L'avenir de l'urgence du Centre Cloutier-du Rivage semble plus précaire que jamais.

Le début de la fin pour Cloutier-du Rivage

Au coeur de tergiversations depuis plusieurs années, le sort de l'urgence du Centre Cloutier-du Rivage pourrait bien être scellé dans les prochains mois. Le plan de grandement y réduire les services est en marche et ce qu'il adviendra de la seule urgence à l'est de la rivière Saint-Maurice n'est pas défini.
Vendredi matin, lors d'une rencontre prévue à l'horaire avec les employés du Centre, le président-directeur général du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ), Martin Beaumont, a répondu aux questions quant à l'avenir de l'endroit.
«Il y avait un souci d'être transparent avec les employés. M. Beaumont a évoqué les possibles scénarios qui seront présentés au ministre et sur quoi nous travaillons», explique l'adjointe au pdg, Caroline Paquet.
L'avenue privilégiée depuis plus d'un an est reliée à l'ouverture d'une première superclinique dans la région, aussi appelée Groupe de médecine familiale réseau (GMF-R). À vrai dire, dès qu'un de ces établissements ouvrira ses portes, les dominos devraient tomber en ce qui a trait à l'avenir de l'urgence du Centre Cloutier-du Rivage.
«On travaille avec un promoteur pour ouvrir une superclinique à Trois-Rivières, mais le lieu n'est pas encore défini. On souhaite que ça aille le plus rapidement possible. Tout le monde est en attente, donc on espère avoir un projet prometteur qui nous permettra d'aller de l'avant d'ici juin à septembre», indique Mme Paquet, en rappelant que ce n'est pas le CIUSSS mais les médecins qui peuvent soumettre un projet et le mener à bon port.
Une fois l'ouverture de cette superclinique concrétisée, le CIUSSS demandera au ministère une modification du statut de l'urgence du Centre Cloutier-du Rivage, confirme Mme Paquet. Un certain niveau de services de base pourrait y être maintenu, mais rien n'est assuré pour l'instant.
«On ne sait pas si on pourra maintenir des services avec des équipes médicales. Ça pourrait être un point de services du GMF. Je préfère ne pas trop m'avancer. On ne sait pas encore quelle forme ça prendra, mais on veut garder des services de proximité.»
Le député de Champlain, Pierre-Michel Auger.
Pierre-Michel Auger en furie
Le député de la circonscription de Champlain Pierre-Michel Auger était au fait de la rencontre qui s'est déroulée vendredi matin, mais la transparence de M. Beaumont à propos de la fermeture de Cloutier-du Rivage n'a pas manqué de l'inquiéter. C'est que depuis son arrivée en poste en 2014, M. Auger tente de s'assurer que les habitants de sa circonscription n'aient pas à se déplacer sur l'autre rive du Saint-Maurice afin d'être soignés. Or, avec la fermeture de l'urgence Cloutier-du Rivage, et avec la possibilité réelle que la nouvelle superclinique soit construite à Trois-Rivières plutôt qu'à Cap-de-la-Madeleine, ce scénario deviendrait réalité.
«On ne parle pas de décision finale et irrévocable. J'ai parlé avec le pdg du CIUSSS et j'ai fait un appel au cabinet du ministre. Je l'ai dit, je veux ni plus ni moins que les services que nous avons à Cloutier-du Rivage», martèle le ministre, qui continue de dire que l'urgence Cloutier-du Rivage devrait être transformée en superclinique.
Selon Radio-Canada, le premier GMF-R pourrait voir le jour sur le boulevard du Carmel, à Trois-Rivières, à quelques pas du Centre hospitalier affilié universitaire régional, où seraient redirigés les cas les plus graves.
«On est à l'est de la rivière. Le bas du Cap-de-la-Madeleine est un milieu défavorisé avec des personnes vieillissantes et pas nécessairement très fortunées. Il faut en prendre soin. Ça fait trois ans que je le répète et je suis un peu tanné, il va falloir que ça se règle bientôt, et qu'on prenne une orientation finale. Peu importe les mots qu'on utilisera, je veux que ma population ait les services actuels», tonne le député, qui promet de s'adresser à son collègue chez les libéraux, le ministre Gaétan Barrette.
En avril dernier, Québec annonçait son projet de développement de 50 supercliniques au Québec d'ici 2018. Quatre territoires avaient été identifiés par le ministère dans la région afin de mettre en place celles-ci, soit Trois-Rivières, Trois-Rivières-Ouest, Cap-de-la-Madeleine et Shawinigan. Ces nouvelles entités seraient ouvertes 12 heures par jour, sept jours par semaine et offriraient plus de 20 000 consultations afin de soulager les salles d'urgence.