Le chocolat protège-t-il vraiment de la dépression ?

LA SCIENCE DANS SES MOTS / Une étude est parue cette semaine dans la revue savante «Depression and Anxiety» au sujet du chocolat. Basée sur quelque 13 000 sujets, ses données montrent que ceux qui mangent du chocolat on 57 % moins de chance d'être dépressifs que ceux qui n'en mangent pas, et ses auteurs concluent que cela amène «certains éléments de preuve» sur cet effet. Voici ce qu'avait à en dire le psychiatre Anthony Cleare, qui n'a pas participé aux travaux.

«Bien qu'il y ait une association entre des taux de dépression plus bas et une consommation plus élevée de chocolat noir, le problème principal avec cette étude est qu'elle ne permet pas de dire si c'est le chocolat noir qui protège de la dépression ou si c'est la dépression qui affecte la consommation de chocolat noir. On sait que la dépression a un effet marqué sur l'appétit général et sur les types de nourriture que les gens apprécient, et il est tout à fait possible que le sens de la causalité soit l'inverse de l'interprétation des auteurs.

«L'étude ne donne en outre qu'une image instantanée de la consommation de chocolat sur 24 heures, en se fiant aux souvenirs des participants alors que la dépression a des effets connus sur la mémoire. Ainsi, ceux qui faisaient une dépression peuvent avoir été moins précis dans leur estimation de leur consommation du jour d'avant.

«Enfin, les quantités de chocolat sont minuscule (10 grammes, environ le dixième d'une barre de chocolat), ce qui signifie que les ingrédiants actifs causant les effets devraient être puissants pour fonctionner à si petites doses.

«Ce dont on a vraiment besoin, c'est d'études à long terme mesurant la consommation de chocolat sur une période plus longues — plus qu'une seule journée — et qui mesurerait ensuite la dépression, de manière à distinguer la cause et les effets avec plus de certitude.»

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«La science dans ses mots» est une tribune où des scientifiques de toutes les disciplines peuvent prendre la parole, que ce soit dans des lettres ouvertes ou des extraits de livres.

Ce texte est d'abord paru sur le site du Science Media Centre britannique. Reproduit avec permission.