Les gens installent des pierres tombales personnalisées à l'endroit où est enterré leur ami à quatre pattes.

Services funéraires... pour animaux

En 2006, lorsqu'un travailleur forestier de la région, Yvan Gélinas et sa conjointe, Danielle Lafrenère, avaient ouvert un cimetière pour animaux domestiques, la chose avait, avouons-le, étonné pas mal de monde.
Yvan Gélinas et Danielle Lafrenière ont ouvert un cimetière pour animaux dans le secteur Sainte-Flore de Grand-Mère en 2006.
Aujourd'hui, 11 ans plus tard, le cimetière situé dans le secteur Grand-Mère est toujours actif et reçoit des chiens, des chats et occasionnellement des chevaux, poules, furets et lapins.
Non seulement on ne s'étonne plus que ce genre de service soit offert, mais on trouve de plus en plus de cimetières et de services d'incinération pour les animaux de compagnie au Québec. La gamme des services offerts aujourd'hui par ces entreprises est devenue presque aussi vaste que pour les funérailles humaines.
La dernière à voir le jour, Auranimal, située à Saint-Gabriel-de-Brandon, n'hésite pas à se présenter comme un «salon funéraire» pour animaux avec tous les services auxquels ont peut s'attendre en pareil endroit. Elle est dirigée par un diplômé de l'Institut des thanatologues du Québec ayant oeuvré pendant plus de 50 ans dans ce domaine au Québec.
On peut assister en privé à l'incinération de son petit compagnon à quatre pattes et rapporter ses cendres avec soi. Chapelle, columbarium, urne funéraire et empreinte de patte comptent parmi les services disponibles.
Comme chez les humains, la maison offre aussi de récupérer le corps du défunt à l'hôpital... vétérinaire après son décès, si on le souhaite.
Du côté du Cimetière pour animaux Île d'Or de Grand-Mère, «beaucoup de gens installent maintenant des pierres tombales avec des inscriptions personnalisées», raconte pour sa part Yvan Gélinas.
«Notre service comble un besoin pour ceux et celles qui vivent un deuil animal», fait-il valoir, fort d'une décennie d'expérience dans le domaine.
À la SPA de la Mauricie, l'idée d'aménager un incinérateur est toujours dans les cartons. «C'est toujours à l'étude», assure le directeur général, Marco Champagne, sans pouvoir préciser l'échéance du projet pour l'instant.
«Pour bien des gens, leurs animaux font partie de la famille», fait-il valoir.
Dans le cas de cet organisme, l'incinération deviendra aussi un outil important pour disposer des carcasses des animaux qu'il faut malheureusement euthanasier, soit parce qu'ils sont trop agressifs, trop malades ou trop vieux, précise M. Champagne.
Le Crématorium pour animaux Incimal de Berthierville offre de conserver le corps de l'animal décédé en vue d'une commémoration ultérieure, un service pratique quand la terre est gelée, en plein hiver et que l'on souhaite enterrer son chien ou son chat.
L'entreprise offre même un service de préarrangements funéraires.
Tout comme certains humains exceptionnels ont droit à des funérailles d'État, Incimal offre gratuitement un service de crémation privée pour les chiens Mira encore actifs. C'est une façon de contribuer à la Fondation.
Le deuil d'un animal est très difficile à vivre pour certaines personnes et il existe des liens parfois extraordinaires entre les animaux et les humains. C'est ce qui a motivé le Cimetière de Laval à créer une section compagnon / hybride où il est possible de disposer des urnes cinéraires des animaux avec celles de leurs maîtres.
Quand on demande à la SPAM si l'on assiste, depuis 10 ou 15 ans, à la naissance d'une nouvelle industrie, la porte-parole de la SPAM, Sarah-Lise Hamel, indique qu'on «se rend compte que les animaux font de plus en plus partie de la famille. Les gens leur accordent énormément d'importance du début jusqu'à la fin de vie. Il y a des gens qui ont recours à l'incinération et qui ramènent l'urne à la maison. Beaucoup de familles vont avoir recours à ces services-là», constate-t-elle.
Tout comme les funérailles pour les humains, celles qui s'adressent à nos fidèles compagnons peuvent coûter assez cher. Une entreprise mentionne par exemple le chiffre de 275 $ pour les chiens de 20 livres et moins, illustre M. Champagne.
Le projet d'incinérateur à la SPAM est le deuxième sur la liste des nouvelles priorités de la SPAM, indique Marco Champagne. Tout récemment, l'organisme de défense des animaux annonçait en effet un agrandissement de 7000 pieds carrés, en 2018 et lançait du même coup un nouveau mouvement, Aimanimo, dont la mission est de soutenir financièrement les refuges animaux du Québec. Rappelons d'ailleurs qu'un nouveau spectacle-bénéfice est prévu le 2 novembre à la salle Thompson de Trois-Rivières mettant en vedette Maxim Martin. Les billets sont en vente à la billetterie enspectacle.ca et à celle de la salle Thompson.