L’ophtalmologiste Claude St-Arnaud.

Radiation temporaire de six mois pour le Dr Claude St-Arnaud

TROIS-RIVIÈRES — Déclaré coupable en novembre 2018 d’avoir commis des manquements dans l’exercice de ses fonctions, l’ophtalmologiste Claude St-Arnaud a finalement été radié temporairement pour une période de six mois.

Après avoir conclu il y a moins d’un an à la culpabilité du médecin trifluvien sur cinq des sept chefs portés contre lui relativement à une intervention chirurgicale pratiquée le 4 octobre 2012, le conseil de discipline du Collège des médecins lui a imposé des radiations temporaires de six mois, deux semaines, quatre mois, quatre mois et deux mois pour ces mêmes chefs. Selon ce que l’on peut lire dans le jugement daté du 30 août dernier, ces radiations doivent être purgées de façon concurrente. Le Dr St-Arnaud est également condamné à payer les déboursés conformément à l’article 151 du Code des professions, incluant les frais de publication d’un avis de la décision.

Dans le processus ayant mené à l’imposition des sanctions, le conseil de discipline a dû établir le risque de récidive qui devait être imputé à l’intimé. Pour ce faire, il a notamment tenu compte des nombreux dossiers et avertissements antérieurs et postérieurs aux dates d’infraction dont a fait l’objet l’intimé.

«Cet ensemble qui s’échelonne dans le temps démontre une forme de laxisme de la part de l’intimé dans sa pratique et touche parfois même à l’essence même des actes médicaux qu’il pose», peut-on lire dans la décision.

Par contre, il a également pris en considération le témoignage de l’intimé, dans le cadre duquel il a fait part de sa limitation volontaire d’exercer en centre hospitalier, réduisant ainsi le type de chirurgie qu’il peut effectuer. Selon le conseil, ce témoignage offre un contrepoids important au constat basé sur ses antécédents.

Le patient victime des manquements de Dr St-Arnaud était âgé de 68 ans en 2012 et souffrait de cataractes. Le Dr Saint-Arnaud lui avait fait une chirurgie qui consistait à remplacer le cristallin de chaque oeil par une lentille. Au cours de cette même chirurgie, le spécialiste a procédé à deux incisions relaxantes de type AK afin de traiter l’astigmatisme du patient. Or, ces incisions ont provoqué des béances anormales qui ont aggravé son astigmatisme, d’où le dépôt d’une plainte au Collège des médecins. Le patient, qui est domicilié à Trois-Rivières, a dit garder des séquelles permanentes de cette opération puisque sa vision serait en permanence voilée.

C’est ainsi que sept accusations pour des manquements au Code de déontologie et Code des professions ont été portées par le syndic contre le médecin. On lui reprochait entre autres de ne pas avoir obtenu le consentement libre et éclairé de son patient, d’avoir commis un acte intempestif ou contraire aux données de la science médicale actuelle et de ne pas avoir tenu compte des limites de ses connaissances et compétences. Lors de l’audition du dossier, le Conseil a entendu la représentante du syndic à titre de plaignante, le patient, le médecin et deux experts qui avaient des opinions diamétralement opposées sur plusieurs points techniques et scientifiques.

En mai 2018, le Dr St-Arnaud a lui-même enregistré un plaidoyer de culpabilité sur deux chefs, soit d’avoir constitué un protocole opératoire incomplet et d’avoir omis de procéder à une mesure de l’acuité visuelle lors des consultations postopératoires. Il vient par ailleurs d’être reconnu coupable d’avoir omis de fournir toutes les explications pertinentes avant l’opération sur le traitement proposé et d’avoir omis de procéder à certains tests et vérifications après la chirurgie. Sur les deux autres chefs liés aux méthodes utilisées, il a été acquitté.

Avec la collaboration de Nancy Massicotte