», croit l’homme qui souhaite consulter un avocat pour connaître ses recours. «Je n’entends pas en rester là. […] Il y a de l’information personnelle dans ces documents qui peuvent nuire à ma réputation.»

Estimant que les services sociaux ont commis une faute grave en égarant des documents sensibles qui auraient dû être détruits, l’homme envisage de déposer une poursuite au civil pour obtenir réparation. Il a aussi écrit au bureau du premier ministre du Québec, François Legault, pour dénoncer la situation.

L’agent d’information au CIUSSS MCQ, Guillaume Cliche, confirme en effet que les documents qui étaient sur la clé USB «à l’égard d’un dossier jeunesse n’auraient jamais dû s’y trouver».

«Toute l’information doit être contenue dans le système sécurisé fourni par l’organisation», note-t-il.

«Jamais les documents ne doivent transiger sur une clé USB. Les intervenants sont bien informés de ces modalités lorsqu’ils signent une entente de confidentialité.»

Une enquête pour retrouver le propriétaire de la clé USB et la personne qui y aurait déposé des documents sensibles a été effectuée, mais sans succès. «C’est un événement isolé et ça n’arrive pas fréquemment. Mais quand même, un plan d’action sera déployé dans les prochains jours pour rappeler à l’ensemble des intervenants les normes et les bonnes pratiques en matière de responsabilité et de gestion de la documentation», explique Guillaume Cliche.