Joanne Blais de la Table de concertation du Mouvement de la Femme Mauricie croit que la pertinence de la Journée de la femme est indéniable.

«Sensibiliser, éduquer et éveiller les consciences»

Trois-Rivières — La pertinence du 8 mars est indéniable selon Joanne Blais, coordonnatrice Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie. «Que ce soit pour les femmes d’ici et d’ailleurs, il faut continuer à sensibiliser, éduquer et éveiller les consciences afin qu’on puisse avoir moins de situations de violence et de pauvreté. Ces situations, même en 2018, touchent plus particulièrement et majoritairement les femmes.»

En ce qui concerne la pauvreté, le chiffre de 70 % est une valeur assez uniforme dans la région, au Québec et même au monde. «Ce sont 70 % des personnes qui vivent sous le seuil de la pauvreté qui sont des femmes. On a un gros travail à faire à ce niveau.»

L’autre combat, qui touche toutes les tranches d’âge, concerne la violence.

«On veut que les femmes soient dans un milieu de vie sécuritaire et sans violence, qu’elles n’aient plus peur de marcher dans la rue, d’être harcelées ou agressées sexuellement. On veut aussi qu’elles n’aient plus peur de vivre de la violence conjugale.»

Les importantes vagues de dénonciations concernant la violence sexuelle faite aux femmes leur permettent de sortir de leur solitude face à ces drames. «Avec la venue des technologies de l’information et de communication, il y a des portes qui se sont ouvertes. Ç’a été longtemps très tabou, mais plus on en parle et plus ça devient visible, les femmes comprennent qu’elles ne sont pas seules et que ce n’est pas parce qu’elles ont fait quelque chose de pas correct. Elles ne méritent pas ça, aucune femme ne mérite ça. C’est ce message qu’il faut véhiculer.»

«Les femmes ne sont pas responsables des situations de violence, il faut mettre en place des mesures et des moyens pour que les hommes et les femmes apprennent à vivre dans des rapports égalitaires. On a encore beaucoup de chemin à faire pour ça», mentionne Mme Blais.

Les conditions salariales sont aussi au nombre des enjeux que souligne Joanne Blais. Elle évoque, entre autres, que le salaire médian des femmes, qui s’établit à 69,9 % de celui des hommes en Mauricie, est en dessous du salaire médian provincial ce qui s’explique entre autres par une population vieillissante et peu scolarisée.

L’enjeu du décloisonnement des professions s’inscrit aussi dans les luttes que mène la TCMFM.

«Si l’éducation et la socialisation éloignent les filles d’un emploi en plomberie, électricité ou mécanique juste parce que ce sont des filles, il y a un travail à faire dans nos institutions scolaires et dans le marché de l’emploi pour que ces métiers soient possibles. Souvent ces métiers, à prédominance masculine, sont souvent mieux reconnus et mieux payés.»