Des patrouilleurs de la Sûreté du Québec et de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec menaient une opération de sensibilisation et de contrôle sur les sentiers de la région, samedi.

Sécurité en motoneige: la SQ devance son opération en Mauricie

SHAWINIGAN — Les motoneigistes devaient s'attendre à croiser des policiers sur les sentiers de la région, samedi, alors que la Sûreté du Québec (SQ) et la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ) organisaient une journée de contrôles et de sensibilisation. Cette opération devait avoir lieu plus tard en février, mais en raison du décès de deux motoneigistes en une semaine, ses organisateurs ont décidé de la devancer.

Toute la journée, des patrouilleurs de la SQ et de la FCMQ ont sillonné les sentiers des secteurs de Shawinigan et des MRC de Mékinac, des Chenaux et de Maskinongé, contrôlant les motoneigistes qu'ils croisaient. Policiers et civils souhaitaient s'assurer que leur véhicule était conforme et leur conduite sécuritaire, dans le but de prévenir les collisions.

«En partenariat avec la fédération, on intercepte les motoneigistes qui viennent vers nous. Aujourd'hui, ce qu'on vérifie, c'est la conformité des motoneigistes: permis de conduire, certificat d'immatriculation, preuve d'assurance, leurs droits d'accès en sentier. Ensuite, on vérifie les miroirs, si la plaque est solidement fixée, les silencieux modifiés, etc. S'il y a lieu d'émettre des constats d'infraction, on va le faire», résume le sergent Jean-François Villemure, spécialiste en récréotouristique de la SQ.

Selon la SQ, les principales causes de blessures et de décès en motoneige sont la vitesse, le non-respect de la signalisation, l'omission de porter un casque et la conduite avec les facultés affaiblies. Les patrouilleurs comptaient d'ailleurs porter une attention particulière à ces quatre aspects de la sécurité à motoneige, en vérifiant la vitesse des usagers avec un cinémomètre et en se rendant en soirée aux endroits où des motoneigistes pourraient être tentés de consommer de l'alcool, notamment les relais. 

Les policiers ont intercepté et contrôlé les motoneigistes près du rang Saint-Mathieu, à Shawinigan, avant de se disperser pour sillonner les sentiers.

De son côté, la FCMQ rappelle que ses patrouilleurs, même s'ils ne sont pas policiers, ont le pouvoir d'émettre des constats pour certaines infractions qu'ils constateraient sur les sentiers. «Ils peuvent aussi au besoin communiquer avec les policiers pour leur demander de venir sur les lieux, par exemple pour un cas de conduite avec les facultés affaiblies», mentionne Francis Jacques, superviseur provincial de la sécurité de la FCMQ.

«On est là pour augmenter le sentiment de sécurité en sentier, on travaille conjointement avec des gens de la fédération pour ça. Et ce n'est pas juste l'émission de constats: on va prévenir les gens et donner des conseils de sécurité: gardez votre droite en sentier, respectez la signalisation et la limite de vitesse, qui est de 70 km/h. C'est ce que je demande à mes patrouilleurs, de parler avec les gens», souligne-t-il.

Au fil de la journée, 440 motoneigistes ont été interpelés et contrôlés. Au total, 16 constats d’infraction et 26 avis de non-conformité ou avertissements ont été remis.

L’opération menée samedi dans la région a lieu dans différentes régions du Québec depuis décembre. Si les patrouilleurs policiers et civils ne se gênent pas pour sévir au besoin, leur rôle en est également un de sensibilisation, insiste le sergent Villemure.

«On est là pour augmenter le sentiment de sécurité en sentier, on travaille conjointement avec des gens de la fédération pour ça. Et ce n’est pas juste l’émission de constats: on va prévenir les gens et donner des conseils de sécurité: gardez votre droite en sentier, respectez la signalisation et la limite de vitesse, qui est de 70 km/h. C’est ce que je demande à mes patrouilleurs, de parler avec les gens», souligne-t-il.

L'excès de vitesse fait partie des principales causes de blessure ou de décès en motoneige, d'après la SQ.

Deux morts en sept jours

L’opération de samedi devait avoir lieu plus tard en février. Toutefois, les deux décès survenus dans la région dans des accidents de motoneige en une semaine ont incité le sergent Villemure à la devancer. En effet, la Trifluvienne Mélyssa Vincent a perdu la vie après avoir percuté un arbre, le 29 janvier, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Quelques jours plus tard, le 4 février, Mireille Ste-Marie, de Saint-Michel-des-Saints, est décédée dans un accident survenu à Saint-Alexis-des-Monts. Les causes des deux accidents restent encore à déterminer par les enquêteurs de la SQ.

Par ailleurs, le lendemain de cette opération, un accident de motoneige a fait une nouvelle victime à Saint-Pierre-les-Becquets.

Depuis le début de l’hiver, 11 motoneigistes ont péri dans des accidents au Québec. Six personnes, des touristes français et leur guide, ont sombré dans le lac Saint-Jean, à la fin janvier. Une tragédie similaire a failli se produire à nouveau la fin de semaine dernière, alors que six motoneiges ont coulé dans le lac Magog. Leurs conducteurs ont heureusement pu être secourus à temps. Selon Francis Jacques, de la FCMQ, ce funeste bilan semble gros cette année en raison du nombre de personnes qui ont perdu la vie en même temps au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais le nombre d’accidents n’est pas plus élevé que les autres années. Mais cette tragédie et celle évitée de justesse au lac Magog montrent l’importance de respecter la signalisation et les balises installées par les clubs de motoneigistes, d’après lui.

«On a 33 000 km de sentiers balisés au Québec, ce n’est pas assez pour s’amuser? En dehors des sentiers, les roches ne sont pas enlevées, ça peut être dangereux. Et puis on n’est pas propriétaires des terrains où les sentiers passent, ce sont des gens qui nous permettent d’y passer, il faut les respecter et ne pas abîmer leur terrain», martèle-t-il.

M. Jacques en profite également pour rappeler aux motoneigistes d’ajuster leur conduite aux conditions météorologiques.

«C’est comme sur l’autoroute: ce n’est pas parce que j’ai le droit de rouler à 100 km/h que je dois le faire si les conditions ne sont pas bonnes. S’il ne fait pas beau, je roule moins vite», illustre-t-il.

D’ailleurs, selon M. Jacques, l’importante quantité de neige tombée vendredi rendait plus difficile la conduite sur les sentiers.

De son côté, la SQ mentionne que même si elle voulait être particulièrement visible samedi, ses patrouilleurs sont présents en tout temps sur les sentiers. Le corps policier dispose d’ailleurs de 300 policiers formés pour intervenir sur les sentiers de motoneige à travers la province.

Des patrouilleurs à motoneige de la Direction de la police de Trois-Rivières (DPTR) étaient eux aussi en mode visibilité samedi après-midi, dans le secteur de Saint-Louis-de-France. En collaboration avec le Club de motoneige du comté de Champlain, ces policiers se sont postés sur la rue Saint-Aimé, sur laquelle passe un des sentiers du Club, afin de s’assurer de la conformité des motoneigistes et de leur engin.

Le Club de motoneige souhaitait particulièrement surveiller la vitesse à laquelle circulent les motoneigistes, un sujet de discorde entre le Club et des résidents de la rue Saint-Aimé depuis l’ouverture du tronçon, il y a quelques années. Même si la limite est de 30 km/h pour les motoneigistes, des résidents se plaignent régulièrement du bruit causé par ceux qui la dépassent.