Le maire de La Tuque a confirmé l’appui de la Ville à Michel Beaumier, président du syndicat des paramédics du Cœur-du-Québec.

Services ambulanciers en Haute-Mauricie: «On frôle toujours la catastrophe»

LA TUQUE — Les services ambulanciers continuent de causer des maux de tête à La Tuque. Les ambulanciers affirment que la population de la Haute-Mauricie s’est retrouvée sans services pendant plusieurs heures au cours de la fin de semaine dernière. La Ville a également dénoncé la situation lors de l’assemblée publique. Le CIUSSSMCQ s’est toutefois fait rassurant.


«Au-delà des statistiques, le terrain nous parle. C’est une question de sécurité pour la population, on a un grand territoire et il est temps que ça change. Il faut des mesures immédiates. On n’a plus le temps de jouer avec la santé et la sécurité des gens […] On est aussi inquiet pour la rétention du personnel», a lancé le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay devant la dizaine de paramédics de La Tuque présents à la réunion du conseil.

«S’il le faut, on sortira en cavalerie là où il le faut. On veut un dénouement rapide», a-t-il ajouté.

Selon le syndicat, les citoyens auraient été privés de services pendant plusieurs heures lors du dernier week-end. Cette situation problématique aurait été créée notamment parce que les ambulanciers avaient déjà atteint le maximum d’heures sécuritaires imposées par la CNESST et qu’il n’y avait personne pour les remplacer. «On frôle toujours la catastrophe. On est chanceux, il n’est rien arrivé encore, mais c’est une question de temps. On a bien peur qu’il arrive quelque chose parce que la situation ne sera pas encore réglée», a fait savoir Shane Lynch, paramédic et représentant du syndicat à La Tuque.

Le CIUSSSMCQ a toutefois voulu remettre les choses en perspective et rassurer la population. On affirme qu’il s’agit d’une situation particulièrement exceptionnelle et que la population n’a jamais été en danger.

«Ce n’est pas vrai que la population était en danger et il n’y a aucun lien avec le dossier des horaires et la situation de la fin de semaine dernière», a affirmé le Dr François Parent, directeur médical régional des services préhospitaliers d’urgence du CIUSSS MCQ.

Le CIUSSSMCQ explique plutôt la situation par un «concours exceptionnel de circonstances» dû à un achalandage inhabituel principalement lié à des appels qui demandaient un transport prolongé, dont trois pour la zone de Wemotaci et le grave accident sur la route forestière 25.

«C’est vrai qu’il y a eu des problématiques de débordement d’horaire, mais le nombre de fois où deux véhicules tombent en débordement d’horaire comme ça en même temps arrive moins de deux fois par année. On ne laisse pas la population a découvert dans ces cas-là […] À deux occasions durant le week-end, il y a eu un véhicule en déplacement de Saint-Tite. Donc de dire qu’il n’y avait plus de services, c’est plus que faux», a voulu rectifier le Dr Parent.


Shane Lynch, représentant du syndicat à La Tuque, a dénoncé la découverture ambulancière de la dernière fin de semaine.

Pour le syndicat, la situation est directement reliée aux horaires de faction qui créent une rareté de main-d’œuvre.

«On a descendu rapidement de 32 à 26, et on a trois employés en congé de maternité. Il y a 23 ambulanciers. Présentement, ça ne fonctionne plus et on le voit avec la découverture qu’on a vécue la fin de semaine dernière […] Pour nous, cette situation-là, c’est une aberration», a affirmé Michel Beaumier, président du syndicat des paramédics du Cœur-du-Québec.

Les ambulanciers de la BTAQ de La Tuque ont également dénoncé avoir dû transporter trois patients dans un même véhicule lors d’une intervention. «Le véhicule supplémentaire a été annulé par le superviseur de l’entreprise parce que c’était des blessés mineurs. Il n’y a pas eu d’accro au protocole comme ils l’affirment», a voulu spécifier M. Parent

Changement d’horaire de travail

Les ambulanciers estiment que les horaires de faction sont désuets et ils réclament depuis un bon moment déjà des horaires de travail à l’heure. D’ailleurs, les appuis se multiplient pour les ambulanciers, mais ils dénoncent l’inaction des autorités responsables.

«Il n’y a rien qui bouge et l’impression qu’on a, c’est qu’on essaie de nous endormir», déplore Shane Lynch.

«Peu importe à qui on parle, tout le monde trouve que tout cela n’a aucun sens, qu’il faut que ça change, mais ceux qui peuvent changer les choses ne sont clairement pas prêts à travailler le dossier. On trouve ça plate», a-t-il ajouté.

Les ambulanciers de La Tuque espèrent que le prochain gouvernement passera à l’action. D’ailleurs, ils soutiennent que deux candidats se sont déjà prononcés en leur faveur.

«Est-ce que ce sont de belles paroles de politicien, ça reste à voir», a affirmé M. Beaumier.

«Il se fait en moyenne à La Tuque 450 transports ambulancier par véhicule par année […] Il n’y a aucun parti qui nous a demandé des statistiques sur ce qui se passait sur le territoire», a indiqué le Dr Parent.

Le CIUSSSMCQ affirme pour sa part que le dossier de La Tuque est prêt et que la décision finale doit être prise par le ministère. «Le dossier est déposé depuis longtemps, l’entreprise est au courant et le syndicat devrait être au courant également, il n’y a jamais eu de cachette par rapport à ça», assure le Dr Parent. «Le CIUSSS a déposé l’an dernier l’ordre et la liste des états de situation pour des suggestions de rehaussement de service ambulancier au ministère. Ce sont eux qui décident dans quel ordre ce doit être fait. […] Actuellement, le Haut Saint-Maurice est, pour nous, la prochaine priorité régionale. Le dossier est prêt au CIUSSS», a-t-il ajouté.

Le Dr Parent n’a pas manqué non plus de souligner le travail qui a été fait au courant du dernier week-end dans des circonstances exceptionnelles. «Les services étaient de très bonne qualité», a-t-il conclu.

Les élus de La Tuque confirment leur appui

Les élus de La Tuque ont adopté une résolution à l’unanimité, mardi, pour confirmer leur appui au syndicat des paramédics du Cœur-du-Québec dans leur combat pour obtenir des horaires à l’heure «qui permettraient d’assurer une stabilité et une efficacité du service».

Le conseil d’agglomération sollicite des actions immédiates pour assurer la sécurité de la population et une desserte permanente du service ambulancier sur le territoire.