Patrice Larin, directeur général du Centre de prévention suicide-Accalmie.

Semaine de prévention du suicide: en parler pour sauver des vies

Trois-Rivières — Bien qu’un suicide demeure toujours un suicide de trop, force est de constater que les efforts en prévention du suicide en Mauricie et au Centre-du-Québec ont porté fruit au cours des dernières années. C’est du moins le constat que l’on dresse à l’occasion de la 30e Semaine de prévention du suicide, qui a débuté lundi partout au Québec. Un constat qui n’empêche cependant pas les équipes dédiées à la prévention du suicide à poursuivre leurs actions et à toujours chercher de nouvelles pratiques afin de contrer ce fléau.

Lors de son arrivée comme directeur à la maison Accalmie, accompagnement et hébergement pour personnes suicidaires en 2006, Patrice Larin se souvient que la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec figurait en tête de liste des régions québécoises ayant le plus haut taux de suicide. Au fil des années, la région est passée au troisième rang, et figure cette année au cinquième rang des régions ayant le plus haut taux de suicide.

«C’est une nouvelle encourageante parce que ça démontre que les actions qu’on met en place ont des répercussions positives. Ce n’est toutefois pas une raison pour baisser la garde, il faut maintenir nos efforts», précise Patrice Larin, aujourd’hui directeur général du Centre de prévention suicide-Accalmie, les deux organismes ayant fusionné il y a quelques années.

De ces actions, il note l’importance d’un programme comme celui des Sentinelles en milieu de travail, qui permet de former des gens à mieux détecter la détresse et à guider les personnes vers les bonnes ressources. «C’est un programme qui s’avère très pertinent dans les milieux de travail et qui continue de nous démontrer son importance. De par leur formation et leurs connaissances, les Sentinelles sont aussi plus confortables à conjuguer avec la prévention du suicide, et nous gardons un canal de communication très privilégié avec elles», considère Patrice Larin.

Mais la clé demeure toujours d’en parler, lance-t-il. D’ailleurs, le thème retenu pour cette semaine de prévention est «Parler du suicide sauve des vies». «Les façons de parler du suicide sont toutes aussi diverses qu’efficaces. Qu’il s’agisse soi-même de parler de ses difficultés à un proche, un collègue ou un professionnel, c’est fort! Et, être un collègue ou un proche à l’écoute c’est une grande force également», soutient M. Larin.

Dans le cadre de cette semaine de sensibilisation, le CPS-Accalmie se rendra donc à la rencontre de la population dans divers milieux pour parler de prévention, donner de l’information et être à l’écoute.

«Par le passé, nous avons tenté d’organiser des vigiles et des rassemblements pour se rendre compte que ce n’est pas nécessairement ce que la population veut. On est donc à leur écoute et nous allons à leur rencontre. On va notamment se rendre dans des milieux de travail qui nous ont adressé des questions, des inquiétudes précises. On va également à la rencontre du public dans divers lieux comme les institutions d’enseignement, par exemple», explique-t-il.

Stratégie nationale

L’annonce récente du déploiement d’une stratégie nationale de prévention du suicide a été accueillie avec grande joie dans la région.

«De voir une stratégie nationale se mettre en place, ça génère beaucoup d’enthousiasme et d’espoir. Ça va certainement permettre une harmonisation des meilleures pratiques, mais aussi de proposer une offre de services plus uniforme», constate Patrice Larin.