La mairesse de Nicolet Geneviève Dubois a rencontré mardi le ministre de la Santé Gaétan Barrette au sujet de l'avenir du Centre Christ-Roi de Nicolet. Le ministre a assuré qu'il n'était aucunement question de fermer cet hôpital.

Ministre Barrette: «la population de Nicolet n'est pas lésée»

«Nous avons la responsabilité, et nous le faisons, de faire en sorte que les services de qualité appropriés soient rendus disponibles partout sur le territoire, ce qui exige évidemment parfois un certain nombre de décisions qui sont difficiles. Mais, quand on regarde les faits, la population de Nicolet n'est pas lésée, bien au contraire.»
La mairesse Geneviève Dubois
Le ministre Gaétan Barrette
Voilà la position que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a exprimée lors de la période des questions au sujet du Centre Christ-Roi de Nicolet, qui a perdu certains services spécialisés. Un échange qui précédait une rencontre avec la mairesse Geneviève Dubois jugée très cordiale par le ministre.
«J'ai rencontré une mairesse qui vraiment était à son affaire et défendait très bien l'intérêt de ses citoyens. On a eu une discussion sur l'organisation des services et j'ai tenu à la rassurer qu'il n'est pas question d'aucune manière, ni aujourd'hui, ni à moyen, ni à long terme de fermer Christ-Roi», a précisé M. Barrette au Nouvelliste
Et il n'est pas de son intention de faire disparaître des services spécialisés, mais de les optimiser. «Moi, je suis bien disposé, et le CIUSSS aussi, à voir toutes les possibilités dans un cadre d'optimisation et c'est ce qu'ils sont en train de faire», ajoute celui qui fait remarquer, au passage, que «le seul et unique cardiologue à Christ-Roi a annoncé qu'il prenait sa retraite au printemps», histoire, dit-il, de mettre les choses en perspective. 
Après avoir déposé la pétition de plus de 9000 signataires, «l'équivalent de 1,6 million de signatures à l'échelle du Québec», le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, a demandé au ministre s'il avait entendu le cri du coeur de la communauté.
«L'objectif de nos actions est de faire en sorte que la population québécoise, partout sur le territoire, ait accès aux services de la meilleure qualité possible et du niveau requis, compte tenu de la position géographique sur le territoire. Alors, dans la région du CIUSSS de Mauricie-Centre-du-Québec, il y a des décisions qui ont été prises et ce sont des décisions qui vont dans ce sens-là», a-t-il répondu.
En ce qui concerne spécifiquement le Centre Christ-Roi, Gaétan Barrette parle d'un enjeu d'organisation effective.
«Lorsque notre collègue nous dépeint le tableau, il omet évidemment de mentionner qu'il y avait une problématique dans cette offre de services là: beaucoup d'annulations, beaucoup d'absentéisme, beaucoup d'inefficacité dans un endroit qui se trouve à 23 minutes de l'autre site, où les services sont donnés de façon plus efficace», a-t-il énuméré.
Malgré tout, dit-il, le CIUSSS de la région s'est assuré de garder sur place une panoplie de services spécialisés. «Dans l'hôpital en question, nous avons développé un service d'urologie, nous l'avons expandu. Il est tellement expandu qu'il permet de recevoir la clientèle qui déborde d'Arthabaska et de Drummondville», s'est plu à signaler le ministre.
Or, la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, dit comprendre la logique selon laquelle les spécialités ne peuvent être partout. «Mais 24 minutes pour aller magasiner, c'est une affaire, 24 minutes quand on sort d'une chirurgie, c'est une autre affaire», a-t-elle confié en entrevue, au terme de sa rencontre d'une vingtaine de minutes avec le ministre Barrette.
À son avis, celui-ci a fait preuve d'ouverture. «Il devrait nous revenir assez rapidement avec une proposition. Tel que c'est actuellement, ça va être difficile. Mais il pourrait avoir quelque chose d'autre pour maximiser, dans un contexte où on a des médecins, on a la population qui est au rendez-vous et on a des infrastructures qui répondent aux besoins», soutient celle pour qui l'entretien s'est bien déroulé.
D'ailleurs, elle avait deux objectifs pour ce rendez-vous: sensibiliser le ministre à la réalité de la région et voir ce qu'il est possible d'optimiser. «La réponse est en partie oui», retient-elle de sa rencontre.
Du même souffle, la mairesse Dubois admet que le ministre lui a fait comprendre que la santé n'est pas une compétence municipale.
«Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas s'y intéresser parce que c'est quand même un enjeu important de notre développement. C'est sûr que nous, on va continuer à surveiller ça. Il y a plus de 9000 personnes qui ont dit qu'elles ne voulaient pas que ces services-là soient perdus. C'est sûr qu'on ne va pas juste regarder aller la parade. On va surveiller le ministre et on va le relancer», assure-t-elle.
Pour le député Donald Martel, il s'agit d'une situation inacceptable puisque, dit-il, «de nombreux patients sont forcés de se rendre dans un centre de services à plusieurs kilomètres de distance».
«Les patients de la région ne méritent pas un tel traitement du Dr Barrette. Toute la communauté de Nicolet et ses environs se mobilise depuis des semaines pour sauver leur hôpital, mais Gaétan Barrette ne veut rien savoir et rejette le consensus local.
Il a même eu la chance de le confirmer à l'Assemblée nationale devant la mairesse de Nicolet et les représentants du comité des usagers, qui sont venus jusqu'à Québec mardi pour sauver l'accès à certains soins dans leur hôpital», conclut celui qui souhaite que le ministre recule, comme il l'a fait l'an dernier à Plessisville «après une mobilisation citoyenne et des élections partielles dans Arthabaska».