Nouveau sit-in à l’urgence de l’hôpital de Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — Le manque de personnel est toujours un problème criant au Centre hospitalier universitaire régional de Trois-Rivières. Une fois de plus, des infirmières de l’urgence ont refusé de prendre leur quart de travail, car trois de leurs collègues étaient absentes. Un manque de planification des ressources humaines serait à l’origine de ce nouveau sit-in, dénonce le syndicat des infirmières.

Lorsque le quart de soir s’est terminé vendredi à minuit, l’équipe de nuit n’était pas complète. Trois infirmières étaient absentes, dont deux pour des vacances. Jugeant qu’il était trop risqué pour les patients de prendre la relève avec trois infirmières
de moins, leurs collègues ont décidé de refuser de travailler tant que leur équipe n’était pas complète. À ce moment, les infirmières du quart de soir ont dû
demeurer au travail jusqu’à 6 h samedi.

Plusieurs sit-in ont eu lieu ces derniers mois à l’hôpital de Trois-Rivières. Cela se produisait lorsque l’urgence était en surcapacité d’accueil. La situation était toutefois tout autre vendredi soir, estime la présidente du Syndicat des professionnels en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec. 

«C’était des absences prévues d’avance», dénonce Nathalie Perron, la présidente du syndicat. 

«Ce n’est pas deux filles qui sont tombées malades et que l’urgence est en surcapacité. Dans ces circonstances, on sait que la main-d’œuvre peut manquer. Mais là, il y a eu un problème au niveau de la gestion. [...]  Tout ça est déplorable, car les absences étaient connues.»

La présidente du Syndicat des professionnels en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Nathalie Perron.

Nathalie Perron rappelle que ce nouveau sit-in a eu lieu dans un contexte d’épuisement généralisé du personnel. Elle précise que les infirmières doivent souvent faire des heures supplémentaires obligatoires. 

La présidente du syndicat soutient avoir eu l’assurance de la direction que des cadres se penchaient sur le manque de personnel durant la journée de samedi afin que la relève de nuit puisse entreprendre son quart comme prévu. Selon le syndicat, tout s’est bien déroulé dans la nuit de samedi à dimanche. 

Des sit-in se sont produits à quelques reprises au centre hospitalier de Trois-Rivières ces derniers mois. À la suite de tels événements en janvier dernier, la direction du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS MCQ) avait même annoncé qu’elle offrira des postes à temps complet à toutes les infirmières et infirmiers à temps partiel œuvrant actuellement dans des secteurs offrant des services 24h/24 sept jours par semaine. L’objectif de cette mesure était de combler le manque de personnel. 

Nathalie Perron estime que cette mesure sera bénéfique lorsqu’elle sera totalement appliquée. «Il y a des secteurs où les gens ne travaillent pas assez et d’autres où ils travaillent trop.»

Par ailleurs, la présidente du syndicat soutient que les embauches et les affiches de postes étaient plutôt rares ces deux dernières années. «Ça nous a fait très mal», note-t-elle.