L’Association pour la déficience intellectuelle et du trouble du spectre de l’autisme (ADI-TSA) Centre Mauricie/Mékinac subira d’importantes coupes financières, ce qui la forcera à passer de huit à trois étudiants engagés pour l’été. Sur la photo: Annie Bordeleau, directrice générale adjointe et communications à l’ADI-TSA, et Caroline Boucher, directrice générale de l’ADI-TSA.

Un centre de répit perd 60 % de son financement

SHAWINIGAN — L’Association pour la déficience intellectuelle et du trouble du spectre de l’autisme (ADI-TSA) Centre-Mauricie/Mékinac perdra 60 % de son financement pour ses services estivaux en raison de coupes au programme Emploi été Canada, ce qui représente 20 000 $ pour l’organisme.

Ces coupes feraient en sorte que l’ADI-TSA passerait de huit à trois postes étudiants offerts pour l’été. «Ça fait 20 ans qu’on a toujours huit placements carrière été», affirme Annie Bordeleau, directrice générale adjointe de l’ADI-TSA.

L’organisme offre un service de camp de jour et d’accompagnement estival de huit semaines chaque année pour une quarantaine de familles dont un enfant présente une déficience intellectuelle ou encore un trouble du spectre de l’autisme. L’ADI-TSA propose également un service de maison de répit tout au long de l’année.

Des services essentiels fragilisés

Mme Bordeleau déplore que le gouvernement fédéral ait coupé dans ce programme d’emplois d’été pour un organisme qui vient en aide à un nombre important de familles. Caroline Boucher, directrice générale de l’ADI-TSA, aurait d’ailleurs fait valoir ce point à Richard Gaudreault, attaché politique du député de Saint-Maurice–Champlain, François-Philippe Champagne.

«Nos placements carrière été ne coupent pas du gazon, ils s’occupent de personnes pendant huit semaines pour permettre aux parents d’aller travailler parce qu’il n’y a pas d’école, c’est un service essentiel», a indiqué Mme Boucher au bureau de M. Champagne.

Mme Bordeleau affirme que la perte de cinq postes estivaux à l’ADI-TSA fragiliserait également les services offerts à la maison de répit. C’est que l’organisme engage normalement les étudiants qui travaillent à l’année à la maison de répit pour les services de la période estivale.

«S’ils se trouvent un autre emploi et nous abandonnent pour la maison de répit, ça crée un double problème», explique la directrice générale adjointe de l’organisme. Le fait d’engager des intervenants qui sont présents tout au long de l’année constitue également un bénéfice pour les familles qui requièrent les services de l’ADI-TSA. «On a une belle équipe dévouée, stable», souligne Mme Bordeleau. «C’est important pour notre clientèle de voir des visages qu’ils reconnaissent».

Les parents inquiets

Cette situation inquiète bien des parents qui utilisent le service de l’ADI-TSA lors de la période estivale. «Les parents sont désespérés», affirme Mme Bordeleau. «J’en ai vraiment qui m’ont dit: ‘Je vais être obligé de lâcher mon travail’», dit-elle.

C’est qu’il peut être difficile pour les parents d’enfants présentant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme de trouver un endroit adapté pour leur enfant durant l’été. «Malheureusement, avec un enfant différent, les grands-parents ne sont pas toujours en mesure de prendre la relève pendant huit semaines», souligne Mme Bordeleau.

L’annonce des coupes crée donc de l’insécurité au sein de l’organisme, dont le camp de jour estival est censé débuter dans moins d’un mois, le 25 juin. «C’est sûr qu’il y a des services qui vont être coupés au bout de la ligne», affirme Mme Bordeleau. Advenant le cas où l’ADI-TSA passerait véritablement de huit à trois étudiants en poste pour l’été, moins de familles pourront bénéficier du service de camp de jour offert par l’organisme.

Des coupes inexpliquées

Lorsque l’équipe de l’ADI-TSA a été mise au courant des coupes dont elle faisait l’objet, en avril dernier, elle a informé d’autres organismes communautaires membres de la Corporation de développement communautaire (CDC) du Centre-de-la-Mauricie de la situation.

L’ADI-TSA a observé, après coup, être parmi les organismes les plus touchés au sein de la CDC. «On est vraiment le seul que l’on a répertorié à avoir cette coupure aussi énorme», indique Mme Bordeleau.

Après avoir été informés des coupes subies par l’ADI-TSA, des organismes ont proposé de transférer trois placements carrière été à l’association qui vient en aide aux familles d’enfants différents. «On a communiqué avec M. Gaudreault pour lui dire que ça nous aiderait beaucoup, car au lieu d’en perdre cinq, on en perdrait deux», explique Mme Bordeleau.

L’ADI-TSA a cependant reçu un appel du bureau de M. Champagne, le lundi 3 juin, disant qu’un tel transfert était impossible pour des raisons administratives. «Nos collègues sont généreux, ils veulent nous aider, puis c’est refusé à cause de la bureaucratie, c’est un peu ridicule», conclut Mme Bordeleau.

Le Nouvelliste n’a pas réussi à joindre le bureau de François-Philippe Champagne, lundi.