Toutes les infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes du CIUSSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS-MCQ) devront choisir leur syndicat.

Les syndicats en santé se disputent les membres

La réforme du réseau de la santé et des services sociaux du ministre Gaétan Barrette force les travailleurs à s'unir sous une seule bannière syndicale.
Toutes les infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes du CIUSSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS-MCQ) devront choisir leur syndicat. Inévitablement, deux des trois syndicats représentant ces travailleurs dans la région perdront quelques milliers de membres. Un débat sur le changement d'allégeance syndicale organisé lundi par la CSN, auquel n'ont pas pris part la FIQ et la CSQ, démontre la compétition qui règne actuellement entre les syndicats. 
Le CIUSSS-MCQ compte dans les deux régions une centaine d'établissements. Et il ne peut y avoir plus d'un syndicat dans un CIUSSS qui représente les travailleurs de la même catégorie. La réforme du réseau de la santé et des services sociaux entraîne donc ni plus ni moins une fusion forcée des syndicats.
Uniquement pour les travailleurs de la catégorie 1, soit les infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes, cela représente plus de 4500 personnes en Mauricie et au Centre-du-Québec. Les trois principaux syndicats se répartissent actuellement presque également ces membres. Ces milliers de syndiqués devront donc choisir entre les trois syndicats lors d'un vote postal qui se tiendra du 30 janvier au 24 février.
C'est dans ce contexte qu'un débat a été organisé lundi soir à Trois-Rivières. La CSN affirme l'avoir organisé à la suite de la demande d'une infirmière de Nicolet.
«Elle souhaitait avoir un débat avec les différentes centrales qui regroupent les travailleurs de la santé et des services sociaux», explique le président du Conseil central du Coeur du Québec à la CSN, Paul Lavergne. «Si on veut renseigner les gens, il faut le faire avant le vote.»
La CSN était donc le seul syndicat à débattre lundi soir. La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) affirme que la CSN était de mauvaise foi dans l'organisation du débat. Manuel Dionne des communications à la FIQ estime aussi que la CSN a menti en disant qu'il n'avait aucune autre salle de disponible pour repousser le débat. 
«Nous avons suggéré d'autres dates, mais la date était déjà décidée avant même que la CSN nous en parle», affirme-t-il. «C'est surtout la CSQ qui n'avait pas de porte-parole lundi. On veut débattre, mais ce n'est pas vrai qu'un débat s'organise avec les critères d'une seule centrale. [...] Dans les faits, je crois que la CSN voulait que ça ne fonctionne pas.»
Paul Lavergne rejette du revers de la main ces critiques de la part de la FIQ. Il assure qu'en aucun cas la CSN n'a été de mauvaise foi. «Le 11 janvier, on a communiqué avec les deux autres centrales pour organiser le débat le 23 janvier. Nous avions deux semaines pour le faire», note Paul Lavergne. 
«La FIQ au début était bien d'accord, mais elle a proposé de tenir un débat radio. Mais ce n'était pas la demande de l'infirmière et le but c'était de faire un débat public. Et la CSQ a demandé de trouver d'autres dates, ce qu'on n'arrivait pas à faire.»
En effet, la FIQ aurait préféré un débat sur les ondes d'une radio de la région. Cela aura permis, affirme la fédération, de rejoindre le plus de travailleurs possible. «Les professionnels en soins n'auraient pas eu à faire une ou deux heures de route pour venir au débat», ajoute Manuel Dionne. 
De son côté, la CSQ affirme qu'elle souhaitait que l'organisation de ce débat soit réalisée par les trois syndicats. 
«Si on peut en venir à une entente, il n'y a pas de problème. Mais on n'ira pas participer à un événement organisé unilatéralement par la CSN», indique Marie-Ève Imonti, attachée de presse à la CSQ. 
Les travailleurs de la santé et des services sociaux ne sont pas au bout de leur peine. Une fois la centrale syndicale choisie, celle-ci aura dix-huit mois pour négocier les ententes locales. Et la tâche ne s'annonce pas de tout repos. Les réalités vécues par les infirmières à La Tuque ne sont pas les mêmes que celles de Victoriaville, Louiseville ou Trois-Rivières, rappelle Paul Lavergne.