Un préposé aux bénéficiaires.

Pénurie de préposés aux bénéficiaires: «Ces premiers résultats dépassent nos attentes»

L'enjeu de la pénurie de préposés aux bénéficiaires dans les établissements du CIUSSS de la région est vaste, mais des initiatives comme le programme de reconnaissance des acquis et des compétences (RAC), instauré cet été, commencent à porter leurs fruits. Une cinquantaine de candidatures y sont éligibles, et de ce nombre, 16 personnes sont déjà embauchées, tandis que les autres dossiers sont en cours d'évaluation.
Louis Brunelle, directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques au CIUSSS-MCQ.
«Ces premiers résultats dépassent nos attentes. Notre objectif de départ était d'embaucher 30 personnes au cours de l'année via ce programme. Après quelques semaines seulement, plus de la moitié de la cible est atteinte. C'est très encourageant pour une nouvelle initiative de ce genre!», commente Louis Brunelle, directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec.
Annoncé en juin dernier, ce programme s'adresse aux «personnes qui possèdent de l'expérience en soins d'assistance», sans détenir de diplôme de préposé aux bénéficiaires. Pour travailler au sein du CIUSSS-MCQ, les préposés doivent avoir complété un diplôme d'études professionnelles, principalement celui en assistance à la personne en établissement de santé - ce qui n'est pas le cas dans le privé. Les personnes éligibles au programme de RAC peuvent recevoir la formation qui leur manque pour obtenir le diplôme, et ainsi détenir le titre de préposé aux bénéficiaires. 
Les personnes sélectionnées sont embauchées par le CIUSSS comme aide de service, un emploi temporaire en attendant que le processus de formation soit complété. Une fois son diplôme obtenu, l'élève est assuré d'un emploi de préposé au CIUSSS-MCQ. Les cours dispensés par le Centre de formation professionnelle Bel-Avenir sont adaptés à la situation et à l'expérience préalable de chacun, ce qui en fait varier la durée.
Ce programme a été élaboré pour contribuer à hausser le nombre de préposés, dans un domaine qui souffre d'une pénurie régulièrement dénoncée par les employés épuisés par la charge de travail.
Le président du Syndicat du personnel paratechnique, services auxiliaires et métiers du CIUSSS-MCQ, Pascal Bastarache, voit d'un bon oeil le déploiement de cette initiative. «Le syndicat accueille la reconnaissance d'acquis à bras ouverts. On est très contents de cette démarche-là. Oui, on fait face à une très grande pénurie en Mauricie et au Centre-du-Québec, mais pour le bien de la population et des personnes âgées, ça prend du monde qualifié, et c'est ce que va amener la reconnaissance d'acquis.»
Bien que la pénurie soit généralisée dans l'ensemble des établissements et services du CIUSSS-MCQ, M. Bastarache indique que c'est surtout dans les centres d'hébergement qu'elle est la plus criante.
Le président du syndicat qui représente 5000 membres (des préposés, mais aussi des auxiliaires en santé et services sociaux, entre autres) énumère les centres Avellin-Dalcourt à Louiseville, Cooke et Cloutier-du Rivage à Trois-Rivières, ainsi que Saint-Maurice et Laflèche à Shawinigan, parmi les établissements où la situation est la plus instable, particulièrement les fins de semaine.
«On reçoit des appels pour nous dire qu'il manque au minimum une personne sur un étage, des fois trois...», indique M. Bastarache, en estimant à entre 300 et 400 le nombre de préposés qui manquent pour que le système fonctionne rondement.
Pascal Bastarache, président du Syndicat du personnel paratechnique, services auxiliaires et métiers du CIUSSS-MCQ.
Valoriser le métier
Le projet de reconnaissance des acquis s'inscrit dans un plan d'action visant à «augmenter le nombre de préposés aux bénéficiaires, valoriser leur profession et ainsi améliorer la qualité de soins offerts à la population», formule le CIUSSS-MCQ.
Mais que faire pour valoriser le métier de préposé aux bénéficiaires? «La clé, c'est de pallier le manque de préposés pour que nos conditions de travail soient respectées. Un des problèmes est le temps supplémentaire obligatoire. Il faut pallier le manque, et après on aura des conditions minimalement adéquates», croit Pascal Bastarache en citant l'exemple des demandes des congés fériés ou de maladie, «refusées automatiquement».
«Moi je dis que préposé aux bénéficiaires, ce n'est pas un métier, c'est une vocation. Les personnes qui choisissent ça adorent ça. C'est un beau métier. On prend soin de la population. Ce qu'on veut, c'est avoir tous les outils nécessaires pour accomplir notre vocation», plaide M. Bastarache, qui a été préposé aux bénéficiaires et auxiliaire en santé et services sociaux.
«Tous les jours, j'ai des appels à l'aide, et je me déplace sur le terrain voir ce qui se passe. Nos membres sont des êtres humains. Des fois, ils sont à bout de souffle. En réglant le problème de pénurie, on aura moins de départs en maladie et de gens qui démissionnent pour s'orienter vers d'autres choix de carrière», conclut-il.