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Appeler la police pour du temps supplémentaire obligatoire?

TROIS-RIVIÈRES — Les travailleurs de la santé sont exacerbés par le recours au temps supplémentaire obligatoire. Lundi en fin de journée, dix préposés aux bénéficiaires du Centre Saint-Joseph ont dû demeurer plus longtemps en fonction, le temps qu’un gestionnaire trouve un remplaçant pour le quart de soir. Les travailleurs sont tellement à bout de souffle, que le Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec (SPPSAM-CSN) n’hésite pas à recommander à ses membres de communiquer avec la police s’ils sont physiquement contraints de rester au boulot.

«La personne en autorité a demandé à l’ensemble de l’équipe, dont environ 10 préposés aux bénéficiaires, de rester en temps supplémentaire obligatoire parce qu’il manquait une personne», dénonce d’emblée Pascal Bastarache, le président du syndicat. 

«Nous avons eu des appels de plusieurs membres en pleurs. Ce n’est pas la première fois qu’on dénonce. Cette problématique est arrivée dernièrement au Centre Roland-Leclerc, au Centre Mgr-Paquin de Saint-Tite, au Centre d’hébergement Saint-Maurice à Shawinigan ou encore à Drummondville. On voit que l’employeur perd le nord. Ça n’a aucun sens.»

Le syndicat juge illégale l’utilisation que font les gestionnaires du CIUSSS MCQ de l’article 59.01 des normes du travail, qui encadre le temps supplémentaire obligatoire en santé. «On a demandé à la direction de garder une personne et de laisser les autres partir», précise Pascal Bastarache. 

L’utilisation trop fréquente du temps supplémentaire obligatoire est jugée très problématique par le syndicat. Pascal Bastarache mentionne que le syndicat a déjà abordé cette question avec la direction du CIUSSS MCQ. «La haute direction nous disait qu’elle n’était pas en accord avec cette pratique et qu’on allait envoyer un mot d’ordre d’arrêter de le faire. Mais on se rend compte que c’est un leurre. La direction du CIUSSS MCQ n’a aucun contrôle sur les gestionnaires dans la région, alors ils le font quand même», dénonce le président du syndicat. «C’est très préoccupant. Ce n’est pas pour rien que nous avons déposé le grief réclamant des préjudices vécus de 12 millions $. Nous demandons que cette pratique de gestion cesse.»

Rappelons que le syndicat a déposé à la fin du mois de novembre une poursuite où il réclame un montant de 5000 $ pour chacun de ses membres qui est confronté ces dernières années à «un climat malsain», alors que le manque chronique de personnel force la direction à imposer le temps supplémentaire obligatoire auprès des équipes de travail.

La police à la rescousse?

Le SPPSAM-CSN dit actuellement à ses membres de contacter la police s’ils sont contraints physiquement de rester au travail. «On est au Québec et on est en 2018. Le CIUSSS va respecter la loi et ne forcera pas les gens à rester sur place», soutient Pascal Bastarache. «Lundi, les travailleurs n’ont pas été forcés physiquement, mais ils ont été menacés de se faire imposer des sanctions administratives, allant même jusqu’à la suspension s’ils n’écoutaient pas.»

Le porte-parole du CIUSSS MCQ, Guillaume Cliche, affirme de son côté que la direction n’utilise aucune contrainte physique lorsqu’elle a recours au temps supplémentaire obligatoire. «On ne force personne à rester sur place», mentionne-t-il. «Le temps supplémentaire obligatoire est une mesure d’exception. [...] Je me questionne sur la pertinence d’appeler les policiers.»

De plus, le porte-parole du CIUSSS MCQ précise que les gestionnaires peuvent garder tous les travailleurs en place pour poursuivre le travail après la fin de leur quart de travail afin de pouvoir bien appliquer la liste d’appel de temps supplémentaire obligatoire. L’objectif est d’éviter que ce soit toujours les mêmes travailleurs qui doivent subir cette mesure. Cela peut toutefois prendre du temps, mentionne-t-il. «Nous suivons les règles établies avec nos partenaires syndicaux.» 

Reconnaissant que le manque de main-d’œuvre représente d’importants défis, Guillaume Cliche soutient toutefois que la direction du CIUSSS MCQ fait des efforts pour recruter du personnel de même que pour inciter les étudiants à choisir le domaine de la santé. 

De son côté, Pascal Bastarache estime que le manque de personnel est criant depuis des années. «Même avant l’instauration de la réforme Barrette, on dénonçait la pénurie de travailleurs. Et rien n’a été fait. On était en mode coupure et on coupait dans les services. On n’a pas été écouté et on est rendu là», note le président du syndicat. «Oui il manque des personnes, mais si on commençait à respecter les conditions de travail déjà établies et prendre soin de notre personnel, pas juste le dire, peut-être que ça donnerait le goût à nos 8 % de membres qui sont en congé de maladie en raison de la surcharge de revenir au travail.» 

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Les locataires les plus pauvres au Québec

Trois-Rivières — 29 704 $. Ce montant constitue le revenu annuel moyen des ménages locataires de la Mauricie. À la lumière de cette donnée, les Mauriciens vivant dans des loyers sont les plus pauvres du Québec.

Ce triste constat constitue l’un de ceux que font le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et le Comité logement Trois-Rivières en se basant sur le plus récent Dossier noir sur le logement et la pauvreté. Ce même rapport révèle que le revenu médian des ménages locataires pour l’ensemble du Québec se chiffre à 37 392 $.

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Quand il faut vivre deux vies en une

Trois-Rivières — Sonia Paquin avait 20 ans. Elle était sur le point d’enregistrer un disque. Sa voix était superbe et elle avait un bel avenir devant elle. Le 2 juin 1990, en s’arrêtant à un feu rouge, la jeune femme s’est fait heurter de face par un conducteur suicidaire en état de facultés affaiblies. «Il voulait se suicider», dit-elle. Au lieu de ça, il lui a fauché la vie.

Sonia Paquin n’est pas morte physiquement, mais elle considère avoir quand même perdu sa vie. Elle demeurera en effet dans le coma pendant trois mois et finira par en sortir avec une paralysie de tout le côté droit. Ses cordes vocales sont également gravement atteintes. «J’ai dû réapprendre à marcher, à parler et à écrire», raconte-t-elle d’une voix sans plus aucune modulation. Depuis, elle est déclarée inapte au travail.

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Une photo pour une étincelle de bonheur

Trois-Rivières — Les murs du Centre d’hébergement Cloutier-du Rivage du secteur Cap-de-la-Madeleine s’animeront désormais d’art et d’histoire grâce à seize photographies d’étudiants du Centre de formation professionnelle (CFP) Bel-Avenir. Le projet «Pour un monde meilleur en images», qui en est cette année à sa huitième édition, s’est transporté mardi entre les murs de ce CHSLD, au grand bonheur des résidents.

L’initiative est née en 2010, alors que l’enseignant du département de photographie du CFP Bel-Avenir, Michel Gagnon, accompagnait son fils à l’hôpital pour des traitements médicaux. «Les heures sont longues parfois dans les établissements de santé, et je me suis demandé de quelle façon on pouvait égayer l’environnement, tant pour les patients que pour ceux qui les visitent», résume le professeur, qui a vite trouvé une oreille attentive de la part de la Fondation régionale pour la santé de Trois-Rivières.