Vincent Plante, sur la photo en compagnie de sa mère, Annie Picard a participé au Mini-Défi InterVal, samedi.

Mini-Défi InterVal: pas de limites pour Vincent Plante

Trois-Rivières — À première vue, lorsqu’on rencontre Vincent Plante, 10 ans, un jeune homme atteint de paraparésie spastique familiale, on remarque immédiatement sa démarche chancelante. Ce handicap physique ne lui a toutefois jamais imposé de limites et ne l’a pas empêché de trouver dans le sport une véritable passion.

Que ce soit en faisant du sport avec son vélo adapté ou encore avec sa nouvelle passion pour le golf, rien ne pouvait toutefois laisser croire que le jeune homme s’apprêtait, samedi, à participer au Mini-Défi InterVal, une compétition sportive où les jeunes âgés de 5 à 21 ans, vivant avec un handicap physique ou visuel participent à plusieurs épreuves sportives.

C’est pourtant ce qu’il accomplit avec brio depuis maintenant cinq ans, et ce, dans de nombreuses disciplines.

«Aujourd’hui (samedi), Vincent va participer à la course de 50 m, à la course à relais, au lancer du poids, au parcours à obstacles et au saut en longueur. En fait, il fait toutes les disciplines sauf la natation», sourit Annie Picard, la mère de famille, elle aussi atteinte de la paraparésie spastique, une maladie génétique.

Quelques minutes avant de fouler le parcours du Mini-Défi, c’est avec les yeux brillants et plein de fierté que Vincent Plante parlait du Mini-Défi InterVal qu’il s’apprêtait à accomplir, un moment qui lui permet d’être pour une fois, comme tous les enfants de son âge.

«C’est important pour moi de venir ici chaque année, car ça me permet de bouger, de m’amuser, de me dépasser, mais surtout, de m’améliorer. Aujourd’hui, c’est dans le lancer du poids que je pense être le meilleur », a-t-il lancé.

Le jeune homme étant toujours prêt à bouger et à se dépasser, il venait de soi pour la famille de Vincent de l’encourager dans toutes ses ambitions sportives, afin de ne pas lui imposer de limites.

«C’est le fun de voir que Vincent se trouve une passion avec le sport. Il aime énormément bouger donc c’est bien de pouvoir l’encourager malgré sa maladie. On ne l’a d’ailleurs jamais empêché de faire quoi que ce soit en raison de sa maladie. On l’a au contraire toujours poussé à bouger. Je lui dis que le plus longtemps il sera capable de la faire, il doit le faire», mentionne avec fierté Annie Picard.

La paraparésie spastique, une histoire de famille

Avant de mettre au monde Vincent, Annie Picard était loin de se douter qu’elle transmettrait la paraparésie spastique à son fils, elle qui ignorait jusque-là être atteinte de la maladie, si ce n’était de sa manie de boiter lorsqu’elle était fatiguée.

Le signal d’alarme est toutefois apparu lorsque les parents de Vincent ont découvert que leur garçon de 18 mois commençait à marcher difficilement et sur la pointe des pieds. S’est alors enclenchée une série de tests avec un podiatre, un physiothérapeute et finalement un neuropédiatre.

C’est à ce moment que le double diagnostic est tombé pour Annie Picard, maintenant en fauteuil roulant, qui a dû affronter avec son fils cette nouvelle réalité.

«J’ai eu en quelque sorte deux deuils en même temps à faire. Premièrement me dire que mon garçon aurait de la difficulté toute sa vie, mais moi aussi j’embarquais dans tout ce processus puisqu’il n’y a pas d’âge pour que la maladie apparaisse», raconte Annie Picard.

Une année record pour le Mini-Défi

Pour sa 8e édition, ce sont plus de 90 jeunes de Trois-Rivières, Shawinigan, Victoriaville et Drummondville ayant une déficience motrice, visuelle ou auditive, qui ont pris part au Mini-Défi InterVal, soit une année record pour l’organisation.

«On voit que d’année en année, le Mini-Défi est de plus en plus populaire. C’est d’ailleurs une fierté pour nous puisque cette année, on a une belle relève avec beaucoup de petits, ce qui rejoint notre mission de leur montrer qu’il n’y a pas de limites à faire du sport en bas âge et malgré un handicap», mentionne Nicole Bellerose, une physiothérapeute au CIUSSS MCQ et membre du comité organisateur.