Une étude universitaire indique qu’il semble que le niveau de scolarité des infirmières a un impact sur la qualité des soins dans les unités de soins intensifs.

Le niveau de formation des infirmières a un impact sur la qualité des soins

TROIS-RIVIÈRES — Il semble que le niveau de scolarité des infirmières ait un impact sur la qualité des soins dans les unités de soins intensifs selon une étude menée par une chercheuse de l’Université de Montréal au Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie – Centre-du-Québec.

Les résultats de cette étude montrent que les quarts de travail composés de 40 % et plus d’infirmières cliniciennes (titulaires d’un baccalauréat) permettent d’avoir jusqu’à six fois moins d’incidents et d’accidents comparativement aux quarts de travail composés de 60 % et plus d’infirmières techniciennes (titulaires d’un diplôme collégial).

La chercheuse, Jolianne Bolduc, a mené cette étude dans le cadre de sa maîtrise en administration des services infirmiers à la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal.

«C’est un sujet qui est assez tabou dans le monde des infirmières. Les milieux voulaient les résultats de mon étude mais ils n’étaient pas beaucoup qui voulaient y participer. Mais le président directeur général du CIUSSS – MCQ, Martin Beaumont, était très ouvert et voulait les résultats de cette étude pour améliorer les soins intensifs dans son CIUSSS», explique la Trifluvienne d’origine relativement aux raisons pour lesquelles son étude a été effectuée dans la région.

D’entrée de jeu, la chercheuse reconnaît que la conclusion de cette étude peut sembler simpliste. Elle ramène selon elle tout de même la question sur le plancher du niveau de formation des infirmières lors de la planification de la dotation des unités de soins, particulièrement des unités de soins complexes comme les unités de soins intensifs.

«On ne peut pas dire que c’est en raison de la présence d’infirmières techniciennes qu’il y a plus d’incidents ou que la qualité des soins est moins bonne, mais on constate tout de même qu’il y a un ‘‘patern’’ qui s’installe et que la qualité des soins augmente lorsque le quart de travail est composé majoritairement d’infirmières avec un baccalauréat», poursuit la chercheuse.

Rappelons que le Québec est la seule province canadienne à avoir deux niveaux de formation pour l’exercice du rôle infirmier dans le système de santé. Actuellement, il est possible d’obtenir ce titre professionnel à la suite d’une formation collégiale de trois ans (infirmière technicienne) ou à une formation universitaire de premier cycle de trois ans (infirmière clinicienne). Sans exception, les autres provinces canadiennes exigent toutes une formation universitaire de premier cycle pour être infirmière.