L'écrivaine Djemila Benhabib est en accord avec les propos tenus cette semaine par le maire de Québec, Régis Labeaume.

Serment de Paris sur le droit des femmes: Djemila aux premières loges

Le 8 mars, Djemila Benhabib prendra part, au quai d'Orsay, à l'événement international de mobilisation en faveur des droits des femmes, autour du Serment de Paris. Cette initiative organisée par le ministère des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, en partenariat avec le ministère des Affaires étrangères et du Développement International, a pour objet de mobiliser les féministes de différents continents autour des droits des femmes, de la lutte contre les violences faites aux femmes, et de la promotion des droits à la santé sexuelle et reproductive.
«Cet événement sera l'occasion de mener une action de plaidoyer en faveur des droits des femmes dans le monde», explique celle qui fera partie des huit personnalités féministes d'envergure internationale à témoigner de leurs expériences.
Par la suite, la déclaration du Serment de Paris sera dévoilée en présence du président de la République, François Hollande, de la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, ainsi que du ministre des Affaires étrangères et du Développement International, Jean-Marc Ayrault.
Le Serment, qui reconnaît les progrès majeurs accomplis depuis la conférence de Pékin organisée par les Nations Unies en 1995 sur l'autonomisation des femmes et l'égalité des sexes, constate également la fragilité des avancées réalisées dans un contexte où les droits à la planification familiale, à l'intégrité physique, et à l'autonomisation économique et politique sont remis en question dans de nombreux pays, y compris des démocraties. Il appelle à une mobilisation renouvelée s'appuyant sur l'inépuisable action des femmes et des hommes déterminés à mettre en oeuvre des politiques d'égalité ambitieuses et à diffuser un esprit de défense de l'égalité et des droits humains.
«J'interviendrai pour rappeler l'importance de la solidarité internationale en faveur des droits des femmes convaincue que lorsque ces derniers avancent dans une région du monde cela profite à l'ensemble», a-t-elle confié au Nouvelliste.
L'année dernière, à l'invitation de femmes polonaises, Djemila Benhabib avait manifesté à leur côté pour faire reculer le gouvernement s'agissant de restreindre d'une façon drastique l'accès à l'avortement. «Ceci confirme une chose, la nécessité de se doter de lois civiques et de réaffirmer le caractère laïque des États. Dans de nombreuses régions du monde, cette exigence est cruciale. Trop souvent, les États invoquent la religion, la tradition ou la coutume pour enfermer les femmes dans un statut de mineur», affirme la militante algéro-québécoise.
C'est notamment, dit-elle, le cas dans plusieurs pays musulmans et en Algérie en particulier avec le Code de la famille promulgué en 1984 que les Algériennes ont rebaptisé le Code de l'infamie. 
«Mais attention à ne pas enfermer ces femmes dans un statut de victimes. Leur vie n'est pas un fleuve tranquille. Plusieurs ont choisi de résister de mille et une façons. Ces femmes sont des résistantes qui nous donnent des raisons d'espérer. Ne jamais rien tenir pour acquis, voilà la grande leçon que j'ai apprise au sujet des droits des femmes. Car les reculs peuvent aussi venir là où ne les attend pas», conclut-elle.