L’École nationale de police du Québec serait prête à accueillir à nouveau rapidement des patients atteints du coronavirus, au besoin, comme ce fut le cas lors de la première vague.
L’École nationale de police du Québec serait prête à accueillir à nouveau rapidement des patients atteints du coronavirus, au besoin, comme ce fut le cas lors de la première vague.

Seconde vague de COVID-19: «on est beaucoup mieux équipé que la première fois»

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — «On est beaucoup mieux équipé que la première fois. Si on continue comme on est là, on devrait éviter la deuxième. Pour moi, la deuxième, c’est ce qu’on vit actuellement. On est en train de la maîtriser parce qu’on a les outils et un début d’expertise pour le faire.»

Voilà comment le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, perçoit la suite des choses par rapport à la pandémie qui a déjà forcé sa municipalité à fermer la plage de la Petite Floride.

Et si la hausse des cas observée au cours des dernières semaines ne devait pas constituer la seconde vague, celle-ci devrait être éventuellement moins pire, à son avis, que la première «parce qu’on est prévenu et on l’attend».

«On a des compétences beaucoup plus développées. Les visioconférences, les masques, le lavage, les mesures sanitaires, les écrans de verre, toutes ces choses-là, c’est fait», fait-il remarquer, évoquant la mise en place de mesures «extrêmement sévères» à l’hôtel de ville.

D’ailleurs, sa voisine, Geneviève Dubois, se dit prête à faire face à une seconde vague de la COVID-19 étant donné, dit-elle, que «ça s’est super bien passé», et ce, non seulement au sein de l’appareil municipal, mais aussi au niveau du tissu économique de Nicolet.

«À l’hôtel de ville, ça se passe bien avec la mise en place de toutes les mesures du télétravail, du port du masque. Économiquement, on s’en est pas trop mal tiré. C’est sûr que les entreprises pour qui c’était difficile avant la COVID, celle-ci n’a pas aidé. Mais la plupart ont trouvé des voies de passage où ils ont bien tiré leur épingle du jeu. Est-ce que d’avoir une deuxième vague viendrait les fragiliser davantage? Je ne le sais pas», soulève-t-elle.

Par ailleurs, la mairesse souligne que l’École nationale de police du Québec serait prête à accueillir à nouveau rapidement des patients atteints du coronavirus, au besoin, comme ce fut le cas lors de la première vague. «Oui, on pourrait faire face à une deuxième vague, mais honnêtement, je ne préférerais pas», admet Mme Dubois.

Même assurance du côté de son homologue de Trois-Rivières, Jean Lamarche. «Au niveau de l’organisation Ville, même si on l’appréhende, on peut être prêt à affronter une deuxième vague. On a déjà aménagé nos immeubles et pris des mesures. Il va falloir voir la portée au niveau économique de celle-ci», a-t-il commenté.

De son point de vue, Trois-Rivières s’en est plutôt bien sortie depuis le début de la pandémie. «On l’a pris de front. On a été les premiers à poser les actions concrètes, on a fait des projets pilotes, on s’est réinventé. Avec Innovation et Développement économique Trois-Rivières, on a travaillé beaucoup sur des façons de pouvoir financer par prêts ou par subventions. La machine est là», se plaît-il à rapporter.

Tout en disant craindre les conséquences négatives d’une seconde vague, le premier magistrat entend continuer à «outiller les gens pour qu’ils puissent passer au travers», donnant l’exemple du comité de relance et des incitatifs pour l’achat local et le commerce en ligne.

D’ailleurs, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, considère que les entreprises ont su s’adapter en adoptant des règles sanitaires nouvelles et en misant massivement pour le télétravail. «Il faut certainement travailler de façon à éviter l’impact d’une deuxième vague et la meilleure façon de le faire, c’est la discipline, la rigueur dans le respect des consignes sanitaires», affirme-t-il.

«De façon générale, les Québécois font preuve d’énormément de discipline et pour moi, c’est le meilleur gage qu’on va passer au travers correctement dans le cas d’une potentielle deuxième vague. J’invite la population à suivre scrupuleusement les recommandations de la Santé publique et de la CNESST», renchérit le ministre régional.

Selon lui, le gouvernement a agi de façon responsable en confinant la quasi-totalité des secteurs économiques au début de la pandémie. Et pas moins de 22 guides sectoriels ont encadré la reprise des activités.

«Avec la CNESST et au sein du gouvernement, on a formé une équipe d’à peu près 1000 agents de prévention qui proviennent de différents ministères et organismes publics. On fait beaucoup d’interventions dans une philosophie d’accompagnement», explique M. Boulet.

Comme gouvernement, dit-il, «on a beaucoup appris de la première vague». «On va être prêt s’il y a une deuxième vague qui se présente, mais ça repose sur la capacité des Québécois, des Québécoises et aussi des gens de la Mauricie de continuer de se protéger pour que la deuxième vague soit moins virulente que la première», martèle le député de Trois-Rivières.

Finalement, le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, souligne également que les gens ont adopté des comportements différents par rapport à la distanciation physique, le lavage des mains et le port du masque. «Je pense qu’on met toutes les chances de notre côté. C’est évident que tout le monde va être mieux préparé étant donné que la première fois, on était vraiment dans l’inconnu. Le comportement des Québécois actuellement fait en sorte qu’on diminue l’ampleur que la deuxième vague pourrait avoir», a-t-il conclu.