Thao Neth

Sentence suspendue pour Thao Neth

Thao Neth, cet homme qui avait été impliqué dans une fusillade avec le Groupe tactique d'intervention de la Sûreté du Québec en 2013, a bénéficié d'une sentence suspendue pour l'utilisation négligente d'une arme à feu et la possession d'une arme dans un dessein dangereux.
Lors du prononcé de la sentence vendredi, le juge Guy Lambert lui a toutefois imposé l'obligation de réaliser 240 heures de travaux communautaires en l'espace de 18 mois et de verser 250 $ à quatre organismes pour un total de 1000$. Du même coup, il sera soumis à une probation pendant deux ans.
Le plus difficile pour Thao Neth sera cependant d'être privé d'armes à feu, et ce, pendant les dix prochaines années puisqu'il est un grand amateur de chasse. «Je suis un promoteur foncier et j'ai besoin d'armes quand je vais sur mes terres. Je perds non seulement un gagne-pain mais aussi un passe-temps. C'est très nuisible pour moi», a-t-il déclaré à sa sortie du tribunal. 
Toutefois, la peine aurait pu être plus sévère s'il n'avait pas été blessé gravement lors de la fusillade avec les policiers. Sur ce point, le juge n'a pas manqué de noter que l'incarcération aurait été favorisée. M. Neth a en effet subi des graves blessures au bras de sorte qu'aujourd'hui, il a perdu 75 % de ses capacités motrices malgré tous les traitements médicaux. «La vie a fait le retour du balancier elle-même», a précisé le juge. 
Dans le même ordre d'idée, il a lancé un appel à la prudence avec les armes à feu, en rappelant à M. Neth que ce n'était pas une façon de régler des conflits. 
Compte tenu des circonstances particulières de cette affaire, des facteurs aggravants et atténuants, il a donc entériné la suggestion commune de sentence faite par Me Éric Thériault à la Couronne et Me Marco Morin à la défense. 
Rappelons que le 13 septembre 2013, Thao Neth avait été atteint par un projectile d'arme à feu tiré par le Groupe tactique d'intervention dans le cadre d'une opération antidrogue menée dans le secteur. 
En se rendant sur un terrain voisin, les policiers avaient croisé M. Neth qui se trouvait sur ses terres. Dans sa version, Thao Neth avait affirmé n'avoir jamais vu les policiers dans le sentier avant qu'ils ne se cachent. Et lorsqu'il avait tiré, c'était dans le but de chasser une perdrix. 
Mais les policiers avaient une toute autre version. Pendant qu'ils étaient cachés dans le bois, M. Neth, qui semblait mécontent, avait selon eux tiré dans leur direction un premier coup de feu. Craignant pour sa vie, l'un des policiers avait alors tiré une dizaine de balles pour le neutraliser. 
M. Neth avait été atteint à l'épaule. Il avait ensuite été embarqué dans un hélicoptère pour être emmené au CHRTR. 
Au terme d'un procès, il avait été déclaré coupable de deux des trois chefs d'accusation qui pesaient contre lui en lien avec l'utilisation d'une arme à feu. Le juge Guy Lambert avait conclu que la version présentée par Thao Neth n'était pas crédible. Il avait plutôt retenu la thèse soulevée par la poursuite à l'effet que M. Neth était un homme qui refusait que des personnes circulent sur ses terres et qu'il n'hésitait pas à utiliser une arme pour faire peur aux intrus. 
Encore vendredi, M. Neth a nié tout acte criminel, accusant l'un des témoins de la Couronne d'avoir menti devant le tribunal. 
Il a d'ailleurs déposé une requête pour permission d'en appeler de la décision du juge Lambert. La cause sera entendue le 15 février afin de déterminer s'il pourra aller en appel ou non.