Le 5 février, la présentation de la firme Servitech à l’Auberge Gouverneur de Shawinigan avait servi de prétexte pour entreprendre la signature d’une pétition réclamant la vérification de la gestion de la Ville. Deux mois plus tard, plus de 1300 personnes ont appuyé cette requête.

SCA souhaite que la CMQ soit retenue à Shawinigan

SHAWINIGAN — Le mouvement Shawinigan citoyens avertis demande aux élus locaux de confier le mandat de vérification à la Commission municipale du Québec, comme le permettra la Loi sur les cités et villes à compter du 1er janvier 2020.

Cette requête a été remise au maire, Michel Angers, mardi. Rappelons que le projet de loi 155, adopté en avril 2018, oblige les municipalités de 10 000 à 100 000 habitants à vérifier «l’optimisation des ressources» une fois à tous les deux ans. Cette analyse doit être effectuée par un vérificateur externe ou par la Commission municipale du Québec, au choix du conseil municipal.

Or, Shawinigan citoyens avertis penche nettement en faveur de la CMQ. Le regroupement souligne que le mandat confié à cet organisme n’entraîne aucun frais. De plus, son indépendance lui paraît plus étanche par rapport à l’option de confier cette vérification à une firme comptable payée par la Ville. Enfin, SCA croit qu’un vérificateur externe ne pourrait bénéficier d’une vue d’ensemble comme la CMQ, par exemple pour établir des comparaisons entre les municipalités.

«Nous proposons au conseil d’épargner de l’argent», souligne Catherine Durocher, porte-parole de SCA. «Quand on a accès à un service gratuit, il me semble qu’on devrait sauter là-dessus. Il y a aussi la rigueur de la CMQ et sa liberté d’action, de même que ses possibilités de formuler des recommandations si quelque chose ne va pas.»

Le maire, Michel Angers, mentionne que la réflexion est déjà complétée. Une résolution sera adoptée lors de la prochaine assemblée publique régulière, le 14 mai. «À l’Union des municipalités du Québec, j’étais aux premières loges pour discuter de tous ces aspects», commente-t-il. «La commission de vérification est passée là-dessus et le conseil municipal a eu de nombreuses discussions. La décision est prise et la résolution sera adoptée à la prochaine séance publique.»

Pétition

Par ailleurs, SCA transmettra finalement sa controversée pétition à la Commission municipale du Québec. Ces citoyens l’avaient lancée le 5 février dernier, le soir même de l’assemblée d’information sur le nouveau rôle d’évaluation organisée par la firme Servitech. Pas moins de 1365 personnes ont signé ce document, qui réclame «une vérification en profondeur de la gestion financière et de la gouvernance de la municipalité de Shawinigan».

Au départ, les responsables souhaitaient que cette pétition soit déposée à l’Assemblée nationale par la députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif. Cette dernière avait toutefois expliqué que certains termes du préambule devaient être retirés. Ne voulant pas dénaturer son travail et par respect pour les gens qui avaient déjà apposé leur signature à ce moment, Shawinigan citoyens avertis a décidé d’emprunter un autre canal.

La pétition a donc été envoyée au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation le 18 mars, avec un mémoire appuyant leurs doléances. Des fonctionnaires ont suggéré de transmettre ces documents à la Commission municipale du Québec, ce qui sera fait au cours des prochains jours.

Mme Durocher hésite à formuler des attentes précises à la suite de cet envoi. «La Commission municipale prendra connaissance de nos documents et on ne sait pas encore ce qu’ils vont en faire; on ne peut pas décider pour elle», explique-t-elle. «On sait que c’est à elle qu’on doit transmettre la pétition. On aimerait qu’elle jette un œil sur certaines choses et c’est ce qu’on explique dans notre mémoire.»

«La pétition sert d’appui et elle représente le nombre de personnes qui se sont déplacées pour la signer», ajoute-t-elle. «Les gens sont tannés et ils veulent qu’on essaie d’améliorer la gestion des dépenses de la Ville.»