Carole Neault, déléguée syndicale des travailleurs de l'usine Savoura de Saint-Étienne-des-Grès, et Me Guylaine Guenette, procureure des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce.

Savoura réfute les allégations des TUAC

TROIS-RIVIÈRES— Les procureures de Savoura réfutent fermement les allégations des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce concernant les travailleurs des serres de Saint-Étienne-des-Grès.

La première journée d’audition de cette plainte pour entrave, menaces, intimidation et négociation de mauvaise foi a été tenue mardi à Trois-Rivières devant le Tribunal administratif du travail. Le syndicat des TUAC prétend que l’employeur a comploté pour influencer certains de ses travailleurs à quitter ce syndicat afin de le remplacer par un syndicat sur lequel il exercerait son contrôle.

«Les allégations sont vigoureusement contestées», déclare Me Karine Fournier, procureure de Savoura.

Invitée à réagir face aux allégations syndicales concernant l’implantation d’un syndicat de convenance, Me Fournier a eu cette réponse.

«Ce n’est pas un débat qui concerne l’employeur. Ce sont les travailleurs qui décident. On conteste ça vigoureusement», ajoute-t-elle.

Des employés de Savoura ont demandé une accréditation pour un autre syndicat que les TUAC. La demande en accréditation syndicale est adressée à DBRT (Dominic Belleville, relations de travail).

«Notre syndicat représente une cinquantaine d’unités syndicales et regroupe environ 2500 membres dans le domaine industriel, de l’aviation, des services funéraires. On réfute les allégations de syndicat dominé, c’est clair», mentionne Me Pierre-Marc Hamelin, le représentant de cette entreprise de Lorraine.

Me Guylaine Guenette, représentante des TUAC, est convaincue que cette histoire est une tactique patronale dans un milieu où les travailleurs migrants à forfait sont nombreux.

«Ce sont des travailleurs vulnérables, donc manipulables. Un contrat de travail dure 12 mois. S’ils veulent revenir, ils ne doivent pas causer de problème» raconte Me Guenette.

Selon Carole Neault, déléguée syndicale aux serres Savoura de Saint-Étienne, les relations de travail entre le syndicat et la direction sont vraiment mauvaises.

«M. Roy (Stéphane, le propriétaire de la compagnie depuis 2015) ne veut pas de syndicat, il n’aime pas le syndicat. Avant, on n’avait aucun problème avec le patron. On se parlait, on réglait des problèmes. Avec lui, il n’y a rien à faire», raconte Mme Neault, qui fait partie des 11 Québécoises et Québécois à travailler avec une trentaine de travailleurs étrangers, tous originaire du Guatemala.

Un premier témoin
Hector Ilisiar Oliva Vaquin a été le premier témoin à défiler devant le juge Christian Drolet. Ce travailleur, qui n’est plus visé par une plainte de 20 000 $ par les TUAC, est soupçonné par ces derniers d’être de mèche avec l’employeur afin de sortir le syndicat actuel pour le remplacer par un syndicat à la solde de Savoura.

Selon M. Vaquin, lors d’une rencontre tenue dernièrement, Carole Neault a fait circuler des cartes d’adhésion syndicale en affirmant d’abord que les travailleurs devaient les signer afin d’assurer l’obtention d’un nouveau contrat de travail pour ensuite les informer qu’ils étaient invités à signer lesdites cartes afin de demeurer avec le syndicat en place. Il admet avoir posé des questions durant une rencontre des employés, mais ne pas avoir été aiguillé par la direction. Il affirme ne jamais avoir parlé à Stéphane Roy.

Questionné par Me Richard Moss, procureur des TUAC, M. Vaquin a nié avoir reçu un appel de Dominic Belleville. Le frère de M. Vaquin, lui aussi un travailleur migrant au Québec, dit connaître M. Belleville et il est entré en contact avec cette firme pour adhérer à son syndicat.

De nouvelles dates d’audition seront fixées d’ici peu. Trois jours seront nécessaires pour entendre toute la cause. Stéphane Roy et Caroline Dalpé, la directrice générale, seront appelés à témoigner.