Une vingtaine d’employés de la SAQ de la région ont fait du piquetage devant la SAQ Dépôt du boulevard des Récollets, à Trois-Rivières.

SAQ: le syndicat augmente la pression

TROIS-RIVIÈRES — Les 5500 membres du Syndicat des employés de magasin et de bureau (SEMB) de la Société des alcools du Québec (SAQ) ont déclenché vendredi matin une grève de trois jours, aucune entente contractuelle n’ayant été conclue entre les parties patronale et syndicale.

La présidente du syndicat affilié à la CSN, Katia Lelièvre, a expliqué en milieu de semaine que les négociateurs syndicaux avaient laissé toute la place aux pourparlers au cours des dernières semaines, et elle a reproché à la partie patronale de ne pas en avoir fait de même.

À Trois-Rivières, une vingtaine d’employés ont tenu un piquet de grève devant la SAQ Dépôt du boulevard des Récollets, vendredi, pour tenter de convaincre les clients de reporter leurs achats après la grève de trois jours. Cette succursale est la seule de la Mauricie qui restera ouverte malgré la grève, puisque des cadres et des gestionnaires y travailleront. Au Centre-du-Québec, seule une succursale du boulevard Saint-Joseph à Drummondville restera ouverte.

La convention collective des syndiqués est échue depuis le 31 mars 2017.

Hausse sous l’inflation

Le syndicat demande à la direction de la SAQ de faire son bout de chemin, notamment sur l’enjeu salarial, car ses membres n’accepteront pas de s’appauvrir avec des augmentations salariales sous l’Indice des prix à la consommation (IPC). Pour le syndicat, c’est un des seuls obstacles qui empêchent encore la conclusion d’une entente.

«L’employeur, ce qu’il offre présentement, c’est un appauvrissement, a expliqué Paul Lavergne, président du Conseil central du Cœur du Québec de la CSN. Nous, ce qu’on dit, c’est: est-ce qu’on peut au moins ne pas s’appauvrir? Ce serait un minimum.»

D’autres enjeux ont toutefois bien avancé dans les négociations, notamment sur la question des horaires de travail. Il s’agissait d’un irritant majeur pour les syndiqués.

«Il y a 70 % des employés qui sont à temps partiel à travers le réseau, a rappelé Isabelle Gélinas, déléguée régionale du SEMB-SAQ-CSN. Moi-même, ça fait 16 ans que je suis ici et je l’ai été pendant 13 ans. L’enjeu, ce n’est pas tant monétaire, on a un bon salaire de base. Mais si tu fais 19 $ de l’heure et que tu fais cinq heures par semaine, ça ne marche pas.»

Pression avant les fêtes

Le 28 septembre, les syndiqués ont voté à 96 pour cent en faveur d’une banque de 18 journées de grève à être utilisées au moment jugé opportun par le syndicat. Le 26 octobre, en après-midi, ils ont déclenché une grève-surprise qui a été tenue jusqu’en fin de journée.

Lors d’arrêts de travail précédents, des cadres de la SAQ ont également tenté de maintenir les opérations de certaines succursales.

Or, de nouveaux débrayages pourraient faire mal financièrement à la SAQ, celle-ci étant plus achalandée alors qu’arrive la période des Fêtes. C’est en tout cas ce qu’espère le syndicat, qui cherche à mettre la pression sur le gouvernement, de qui dépend la SAQ pour accepter ou refuser les demandes des employés.

«La partie patronale, si elle n’a pas le mandat de régler par la partie politique, donc du Conseil du Trésor, elle est obligée de mettre les breaks. Mais si, aujourd’hui, les médias rapportent la nouvelle, le gouvernement va se sentir obligé de bouger, sinon, il va passer pour un pas gentil», a souhaité M. Lavergne.

Vendredi, les employés en grève tentaient d’ailleurs de convaincre les clients de la SAQ Dépôt de ne pas entrer dans le commerce, en leur expliquant leurs revendications.

Avec La Presse canadienne