Optilab: les appréhensions se concrétisent, selon un syndicat

Le projet de réorganisation des services d'analyse biomédicale du ministre Gaétan Barrette a déjà connu des ratés dans la région, selon l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.
Il semble en effet que deux incidents ont compromis l'obtention des résultats nécessaires pour faire un bon diagnostic au cours des dernières semaines.
Dans un premier lieu, l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) considère qu'une directive adoptée récemment qui prévoit que tous les prélèvements faits dans les établissements du CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec aux fins de recherche de mycoses - un type de champignons - soient envoyés au laboratoire de Trois-Rivières fait en sorte que les délais optimaux pour l'ensemencement de ces échantillons ne sont pas respectés.
Pour cette raison, les rapports portent la mention «résultats sous réserve», ce qui en mots clairs signifie qu'ils ne sont pas fiables, selon le syndicat.
L'autre incident dénoncé par l'APTS concerne une caisse contenant une centaine de tubes d'échantillons de sang provenant de Drummondville qui a été envoyée à Trois-Rivières aux fins d'analyse et qui est revenue à Drummondville quatre jours plus tard sans avoir été ouverte.
Selon le syndicat, l'intégrité des échantillons n'est plus garantie, ce qui rend impossible de procéder aux analyses selon les normes. Les patients concernés devront donc assurément faire une nouvelle prise de sang.
«Des incidents malheureux surviennent à l'occasion, mais nous craignons qu'ils se multiplient avec l'augmentation du nombre de transferts si les mécanismes adéquats de transport et de traçabilité ne sont pas mis en place», explique par voie de communiqué la responsable politique de l'APTS pour la Mauricie et le Centre-du-Québec, Sylvie Godin.
L'APTS continue donc de réclamer un moratoire sur le projet Optilab afin que des travaux et des consultations puissent être faits et ainsi assurer qu'il soit mis en place de manière adéquate. Grâce à ce projet, le syndicat estime que 60 % à 70 % des prélèvements faits dans la région convergeront vers Trois-Rivières.
Selon le directeur des services multidisciplinaires du CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec, Gilles Hudon, ces deux incidents n'ont pas de lien avec la mise en place du projet Optilab. Il s'explique donc mal pourquoi les membres de l'APTS soutiennent qu'ils représentent la concrétisation de leurs appréhensions.
«Ce sont des situations qu'on aurait dû gérer indépendamment du projet Optilab», précise M. Hudon avant d'ajouter que le système présentement en implantation permettra au contraire d'améliorer la traçabilité des échantillons lors du transport.
M. Hudon tient d'ailleurs à rassurer la population en indiquant que les directives et les projets du CIUSSS ne mettent en aucun temps la santé et la sécurité des usagers en danger.