Une ouverture au public est prévue d’ici la fin septembre alors que le refuge déménagera à la Pourvoirie du Lac Blanc. Sur la photo : Steeve Richards et Maxime Descôteaux

Sauvetage de chauve-souris unique

SAINT-ALEXIS-DES-MONTS — Le personnel du centre de réhabilitation de la faune Cécropia a réalisé un exploit rare au Québec cette semaine. Depuis quelques jours, l’équipe du refuge s’affaire à préserver la vie d’une chauve-souris naissante abandonnée à l’aide d’un incubateur.

En appliquant cette pratique, le refuge Cécropia est devenu l’un des premiers centres de réhabilitation de la faune à maintenir une chauve-souris en vie aussi longtemps. Elle est présentement maintenue en vie à l’aide d’un incubateur qui vise à simuler le plus fidèlement possible les conditions de vie nécessaires à la survie de l’animal.

«Nous travaillons en collaboration avec le Zoo de Granby ainsi que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs afin d’établir un protocole universel à suivre dans le cas où une chauve-souris vit cette situation. Notre objectif est donc de devenir des pionniers en la matière puisque le Québec n’est pas encore calé en réhabilitation animale», fait savoir le fondateur du centre de réhabilitation de la faune Cécropia, Maxime Descôteaux.

La bête, qui est une sérotine brune, l’espèce de chauve-souris la plus commune de la province, a été secourue après avoir été laissée à l’abandon dans la cheminée de résidents de Yamachiche. Depuis son sauvetage, elle est maintenue en vie à l’aide d’un incubateur qui vise à simuler le plus fidèlement possible les conditions de vie nécessaires à la survie de l’animal. Lorsqu’elle a été trouvée, la pauvre bête avait contracté le syndrome du museau blanc, un virus causant le déséquilibre des habitudes de vie d’un animal. «Nous sommes arrivés à la guérir du virus en rééquilibrant pour elle ses conditions de vie de sorte qu’elle peut croître normalement», explique M. Descôteaux.

Le progrès effectué par l’animal est d’ailleurs considérable jusqu’à maintenant. «Lorsque nous l’avons sauvée, elle était transparente et à peine grosse comme une pièce de 25 sous. Maintenant, elle a atteint la taille d’un deux dollars et remplace lentement sa transparence par la couleur noire habituelle d’une chauve-souris.»

Par ailleurs, l’objectif du refuge n’était pas d’innover en matière de sauvetage de chauve-souris à l’origine.

«Nous avions simplement en tête de garder l’animal en vie. C’est la mission principale de notre organisme. Nous voulons permettre au plus grand nombre d’animaux possible de retourner dans leur habitat naturel», ajoute le fondateur. La petite bête qu’ils maintiennent en vie en ce moment serait la 88e chauve-souris à pouvoir retourner dans la nature grâce à un sauvetage de la part du refuge.

C’est une réalisation qui ne manque pas de rendre fière l’équipe de ce refuge régional qui, grâce à cet acte, fait son nom de belle façon dans le domaine. «Il m’est impossible de cacher l’enthousiasme énorme que j’ai face à cette situation. Nous sommes un petit refuge qui a réussi à inspirer de grands centres et à gagner le respect de plusieurs institutions. Nous aimerions certainement parfaire nos techniques et devenir une référence en matière de sauvetage de chauve-souris», mentionne-t-il.

Le centre de réhabilitation de la faune Cécropia se voit de plus en plus reconnu à travers la Mauricie grâce à des sauvetages variés d’animaux provenant de partout en région. Pas moins de 527 bêtes ont été sauvées lors de la première année d’existence du refuge et au moins autant d’exploits sont prévus pour l’an prochain. «Ce sont des chiffres qui nous rendent très fiers pour un petit centre», conclut Maxime Descôteaux.