Les ambulanciers sont sans contrat de travail depuis mars 2015.

Les ambulanciers paramédicaux manifestent

Sans contrat de travail depuis mars 2015, les ambulanciers paramédicaux du Québec souhaitent faire bouger les choses. Des manifestations auront d'ailleurs lieu ce mercredi, dont une à Trois-Rivières, où les ambulanciers paramédicaux dénonceront l'absence de négociations.
Des professionnels de la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie (CAM) ainsi que leurs collègues d'Ambulance 22-22 de Grand-Mère de même que des services de Sorel, de Repentigny et de Beloeil doivent être au centre-ville de Trois-Rivières dès midi afin de réclamer une nouvelle convention collective.
Plusieurs syndicats représentent les ambulanciers paramédicaux de la province et sont actuellement en négociation, mais cette manifestation est organisée par la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec (FTPQ) affilié à la FTQ. 
Tous les syndicats doivent négocier avec le gouvernement à la table sectorielle. L'entente ainsi conclue s'appliquera à tous les ambulanciers paramédicaux. Le problème, dénoncent les syndicats, c'est qu'il n'y a pas l'ombre d'un début de processus de négociation - le ministère de la Santé et des Services sociaux s'étant retiré des négociations en avril dernier  - même si le contrat de travail est échu depuis mars 2015. 
«Ce qu'on demande au gouvernement, c'est de venir se rasseoir à la table», affirme en entrevue Marc-Antoine Laverdière, le président local FTPQ à la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie (CAM). «Il n'y a plus rien qui se passe. Nous n'avons même pas la garantie que le ministère [de la Santé et des Services sociaux] a un mandat financier du Conseil du trésor pour négocier notre convention collective.»
Les dernières propositions du gouvernement sont éloignées des demandes de la FTPQ. Les syndiqués demandent notamment un contrat de travail de trois ans, l'abolition des horaires de faction, des augmentations salariales de 4,5 % par année ainsi qu'une augmentation des journées de vacances. 
De son côté, Québec offre un contrat de cinq ans et des augmentations de 1,5 % pour 2016. Les conditions des autres années du contrat de travail seraient déterminées plus tard. 
«Les augmentations de salaire que le ministère propose sont ridicules. Le gouvernement nous demande de signer un chèque en blanc de trois ans qui pourrait même entraîner une diminution de nos salaires», dénonce Marc-Antoine Laverdière. 
«Ce chèque en blanc signifie que le gouvernement va nous donner ce qu'il dira être capable de nous donner. Je ne suis pas sûr que beaucoup de personnes accepteraient ça. Nous, il n'en est pas question.» 
Comme mentionné plus haut, l'abolition des horaires de faction est réclamée par les ambulanciers paramédicaux. Les ambulanciers paramédicaux de certains services, comme celui de La Tuque, travaillent selon des horaires de faction.
Cela signifie que les travailleurs doivent demeurer prêts en tout temps à répondre à un appel d'urgence durant sept jours. Lorsqu'un appel survient en pleine nuit, ils doivent bien sûr se lever et s'habiller avant de se rendre aux véhicules pour attendre un coéquipier. 
«Nous sommes toujours dans le même débat. Nous comprenons que ça coûte de l'argent pour abolir les horaires de faction. Maintenant, combien vaut une vie? C'est toujours ça qu'il faut se demander», affirme Marc-Antoine Laverdière.
«Lors d'un arrêt cardio-respiratoire, les études démontrent qu'on perd environ 10 % des chances de réanimation chaque minute après que le coeur arrête de battre. Lorsqu'on calcule qu'un ambulancier avec des horaires de faction peut prendre jusqu'à 15 à 20 minutes pour se rendre sur un arrêt cardio-respiratoire, il ne vous reste plus grand chance.»
M. Laverdière ajoute que les temps d'intervention sont bien plus rapides lorsqu'une équipe est déjà prête à se rendre sur les lieux.