Philippe Landry digère mal le chèque de remboursement de Sears, d'une valeur de 28,73 $, qui n'a pu être encaissé.

Sears: un chèque de 28,73 $ rebondit...

Signe que la situation est loin d'être au beau fixe chez Sears, un client de Shawinigan, Philippe Landry, a eu la désagréable surprise de voir rebondir un chèque de remboursement de 28,73 $. Une situation qui survient au moment même où le détaillant tente d'éviter la faillite.
«J'ai déposé le chèque à la banque, mais il est revenu avec, comme écrit, opposition au paiement. Je leur ai parlé la semaine dernière. On m'a dit que je ne suis pas tout seul à qui c'est arrivé et qu'on sera remboursé. Mais je n'y crois pas», a-t-il confié au Nouvelliste. Chez Sears, on ne voulait pas commenter le dossier sans avoir l'opportunité de parler au préalable avec le client concerné. 
L'aventure avait pourtant bien débuté lors de l'acquisition d'un poêle chez Sears, payable en 24 mois. Lors de l'achat, le professionnel s'est laissé tenter par une adhésion de 50 dollars, qui lui donnait accès à des rabais intéressants. «On a pris le livret de coupons, on s'en est servi, c'était correct», précise-t-il.
Or, les problèmes ont commencé après avoir reçu un nouveau livret «Mon avantage» sans l'avoir demandé. Là où le bât blesse, c'est qu'un montant de 26,24 $ fut soutiré dans le compte, et ce, toujours sans consentement. «On leur a dit qu'on n'en voulait pas de leurs coupons alors qu'ils nous remerciaient d'avoir renouvelé, ce qui n'était pas le cas. Ils ont fouillé dans mon compte. Ils insistaient. Finalement, ils nous ont envoyé un chèque de 28,73 $ que j'ai déposé à la banque, mais qui est revenu», raconte M. Landry, heureux néanmoins d'avoir vu son institution bancaire lui rembourser des frais de sept dollars.
Celui-ci dit penser à toutes ces personnes âgées qui ne se défendent pas. «J'ai réalisé que s'ils font ça à 100 000 personnes à coups de 26 piastres, c'est intéressant au bout de la ligne», poursuit-il.
Ce dernier se demande même si la Banque Scotia, qui a racheté le portefeuille de cartes de crédit associé à Sears, n'y trouverait pas son compte dans ce genre d'opération.
Du côté de l'Office de la protection du consommateur, on fait un parallèle avec l'histoire d'une dame de Sherbrooke qui a vu un chèque de remboursement de 523,90 $ rebondir, en marge de la restructuration de Sears. «Semble-t-il que l'entreprise ait fait arrêter tous les chèques, mais que c'est une technicalité, puisque Sears a immédiatement émis un nouveau chèque au bénéfice de la consommatrice», a souligné le porte-parole, Charles Tanguay.
Selon l'OPC, Sears est toujours en activité et est «toujours tenue d'assurer les services auxquels les consommateurs ont droit». «Jusqu'à preuve du contraire, Sears le fait. Maintenant, s'il y a un problème, la consommatrice peut mettre en demeure Sears de la rembourser et peut porter plainte à l'Office, mais la première démarche serait de tenter de communiquer avec l'entreprise pour obtenir un nouveau chèque de remboursement si elle n'a pas pu encaisser celui-là», décrit-il comme recours possibles.
Sears Canada, qui mène ses activités sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), a entrepris des ventes de liquidation dans ses 59 magasins à travers le pays qu'elle entend fermer.
L'entreprise a annoncé en juin qu'elle avait l'intention de supprimer environ 2900 emplois, sans indemnité, dans le cadre de sa restructuration. Elle compte notamment fermer cinq grands magasins au Québec (Gatineau, Saguenay, Saint-Georges de Beauce, Alma et Drummondville) et deux au Nouveau-Brunswick (Bathurst et Saint-Jean). Trois centres de liquidations cesseront aussi leurs activités au Québec (Saint-Eustache, Sorel, Place Vertu à Montréal).
Sears Canada est visée par une campagne de boycottage sur les réseaux sociaux après que l'entreprise eut annoncé qu'elle entendait verser des millions de dollars en primes à certains de ses dirigeants alors qu'elle n'a pas donné d'indemnité de départ aux employés qu'elle a remerciés.