L’urgence de l’hôpital de Trois-Rivières.

Sit-in: aucune décision quant à des sanctions

Trois-Rivières — Trois jours après la tenue d’un autre sit-in à l’urgence de l’hôpital de Trois-Rivières, aucune décision n’a été prise par la partie patronale quant à l’imposition ou non de mesures disciplinaires.

La direction du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec est toujours à analyser ce qui s’est passé dans la nuit de vendredi à samedi. Lors du changement de quart de travail, trois infirmières étaient absentes pour la relève de nuit, dont deux étaient en vacances. Les infirmières arrivées pour ce quart ont refusé de commencer à travailler, estimant que l’absence de trois paires de bras représentait un risque pour les patients. L’équipe s’est mise au travail lorsque des infirmières du quart de soir ont obligatoirement étiré leur présence jusqu’à 6 h samedi.

Cet événement s’est produit moins de deux mois après que la direction et le Syndicat des professionnelles en soins aient annoncé différentes mesures pour trouver du personnel supplémentaire afin de réduire le nombre d’heures supplémentaires imposées aux employés. «Chaque fois qu’une situation survient, on évalue s’il y aura des sanctions ou non. Aucune décision n’a été prise», déclare Valérie Provencher, agente d’information du CIUSSS régional.

Un refus de travailler est considéré comme étant une grève illégale et ce n’est pas le premier sit-in à se dérouler depuis quelques mois à l’urgence de l’hôpital de Trois-Rivières. Les événements antérieurs n’avaient pas poussé la direction du CIUSSS à taper sur les doigts de son personnel, étant donné que l’organisation disait préférer négocier et discuter avec les employés plutôt que d’imposer des mesures disciplinaires.

Si aucune décision n’a encore été arrêtée, l’imposition éventuelle de sanctions passerait difficilement dans le camp syndical. «Si c’est deux cas de maladie qui surviennent deux heures avant le début du quart de travail et que les gens ne collaborent pas, c’est une chose. Mais dans la mesure où ce sont eux qui ont mal géré, ce serait mal vu d’aller dans le sens des sanctions», croit Nathalie Perron, présidente du Syndicat des professionnels en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Mme Perron ajoute que le syndicat n’a pas eu de retour de la direction concernant cette absence d’infirmières pour cause de vacances. L’incident ne serait pas un cas isolé.

«Ce n’est pas le seul endroit où c’est arrivé. C’est un problème récurrent et déplorable», constate la présidente syndicale.

Valérie Provencher confirme qu’un manque de personnel peut survenir même en cas d’absences prévues pour des vacances. «On a les horaires qui circulent, les absences qui s’en viennent. On consulte la liste de rappel pour savoir qui est disponible pour ce quart de travail. En situation où on s’arrache la main-d’œuvre, celle qui est disponible peut se faire plus rare. Donc, on se retrouve avec un horaire durant lequel le quart n’est pas comblé.»

Lorsque cette situation se présente, la direction demande si des employés veulent faire des heures supplémentaires, explique l’agente d’information. Elle peut aussi réorganiser le travail, de même qu’imposer des heures supplémentaires. C’est ce dernier scénario qui a été appliqué en fin de semaine.

L’arrivée en juin de 150 finissantes en soins infirmiers et de 50 préposés aux bénéficiaires devrait aider le CIUSSS à affronter l’été et les absences reliées aux vacances.