La phase 2 du CHAUR est l'un des grands chantiers de 2016 pour le CIUSSS MCQ.

Une année faste pour la santé

Si la création, il y a un peu plus de 18 mois, du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec a causé tout un bouleversement dans l'organisation du réseau de la santé de la région, force est de constater aujourd'hui que les résultats pour la clientèle sont au rendez-vous. C'est du moins l'avis du président et directeur général du CIUSSS MCQ, Martin Beaumont. Et à l'aube de 2017, le travail se poursuivra pour améliorer encore les façons de faire, promet-il.
La méga-structure, qui englobe maintenant tous les partenaires du réseau de la santé, allant des urgences au Centre jeunesse en passant par toutes les ressources d'hébergement et les ressources de soins à domiciles, a été créée le 1er avril 2015. Depuis ce temps, le pourcentage de la population qui a accès à un médecin de famille est passé de 77 % à 83 % sur l'ensemble du territoire.
«Quand je regarde les indicateurs Mauricie et Centre-du-Québec, je suis extrêmement fier. Depuis un an et demi, 25 000 nouvelles personnes ont trouvé un médecin de famille. Le taux d'assiduité ne cesse de s'améliorer. Et c'est la première fois cette année qu'on baisse le séjour moyen sur civière en bas de douze heures. C'est exceptionnel au Québec. Au niveau des chirurgies, à l'exception des chirurgies bariatriques, je n'ai plus de personnes en attente de plus d'un an, à moins que la personne le veuille. Il me reste 130 personnes en attente depuis plus de 6 mois, et au 31 mars, il n'y en aura plus en haut de 6 mois», se réjouit Martin Beaumont.
Martin Beaumont, président et directeur général du CIUSSS MCQ.
Le pdg du CIUSSS explique cette réalité par l'arrimage des différents services et la disparition de ce qu'il aime appeler le phénomène du «Spa», autrement dit les fameux «spa de ma faute», «spa mon territoire» et «spa mon budget», explique-t-il en souriant. «Quand on est en mesure de planifier quelque chose, on a désormais tout le pouvoir de procéder. Maintenant, on a 520 000 de population et tout le monde est imputable à remplir ses devoirs vis à vis la communauté. Il reste du chemin à faire, mais déjà la conscientisation de tous les intervenants est un gros plus. Les gens ont cette fierté-là d'être un des meilleurs systèmes de soins de santé au Québec», constate-t-il.
Une transformation qui ne se fait pas sans heurter des habitudes, reconnaît-il. D'ailleurs, l'année qui s'achève aura été marquée par de nombreuses sorties publiques, manifestations et revendications, notamment de la part du personnel infirmier mais également des intervenants en Centre jeunesse, les deux professions se disant à bout de souffle et réclamant plus de ressources pour bien faire le travail. 
Martin Beaumont reconnaît que beaucoup de postes d'infirmières sont demeurés vacants et ont été remplacés par des temps partiels occasionnels, mais assure que cette situation se voulait temporaire dans un esprit de dégager une certaine marge de manoeuvre en ces temps de transformation des méthodes de travail. «On se donne de la marge de manoeuvre, mais il y a un effet collatéral qui crée beaucoup d'instabilité. On s'est amélioré là-dessus, les postes sont maintenant affichés dans un souci de diminuer la précarité. Nous avons beaucoup travaillé avec les syndicats là-dessus, nous avons eu une belle collaboration de leur part», soutient M. Beaumont.
Quant au Centre jeunesse, le pdg constate que les listes d'attente sont à géométrie variable, ce qui peut parfois être difficile à gérer. «Il y a un mois, nous avions une liste d'attente de 50 cas. Cette semaine, la liste compte 175 personnes. Nos équipes mettent à tout coup des filets de sécurité. On ne laisse personne en attente qu'une situation se détériore. C'est un milieu extrêmement exigeant et émotivement difficile. Je lève mon chapeau à tous les intervenants qui font face à tous les jours à ces enjeux de négligence», ajoute Martin Beaumont.
Ce dernier indique par ailleurs qu'un effort supplémentaire sera fait en 2017 pour le recrutement des préposés aux bénéficiaires, en tentant de rendre la profession plus attrayante. «Les écoles ne me génèrent pas assez de volume pour être en mesure de les remplacer adéquatement. Demain matin, si j'en avais 100, je les embaucherais tous et toutes. Mais les cohortes ne comptent que 10 ou 20 personnes. Il faut faire valoir que c'est une belle job et une job valorisante. Il faut travailler avec les commissions scolaires à faire la publicité de l'emploi, offrir des conditions de travail-études intéressantes», croit Martin Beaumont.
Par ailleurs, les investissements en infrastructures ont franchi la barre du 150 M$ depuis 18 mois sur le territoire du CIUSSS MCQ, des travaux qui se poursuivront tout au long de l'année 2017. «Je n'ai jamais vu ça de ma vie. Et ces montants ne comprennent pas les équipements et maintien d'actifs. Je parle de construction. Des investissements qui vont totalement améliorer les soins en Mauricie et Centre-du-Québec», croit Martin Beaumont, en citant au passage la phase 2 du CHAUR (52 M$), la rénovation de l'urgence d'Arthabaska-Érable (51 M$), le pavillon Mère-Enfant de Drummondville (13 M$) et la rénovation de l'urgence de La Tuque (12 M$) pour ne nommer que ceux-là.
Le CIUSSS MCQ s'attend aussi à voir le dossier des supercliniques aboutir finalement en 2017. «Ce sont des projets qui demandent beaucoup de mobilisation du milieu médical. Actuellement, on a deux projets de front qui vont très bien. On a un projet pour le grand réseau local de Trois-Rivières et un autre qui est en train d'être réfléchi à Shawinigan. Tant que mes promoteurs et ma communauté médicale sont en mouvement, je suis très heureux de ça. On est très proche d'un dénouement dans ce dossier et on devrait voir arriver ça au printemps 2017», prévient M. Beaumont.
Mais à travers tous ses objectifs d'intégration des soins, d'organisation des services de proximité, d'accessibilité aux médecins spécialistes, Martin Beaumont mise sur le maintien de l'équilibre du capital humain pour 2017. «Ça prend des humains en bonne santé pour traiter des humains en santé et services sociaux. Ça c'est un gros défi», confie-t-il.
Depuis sa création, le CIUSSS MCQ c'est...
Environ 17 000 employés 
25 000 nouveaux patients ayant accès à un médecin de famille
150 M$ d'investissements pour de nouvelles constructions ou des rénovations