De gauche à droite: Christine Laliberté, directrice du programme santé mentale adultes et dépendances du CIUSSS MCQ, Martin Beaumont, président et directeur général du CIUSSS MCQ, Johana Monthuy-Blanc, directrice de π-Loricorps et Daniel McMahon, recteur de l'UQTR.

Troubles alimentaires: un nouveau programme d'aide voit le jour

Le laboratoire Loricorps de l'UQTR et le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec ont inauguré, mercredi, le programme  π-Loricorps, situé à la Clinique universitaire de services psychologiques.
Offert au grand public depuis le début de l'automne, ce tout nouveau programme s'adresse aux personnes présentant un problème de comportement alimentaire.
Marie-Pier Gagnon-Girouard, professeure en psychologie et directrice par intérim du programme, indique que les traitements offerts s'adressent aux personnes de tous âges qui souffrent d'anorexie, de boulimie ou d'un nouveau trouble alimentaire appelé hyperphagie boulimique, c'est-à-dire le fait de s'empiffrer sans toutefois compenser, par la suite, avec des vomissements, un jeûne ou un abus de laxatifs.
«On traite aussi les troubles sous-cliniques qui sont associés aux sportifs comme la bigorexie», dit-elle, c'est-à-dire une dépendance à l'activité physique dans le but de devenir de plus en plus musclé.
Les services du programme π-Loricorps ont démarré cet automne.
Le CIUSSS MCQ réfère environ le tiers des personnes qui y ont recours. «On a aussi un tiers de nos références qui viennent de la communauté. Ce sont des gens qui ont entendu parler, dans les médias, de notre existence», dit-elle. Le reste est référé par des partenaires communautaires de la région, notamment le Service aux étudiants.
«C'est complètement gratuit», précise la professeure Gagnon-Girouard. «C'est un projet de recherche affilié au CIUSSS, donc il n'y a pas de frais», précise-t-elle.
La durée des traitements dure de quatre à six mois et implique des rencontres chaque semaine.
Il s'agit, rappelle-t-elle, d'un projet de recherche novateur qui intègre plusieurs disciplines: ergothérapeutes, nutritionnistes, psychologues, médecins, infirmières, psychoéducateurs. Le programme intègre aussi plusieurs approches.
«Plusieurs aspects sont nouveaux et il faut qu'on teste l'efficacité de ces aspects-là dans le traitement. On se base autant sur le traitement démontré des troubles du comportement alimentaire que sur les aspects plus novateurs qu'on veut vérifier», explique la directrice intérimaire.
«Chaque traitement est individualisé afin d'identifier les sources du problème et voir comment on peut influencer les croyances et les émotions liées à ce problème-là pour changer le comportement alimentaire», dit-elle.
Le Québec comporterait 300 000 personnes susceptibles de développer un trouble de comportement alimentaire de type anorexique ou boulimique dans leur vie.
Les personnes intéressées peuvent aller sur le site www.uqtr.ca/piloricorps pour plus de détails.
«Le π-Loricorps est né d'un constat tiré lors d'un sondage réalisé auprès de professionnels de la santé et des services sociaux, en 2013», rappelle la directrice du Loricorps, la professeure Johana Monthuy-Blanc. L'objectif est la recherche, la formation et l'intervention.