La directrice générale des Ateliers des Vieilles Forges, Thérèse Brouillette.
La directrice générale des Ateliers des Vieilles Forges, Thérèse Brouillette.

Sauver le travail de chocolatiers dévoués: «Les gens ont travaillé tellement fort»

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Douze mois par année, une dizaine de travailleurs vivant avec des limitations et une déficience intellectuelle confectionnent des chocolats et des desserts à l’Atelier chocolaté, une division de l’Atelier des Vieilles Forges. En prévision de Pâques, plusieurs entreprises ont commandé du chocolat, mais ces commandes ont été annulées en raison de la pandémie. L’entreprise d’économie sociale de Trois-Rivières se retrouve donc avec une quantité importante de chocolat de Pâques sous la main.

«Des clients pour lesquels on avait préparé de grosses commandes ont fermé et les ont annulées. C’était surtout des restaurants ou des boutiques. Nous sommes donc restés avec un gros inventaire de chocolat de Pâques», mentionne Thérèse Brouillette, directrice générale de l’Atelier des Vieilles Forges.

Afin d’écouler tout le fruit de ce travail des chocolatiers, l’Atelier des Vieilles Forges interpelle la communauté. Même si les célébrations de Pâques seront très différentes cette année, un lapin en chocolat est toujours de mise. L’Atelier des Vieilles Forges propose donc de livrer gratuitement les commandes des clients de Trois-Rivières directement à leur domicile. Pour les clients des autres municipalités avoisinantes, des frais de 10 $ sont demandés pour la livraison.

Il est possible de passer des commandes par téléphone au 819 699-6006 ou bien par la messagerie Facebook via la page de l’Atelier des Vieilles Forges: Division atelier chocolaté. «Les gens répondent très bien. On essaie au moins de liquider l’inventaire qu’on a», précise Mme Brouillette. «Nous avons aussi des mets préparés. Alors c’est possible d’en livrer en même temps.»

On peut également se procurer des chocolats à la boucherie J.C. Fortin de Saint-Étienne-des-Grès.

La vente de ces chocolats préparés pour des commandes annulées permettra à l’entreprise sans but lucratif de limiter ses pertes dues à l’arrêt de ses activités en cette période de pandémie et de confinement.

«C’est le moyen qu’on a trouvé pour essayer de s’en sortir un peu», ajoute Thérèse Brouillette. «Les gens ont travaillé tellement fort pour réaliser ces chocolats. Et nous ne souhaitons pas perdre la matière première, soit le chocolat, les sacs et les rubans.»

Une dizaine de travailleurs ayant des limitations et une déficience intellectuelle sont à l’emploi de l’Atelier des Vieilles Forges. En temps normal, ces personnes travaillent à temps plein pour cette entreprise d’économie sociale sous la supervision d’une pâtissière-chocolatière et d’une cuisinière.

«Nous concevons des chocolats pour chaque fête de l’année», note Mme Brouillette. «Ça roule à l’année. En plus des chocolats, nous avons des pâtisseries.»

En plus de concevoir des plats et des produits d’une bonne qualité, l’Atelier des Vieilles Forges offre du travail à des personnes qui auraient du mal à décrocher un poste dans la plupart des entreprises. Ces travailleurs, actuellement à la maison comme bien des personnes, peuvent ainsi se réaliser et être des éléments actifs pour notre société.

Consciente de la précarité économique de ses travailleurs en cette période de pandémie, la direction de l’Atelier de Vieilles Forges continue de les rémunérer pour leur permettre de traverser cette crise.