Les maisons choisies seront sous analyse pendant un an.

Sept maisons sous la loupe de l’Université Laval

TROIS-RIVIÈRES — Sept maisons de la Mauricie dont les fondations contiennent de la pyrrhotite ont été choisies par la Chaire de recherche CNRS-RBQ sur l’impact de la pyrrhotite sur la durabilité des structures de béton au Canada afin d’amorcer prochainement des tests qui permettront de mieux comprendre le phénomène.

Selon Yvon Héroux, porte-parole de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite, près d’une trentaine de propriétaires de maisons aux prises avec la pyrrhotite avaient levé la main pour participer à cette étude. Seulement sept maisons ont finalement été retenues en fonction de critères comme, par exemple, le type de chauffage qu’il y a dans la maison et l’orientation de l’édifice par rapport au soleil, indique-t-il.

Des sondes seront installées dans les maisons choisies afin d’analyser les réactions du béton à divers paramètres pendant un an, indique M. Héroux.

Le département de géologie et de génie géologique de l’Université Laval s’intéresse depuis plusieurs années à la pyrrhotite. À l’occasion du procès sur la pyrrhotite, en 2013, Le Nouvelliste avait appris qu’il existe un certain nombre de carrières, au Québec, dont les agrégats contiennent un pourcentage en soufre total comparable aux tristement célèbres carrière B & B et Maskimo de Saint-Boniface, d’où l’importance de cette recherche.

Yvon Héroux rappelle d’ailleurs qu’un des buts de la CAVP est de faire en sorte que le drame qui a frappé la région ne se reproduise plus.

M. Héroux indique que les chercheurs de l’Université Laval souhaitent mettre la main sur des échantillons d’agrégats de la carrière qui a causé un drame identique dans l’État américain du Connecticut. La carrière à l’origine du drame refuse toujours de donner accès à son site pour le prélèvement de granulats, dit-il.

La CAVP est en contact régulièrement avec le Trinity College du Connecticut afin de faire avancer cet aspect du dossier. Lors de sa prochaine visite aux États-Unis, cet automne, la CAVP tentera de sensibiliser diverses instances politiques et personnes influentes afin d’obtenir ces précieux échantillons pour la Chaire de recherche.

La Chaire, rappelons-le, dispose d’un budget de près de 5 millions $.

La CAVP espère que les informations qui émergeront de ces travaux universitaires aideront les victimes dites en zone grise, c’est-à-dire celles dont le béton compte moins de 0,23 %. Les cas en zone grise n’ont pas droit à l’aide gouvernementale, ce pourcentage ayant été décrété par la cour comme étant le seuil théorique en dessous duquel la pyrrhotite ne créerait pas de dommages.

La CAVP rappelle aux victimes que le recours qui est toujours devant le tribunal n’est pas un recours collectif. Chaque propriétaire doit donc faire ses propres démarches.

La CAVP a récemment élargi les activités de son centre de coordination qui est maintenant ouvert aux citoyens de la MRC des Chenaux, de la MRC de Maskinongé, de Bécancour et de Nicolet. Pour plus d’informations sur la pyrrhotite, les victimes sont invitées à contacter le service de coordination au 819-372-7482 ou par courriel à amelie.leonard@cdectr.ca. Les citoyens de Shawinigan, eux, doivent contacter Josée Bergeron au 819-536-7200. On peut également consulter le www.cavp.info.