«Nous avons fait des vérifications et il semble que ça n’ait pas vraiment été utilisé. Évidemment, ils ont sollicité des métiers qui sont déjà en fardeau de tâche, alors la réponse n’a pas été très grande»- Pascal Bastarache , président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers.

Manque de préposés dans les différents CHSLD: les autres métiers en renfort

TROIS-RIVIÈRES — Depuis plus d’un mois maintenant, plusieurs corps de métiers au CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec sont appelés en renfort afin de combler le manque de préposés aux bénéficiaires dans les différents CHSLD du territoire. La mesure, qui selon le CIUSSS demeure un dernier recours, ne donnerait cependant pas beaucoup de résultats selon le syndicat.

Quelques jours avant Noël, les infirmières, infirmières auxiliaires, candidates à la pratique de ces deux professions de même que les physiothérapeutes, ergothérapeutes et techniciens en réadaptation physique ont reçu un avis leur indiquant que s’ils désiraient venir prêter main-forte pour combler les besoins de préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD, ils auraient l’occasion de le faire en étant payés à temps et demi de leur salaire régulier.

Selon les données compilées par le CIUSSS-MCQ toutefois, entre le 21 décembre et le 7 janvier, ce sont seulement 42 heures de travail qui ont été comblées de cette manière, soit environ 10 personnes ayant comblé des quarts de travail de plus ou moins quatre heures, précise le porte-parole du CIUSSS, Guillaume Cliche. D’ailleurs, mardi, le CIUSSS était à valider si toutes ces heures avaient été payées en temps supplémentaire ou si une partie avait été payée en temps régulier pour compléter certaines semaines de travail.

«Tous les corps de métiers qui ont été sollicités ont, de par leur formation, une qualification pour exercer les tâches d’un préposé aux bénéficiaires, ils ont même les qualifications en ce qui concerne le processus d’alimentation. En aucun temps, ces personnes ne se retrouvaient seules avec les bénéficiaires, il y avait toujours un préposé disponible au besoin», ajoute M. Cliche, qui précise par ailleurs qu’en ce moment, la mesure est toujours en vigueur mais seulement utilisée en dernier recours, après avoir épuisé toutes les autres options, dont le temps supplémentaire volontaire et le rappel des gens qui ne se sont pas mis disponibles.

Selon le président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers (CSN), Pascal Bastarache, cette mesure n’a pas donné grand résultats. «Nous avons fait des vérifications et il semble que ça n’ait pas vraiment été utilisé. Évidemment, ils ont sollicité des métiers qui sont déjà en fardeau de tâche, alors la réponse n’a pas été très grande», constate-t-il.

Pour M. Bastarache, cette réalité traduit une fois de plus le manque d’organisation dans la mégastructure qu’est devenu le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec. «Ça fait plusieurs années qu’on le dénonce. On vit ce genre de problèmes depuis l’imposition du projet de Loi 10 par l’ancien ministre Gaétan Barrette. On tente de régler les problèmes en mettant des mesures en place, mais ce ne sont pas nécessairement les bonnes», explique-t-il.

M. Bastarache estime qu’un ergothérapeute ou un physiothérapeute, par exemple, qui accepterait de venir prêter main-forte dans les CHSLD en étant payé à temps et demi coûterait au CIUSSS 70 $ de l’heure, une dépense absolument injustifiée selon lui, alors qu’il suffirait de revoir l’organisation des listes de rappel et de respecter l’application des conventions collectives pour régler une grande partie du problème, ajoute-t-il.

Durant le temps des Fêtes, le syndicat dit avoir été en mesure de constater que des gestionnaires entraient au travail pour prêter main-forte en urgence, et ce, sans que certains employés disponibles sur la liste de rappel aient été rappelés. Un problème lié au mode de gestion interne, soutient M. Bastarache.

«La défusion de la liste de rappel serait déjà un grand pas en avant. Avoir des listes locales, où l’on connaît les gens par leur nom et où on gère l’organisation par plus petits secteurs, ce serait bénéfique. Si on est prêt à dépenser 70 $ de l’heure pour combler des absences, je pense qu’on peut mettre ces ressources ailleurs et régler le problème à plus long terme. Par ailleurs, le respect des conditions de travail comprises à la convention collective permettrait de régler aussi bien des problèmes. Nous avons 8 % de nos effectifs présentement sur l’assurance salaire. Si la moitié de ces gens reviennent au travail dans des conditions décentes, on règle une bonne partie des absences et du temps supplémentaire obligatoire», avance-t-il.