Le Collège Shawinigan organise périodiquement des simulations assez réalistes pour ses étudiants en santé, comme celle-ci, en 2016.

Le stage en milieu ambulancier compromis

Le stage en compagnie ambulancière qui doit se faire dans le cadre de la formation en Soins préhospitaliers d'urgence, au Collège Shawinigan, pourrait être compromis si les moyens de pression des ambulanciers se poursuivent encore plusieurs mois.
Pour l'instant, il n'y a pas de stage pour la session d'automne, mais il y en a un de prévu l'hiver prochain, «principalement chez nos étudiants en troisième année», précise Éric Milette, directeur des études au Collège Shawinigan.
Il s'agit d'un stage de 300 heures, dit-il. «C'est clair qu'avec les moyens de pression, actuellement, on anticipe que si le conflit n'est pas réglé d'ici décembre, il n'y aura pas de stage à la session d'hiver», dit-il.
Le Collège Shawinigan n'a donc d'autre choix que d'envisager de transformer ce stage en «heures de laboratoire de simulation», dit-il.
Ce n'est qu'avec cette mesure que le Collège pourra décerner un diplôme à ses finissants, en mai prochain, indique-t-il.
Une simple simulation, aussi sophistiquée soit-elle, peut-elle se comparer à de vraies interventions ambulancières sur le terrain?
À cette question, M. Milette plaide que le Collège possède une bonne expertise en simulation. «Oui, ce ne sera pas exactement ce que l'ambulancier fait lorsqu'il est en situation de travail», reconnaît-il, «mais nos laboratoires et nos simulations vont permettre aux étudiants d'atteindre leurs compétences pour être en mesure d'être inscrits au registre des ambulanciers», assure-t-il.
L'établissement a d'ailleurs invité les médias à plusieurs de ces exercices, au cours des dernières années. L'un d'eux voulait, par exemple, qu'une explosion dans un laboratoire ait causé des blessures sérieuses à plusieurs étudiants qui, maquillés de «sang» pour la circonstance, ont servi d'acteurs pour les futurs ambulanciers et futures infirmières qui ont eu à intervenir pour fournir les «premiers secours».
Une autre simulation est prévue le 16 octobre, en collaboration avec Air Médic cette fois, au cours de laquelle un transport en hélicoptère sera organisé.
Le président de la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec, Benoit Cowell, indique que la grève des ambulanciers a déjà eu des répercussions partout ailleurs où les étudiants doivent faire un stage en milieu ambulancier. «On est en grève depuis le 2 février 2017. On ne prend plus de stagiaires au Québec», dit-il. Cette situation, reconnaît-il, a retardé la remise de diplôme de plusieurs finissants du secteur.
Les entreprises ambulancières dont les membres sont représentés par la FTPQ reçoivent en effet entre 150 et 200 stagiaires par année.
M. Cowell espère qu'il y aura un règlement avant l'hiver, mais il rappelle que les négociations stagnent depuis deux ans et demi. De nouvelles rencontres sont prévues les 10 et 11 octobre «pour essayer d'arriver à une entente», dit-il.
Le porte-parole de la FTPQ rappelle que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a fait des coupes de 126 millions $ dans le système ambulancier du Québec qui aurait plutôt eu, selon lui, grand besoin d'investissements.
M. Cowell assure que les moyens de pression exercés par les ambulanciers n'atteignent pas la population et que si l'ambulance tarde à arriver là où on l'attend, ça n'a rien à voir avec la grève. «Il nous manque des effectifs dans des régions du Québec.»
«Il y a plusieurs régions du Québec où il manque de véhicules ambulanciers», dit-il en ajoutant que certains horaires de garde datent d'il y a 30 ans et ne répondent plus aux réalités de la population.
«À Granby, que vous soyez en été ou en hiver, il y a le même nombre d'ambulances même si en été, avec les campings et le zoo, il y a une explosion du nombre d'appels», illustre M. Cowell.
La région de Trois-Rivières s'en tirerait bien, selon lui, «mais dès que vous sortez de Trois-Rivières, vous avez des manques de véhicules». 
«À Grand-Mère, ça arrive souvent qu'il n'y ait aucun véhicule de disponible pour une heure, deux heures, trois heures. S'il y a un appel dans ce coin-là, c'est un véhicule d'une autre zone qui doit faire 20 minutes, une demi-heure pour se rendre sur les lieux, peu importe l'urgence», illustre-t-il.
«On a besoin d'un investissement dans le système ambulancier, au Québec et d'une réorganisation. Ça prend des véhicules ambulanciers», plaide Benoit Cowell.