L’entreprise Cannabis médical Louiseville est située en plein centre-ville de Louiseville, à côté du bureau de comté de la députée fédérale Ruth Ellen Brosseau. Les passants remarquent peu d’activités à l’intérieur du local, car jusqu’à maintenant, les consultations se font principalement sur rendez-vous.

Un bureau du pot à Louiseville

Louiseville — L’ouverture manifestée par Yvon Deshaies concernant l’arrivée d’entreprises de cannabis thérapeutique à Louiseville porte ses fruits.

Après la construction d’une usine de production de pot thérapeutique, voilà qu’un bureau de consultation pour avoir accès à du cannabis thérapeutique vient d’ouvrir ses portes en plein centre-ville et qu’un projet de coopérative visant à ériger un lieu de production de cannabis thérapeutique sur une base individuelle est en gestation.

Situé tout juste à côté du bureau de comté de la députée fédérale Ruth Ellen Brosseau, Cannabis médical Louiseville est en exploitation depuis un mois. L’entreprise offre sur rendez-vous le service de consultation à toute personne ayant un problème de santé qui pourrait être soulagé par la prise de cannabis thérapeutique. L’équipe en place évalue le dossier d’un patient potentiel en se basant sur le diagnostic d’un médecin. 

«On ne fouine pas dans le dossier pour trouver quelque chose de personnel, on a besoin d’avoir le diagnostic posé par un médecin pour un problème de douleur lombaire, de douleur après une opération. Si le patient est qualifiable, il rencontre un médecin pour voir si un traitement par cannabis thérapeutique est approprié», explique Régis Gaudet, le gérant de l’entreprise.

Selon M. Gaudet, le Collège des médecins du Québec n’est pas très porté sur l’utilisation du cannabis thérapeutique pour soulager la douleur de certaines personnes, si bien que les médecins québécois sont très rares à prescrire ce genre de traitement. 

Voilà pourquoi l’entreprise fait affaire avec des médecins d’autres provinces canadiennes. Si le patient est qualifiable, il discute de son cas avec un médecin de la Colombie-Britannique, de l’Ontario ou de la Nouvelle-Écosse par l’entremise de l’application Skype. La consultation se fait donc à distance.

«On travaille particulièrement avec des médecins de la Colombie-Britannique, car il y a une ouverture là-bas pour le cannabis thérapeutique, mentionne M. Gaudet. La télémédecine se fait dans plusieurs provinces.»

Selon M. Gaudet, près de 20 personnes ont jusqu’à maintenant fait affaire avec Cannabis médical Louiseville pour des cas de fibromyalgie, de cancer, de douleurs chroniques au dos. De ce nombre, 14 ont rencontré à distance un médecin basé en Nouvelle-Écosse et sont en processus avec Santé Canada pour avoir le permis permettant de cultiver leur propre plant de cannabis, question de réduire les coûts de la médication.

«Quand tu rencontres le médecin par Skype et que tu te qualifies, tu reçois une semaine plus tard un formulaire de Santé Canada (pour le permis de culture de cannabis). Notre travail est aussi d’aider les patients pour remplir le formulaire. On les accompagne», dit Régis Gaudet.

Les gens qui pensent pouvoir se procurer du cannabis dans les locaux de Cannabis médical Louiseville se trompent royalement. L’entreprise ne vend aucun produit du cannabis, qu’il soit en joint, en huile ou en crème. D’autres entreprises dans la région, comme dans le secteur de Cap-de-la-Madeleine ou à Shawinigan, sont spécialisées dans la transformation et la distribution de cannabis thérapeutique. 

D’ici quelques semaines, le commerce vendra des équipements (lampes d’éclairage, engrais) pour favoriser la culture des plants de cannabis. 

L’entreprise pourra aussi guider les patients concernant les exigences en matière d’installation électrique et de contrôle d’humidité.

«Si le patient ne fait pas pousser son cannabis, on va le diriger vers un producteur autorisé par Santé Canada.»

Les services de Cannabis médical Louiseville coûtent 150 $ pour tout patient qui a une ordonnance de cannabis thérapeutique variant de 1 à 5 grammes par jour. Si l’ordonnance est de 5 à 10 grammes, les frais sont de 250 $. Ces frais n’incluent pas le cannabis.

Voici le logo de Cannabis médical Louiseville.

Entrepôt de cannabis

M. Gaudet, un citoyen de la région de Sherbrooke, ne cache pas que la naissance de cette entreprise à Louiseville a un lien avec l’ouverture manifestée par Yvon Deshaies face au cannabis thérapeutique. La proximité du marché trifluvien et aussi celui de Montréal ont également contribué à l’implantation de cette entreprise à Louiseville. 

Mais M. Gaudet aimerait pousser l’aventure un peu plus loin: les gens qui ont le permis de faire pousser du cannabis thérapeutique, mais qui n’ont pas l’endroit nécessaire pour le cultiver, pourraient être regroupés au sein d’une coopérative qui permettrait la culture du cannabis dans des mini-entrepôts.

«Tout ça se ferait de façon légale, en collaboration avec les autorités municipales, la police, la santé publique. On ne s’installerait pas à côté d’une école publique. Notre but n’est pas de faire fumer les jeunes, c’est de soulager les gens avec un produit autre que la médication traditionnelle. Si le maire de Louiseville est réélu, je veux travailler avec lui pour proposer une coopérative communautaire.»

Questionné à ce sujet, Yvon Deshaies fait preuve de prudence.

«Je ne sais pas quoi penser de ce projet-là. Je suis bien content que ce monsieur soit à Louiseville, mais je ne m’avance pas. Il faut que ce projet soit fait dans les règles de l’art avant de dire oui. Et c’est le conseil qui va voter.»