Le domaine Notcimik, à La Bostonnais, héberge des Atikamekw vivant en situation d’itinérance.
Le domaine Notcimik, à La Bostonnais, héberge des Atikamekw vivant en situation d’itinérance.

Service d’hébergement temporaire pour les Atikamekw

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — Le Conseil de la Nation Atikamekw (CNA) a mis en place un service d’hébergement temporaire afin de permettre à des Atikamekw en précarité face au logement de passer le temps de la pandémie dans des conditions minimales de sécurité et de distanciation sociale. Ce service est disponible dans les villes de La Tuque, Shawinigan, Trois-Rivières, Joliette et Roberval.

«Face à la crise pandémique, notre solidarité doit d’abord se tourner vers les personnes les plus vulnérables. L’isolement est le premier geste de sécurité sanitaire, il fallait rapidement concentrer nos efforts sur l’hébergement», a mentionné Constant Awashish, grand chef de la Nation Atikamekw.

Le projet d’hébergement temporaire vise à rejoindre les familles ou les individus se trouvant dans des conditions de logement qui ne leur permettent pas de se protéger et de protéger leur entourage des risques d’une propagation virale.

Ce nouveau programme est réservé aux Atikamekw. Il fait suite à une première initiative menée en mars dernier par le CNA et le domaine Notcimik, à La Bostonnais, pour héberger des personnes vivant en situation d’itinérance à Manawan, Opitciwan ou Wemotaci.

Sous la responsabilité des Services sociaux Atikamekw Onikam, ce programme d’hébergement en milieu urbain est établi pour une période initiale de trois mois et comprend le recours à des intervenants sociaux afin d’assurer aux bénéficiaires les meilleures conditions possible de déconfinement à l’échéance du programme et au sortir de la crise.

Pour le grand chef Constant Awashish, la crise pandémique envoie un rappel très clair sur l’urgence d’améliorer l’accès et la qualité des logements pour les autochtones.

«Le logement est un facteur important de santé et le bien-être […] La période pandémique va être longue avec des alternances fort probables entre le confinement et le déconfinement et une accumulation de pressions collatérales. Nous avons besoin d’un plan massif pour augmenter sans attendre le nombre d’habitations à l’intérieur comme à l’extérieur de nos communautés», a indiqué le grand chef.

Le CNA n’est pas sans rappeler que le nombre de personnes par logement était, en 2016, près de deux fois et demie plus élevé dans les communautés Atikamekw que la moyenne canadienne.