Mario Paradis

S’engager auprès des enfants, sans juger personne

Restaurateur, préposé à l’entretien, dépanneur, aide de cuisine, propriétaire de brasserie, canonnier à la défense nationale, Mario Paradis a fait les 100 métiers. C’est toutefois médecin qu’il rêvait de devenir.

Si son rêve ne s’est pas concrétisé, le Nicolétain aura quand même pris soin de pas mal de monde. Quand sa deuxième fille est née, il était seul à la maison avec la maman. Le travail a été rapide et ils n’ont pas eu le temps de se rendre à l’hôpital. Seul, il assiste sa conjointe pour l’accouchement.

M. Paradis a aussi été préposé aux bénéficiaires pendant plusieurs années. Il a pris soin de sa mère, à titre d’aidant naturel. Aujourd’hui, il accompagne Danielle, sa conjointe, qui est en train de surmonter un virulent cancer du sein. «J’ai été dans la Santé, mais je n’ai jamais eu le salaire», s’amuse le jeune grand-père.

Si la santé des uns et des autres l’occupe, le sport est la première passion de Mario Paradis. Fastball, puis hockey, il excelle. Il est repêché par les Bruins de Shawinigan. Il ne se fait toutefois pas d’illusions, à cinq pieds six pouces, explique-t-il, ses chances étaient minces. Il arbitrera finalement. Beaucoup. Le livre de règlements de la ligue est le seul qu’il dit avoir jamais eu du plaisir à lire.

Quand le sport s’estompe, Mario Paradis comblera le vide avec la grande cause de sa vie: soulager la pauvreté des enfants. Sans jamais juger les parents, «tout le monde peut traverser une période difficile», soutient-il.

Avec son ami, Paul-André Provencher — on l’appelle Napaul —, ils mettent sur pied La Grande ramasse. On va d’abord de porte en porte pour solliciter des dons en nourriture. On assemble des paniers de Noël. «Deux chums qui ont parti ça ensemble», relate-t-il, en guise de genèse.

Au début, les «chums» doivent faire leur place. Leur initiative suscite un peu de méfiance parmi les organismes de bienfaisance. Or, ils œuvrent avec sérieux. D’autres «chums» se joignent à eux. Ils sont bientôt une trentaine de bénévoles. Les paniers sont généreux et sont livrés une semaine avant Noël. Dans la confidentialité et sans jugement, insiste M. Paradis.

L’aventure des paniers durera jusqu’en 2015. L’année marque un tournant. D’abord, son complice Napaul décède. De plus, La Grande ramasse est remise en question. Les organismes voués à la confection de paniers de Noël se sont multipliés. La demande n’est plus criante.

Or, Mario Paradis désire poursuivre. Si la nourriture est au rendez-vous à Noël, la pauvreté n’a pas disparu pour autant, fait-il valoir. Après avoir évalué la situation, on choisit de délaisser la sollicitation directe au profit d’activités-bénéfices. La cause demeure la pauvreté chez les enfants, mais se réoriente vers l’école.

S’ils ont toujours eu leur pertinence, Mario Paradis et sa bande de bénévoles ont maintenant gagné en notoriété. Les activités connaissent du succès.

On organise un grand spectacle de Noël, celui-ci date d’ailleurs du temps des paniers. On en sera à la 26e édition cette année. Il y a le festival agroalimentaire, qui en sera cette année à sa quatrième présentation. «Cette année, c’est agroalimentaire plus», explique Mario Paradis. La formule évolue, mais l’idée était de meubler un vide, Nicolet ne tenant pas de festival l’été.

Puis, il y a le souper multiculturel. Un projet particulièrement cher au cœur du vétéran bénévole. Pour la deuxième fois cette année, des gens de provenances diverses sont invités à soumettre des recettes de leur pays d’origine. Un chef concocte ainsi un souper «international», de sept services.

Tous les profits générés par ces activités sont versés à l’école primaire Curé-Brassard pour l’achat de fournitures scolaires, pour des repas ou l’inscription à certaines activités.

Aparté cette année, le 13 avril prochain à l’école Curé-Brassard, La Grande ramasse présentera un spectacle-bénéfice pour soutenir un enfant de la communauté, nécessitant des soins spéciaux et dispendieux. La capacité de mobiliser et d’embrasser des causes ne semble pas connaître beaucoup de limites pour Mario Paradis.