Quand la poussière du Sahara assombrit l'horizon jusqu'à... Cuba

LA HAVANE — Un grand nuage de poussière du Sahara a assombri le ciel bleu de Cuba une bonne partie de la semaine dernière, entraînant un pic de chaleur et risquant de provoquer des affections respiratoires, alors que ce pays a déclaré sous contrôle la pandémie de coronavirus.

Selon l'Institut de météorologie, une température record, pour cette époque de l'année, de 37,4 degrés a été enregistrée dans la province orientale de Guantanamo, où se trouve la fameuse base navale américaine du même nom. Le nuage a recouvert d'autres îles ou parties d'îles des Caraïbes, dont la Jamaïque, Porto Rico et la République dominicaine.

«Des zones de poussière du Sahara [ont été observées] sur la capitale cubaine, mais c'est jeudi matin qu'a eu lieu la plus forte concentration», a estimé sur Facebook le météorologue cubain José Rubiera.

Le phénomène est dû à une masse d'air chaud et sec qui élève les températures mais bloque aussi la formation de cyclones tropicaux, entraînant une sensation thermique élevée et moins de pluies. Créé par des tempêtes de sable et de poussière du Sahara, ce nuages voyage jusqu'aux Caraïbes poussé par le vent. C'est un phénomène normal à cette saison mais, cette année, la concentration de poussière est «très supérieure à la normale», selon M. Rubiera.

«La docteure Olga Mayol, de l'université de Porto Rico, une île fortement touchée par ce nuage de poussière, estime que cette année, l'intensité est la plus forte depuis 50 ou 60 ans», a-t-il précisé. Cela «entraîne une détérioration notable de la qualité de l'air», a souligné le scientifique cubain Eugenio Mojena, précisant que ce nuage est chargé de matières «hautement nocives pour la santé humaine» et «les écosystèmes marins et terrestres».

Il contient «des minéraux comme du fer, du calcium, du phosphore, du silicium et du mercure, ainsi que des virus, des bactéries, des champignons, des acariens pathogènes, des staphylocoques et des contaminants organiques», a-t-il ajouté.

Le docteur Francisco Duran, le chef du département Epidémiologie du ministère de la Santé, a prévenu que ce nuage pouvait «augmenter les affections respiratoires et allergiques», au moment où l'île vient de déclarer la pandémie de coronavirus sous contrôle, avec seulement un nouveau cas rapporté mercredi, pour un total de 2318 cas dont 85 décès.