Jacinthe Marchand

S’engager à accompagner

En toute simplicité, Jacinthe Marchand apprend tous les jours qu’il faut saisir le moment présent. Depuis 25 ans, la dame œuvre bénévolement au sein de l’organisme communautaire Albatros Centre-Mauricie et en tire de grandes leçons depuis.

Au fil des ans, Jacinthe Marchand se donne comme mission d’accompagner les personnes en fin de vie de façon naturelle et avec humour. La femme a grandement été inspirée par ce bénévolat particulier grâce à sa carrière d’infirmière en soins intensifs.

«Dans ma carrière, j’ai eu à côtoyer plusieurs familles dont les proches sont décédés. Nous les rencontrons dans les moments les plus vulnérables de leur vie», dit-elle.

Mme Marchand raconte que c’est en cours de profession qu’elle a connu l’organisme pour lequel elle œuvre maintenant en tant que présidente du conseil d’administration. Tout a débuté dans les années 90, lorsque la fondatrice du mouvement Albatros, sœur Pearl Berg, était venue donner une conférence à l’hôpital Sainte-Marie.

«C’est vraiment elle qui m’a inspirée au moment où elle est venue nous rencontrer. Elle nous a expliqué qu’il n’y a jamais personne qui devrait mourir seul. Ça avait vraiment retenu mon attention. Quelques années plus tard, je me suis inscrite à la formation pour être bénévole», confie la présidente.

En un quart de siècle, la femme originaire de Shawinigan a fait beaucoup de chemin. Elle a d’abord et avant tout commencé à faire de l’accompagnement à l’hôpital et s’est ensuite portée volontaire pour donner de la formation. Elle a pris sa retraite 15 ans plus tard et en a profité pour s’impliquer encore plus. «Je me suis dit que si j’avais toujours la passion et l’intérêt à ma retraite, je m’investirai davantage. Ce que j’ai fait», affirme la dame. «J’ai ensuite accepté la responsabilité de l’organisme. Ce qui était très inspirant pour moi, c’était de poursuivre le développement de notre mission», ajoute-t-elle. La présidente assure que la formation a connu des nombreux changements en 25 ans, mais que la philosophie d’Albatros est toujours demeurée la même.

De plus, Mme Marchand s’est impliquée pendant huit ans au Relais pour la vie de la Société canadienne du cancer en tant que bénévole. Étant affectée à l’accueil des personnes en deuil, la femme trouvait important d’être présente et à l’écoute des autres puisque «chaque famille, chaque patient est unique». Elle et son équipe se comparent d’ailleurs à un éléphant, avec de grandes oreilles et une petite bouche.

Même après des années, Jacinthe Marchand a toujours le sentiment de faire la différence dans la vie des gens. «Nous ne sommes pas là pour prendre la place des familles. Nous sommes toujours présents pour répondre aux besoins des gens. Il faut être très humble dans ce que l’on fait parce qu’il peut arriver, comme dans la vie de tous les jours, qu’il y ait des patients qui veulent garder leur intimité. Il ne faut pas le prendre personnel, car ils sont dans leurs derniers droits, dans leurs derniers chemins de vie», explique-t-elle. La présidente raconte que l’engagement est très important pour elle. «Lorsqu’on s’engage au bénévolat, c’est sur une base volontaire. Il faut y trouver son compte, y être heureux et le faire parce que ça nous apporte quelque chose. Si je n’étais pas heureuse, je ne resterais pas ici.»

Toutefois, elle s’offre souvent des moments de retrait pour profiter de la nature, faire de la lecture, voyager et passer du temps avec sa famille. «J’ai toujours le libre choix. Ma famille est prioritaire», dit-elle.

«Le bénévolat est quelque chose qui me nourrit au quotidien. Quand j’entre dans les chambres, je mesure 5 pieds 2. Lorsque j’en sors, j’ai l’impression de mesurer 6 pieds», conclut Jacinthe Marchand.