Louis Brunelle et Sébastien Rouleau ont annoncé mercredi le plan d'attraction et de rétention des préposés aux bénéficiaires du CIUSSS.

Le CIUSSS veut plus de préposés aux bénéficiaires

La pénurie de préposés aux bénéficiaires incite la direction du CIUSSS régional à mettre en place un plan d'attraction et de rétention avec l'objectif d'en recruter 150 d'ici un an.
Quelque 2346 préposés aux bénéficiaires travaillent au Centre de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Les besoins sont tels que, malgré l'arrivée de plus de 350 préposés pas plus tard que l'an dernier, la direction doit mettre des efforts pour régler le problème de recrutement.
«On a de la difficulté à les attirer et à les retenir. On va travailler sur la valorisation de la profession et on va mettre en place des solutions innovantes», déclare Louis Brunelle, directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CIUSSS.
La reconnaissance des acquis permettra à des gens n'ayant pas la formation requise de compléter cette étape tout en étant soutenus par le CIUSSS. L'organisation va les embaucher dans un autre emploi afin de les soutenir financièrement durant cette période.
La formation de courte durée à l'interne est une autre façon de miser sur des préposés aux bénéficiaires. Le programme de six mois permettra à des gens de combiner le travail et les études dans le domaine, une option offerte avec les partenaires du milieu de l'éducation.
Le CIUSSS se dit préoccupé par la nécessité de valoriser le métier de préposé aux bénéficiaires. Le programme d'accueil et d'intégration a été revu, les nouveaux préposés seront jumelés à des préposés expérimentés et une garantie de travail sera offerte pour les travailleurs à temps partiel.
«Ça va nous donner un peu d'air pour le personnel et pour s'assurer d'une offre de service de qualité», ajoute Sébastien Rouleau, directeur adjoint du programme de soutien à l'autonomie des personnes âgées.
Le salaire d'un préposé aux bénéficiaires dans le réseau public varie de 19,47 $ à 21,37$ l'heure. Ce montant est supérieur aux salaires consentis dans les résidences privées pour personnes âgées. Le risque de dégarnir le réseau public est là, mais M. Brunelle assure que le CIUSSS vise une main-d'oeuvre qui est actuellement en dehors des maisons de retraite privées.
M. Rouleau a insisté sur la qualité des services à offrir à une clientèle de plus en plus hypothéquée. Des préposés aux bénéficiaires ont déjà dénoncé le manque de personnel et l'obligation de suivre à la lettre un plan de travail pour toute intervention, deux éléments qui nuisent au respect des limitations d'une personne en fin de vie.
«On a des plans de travail qui existent, mais il faut arriver à de la flexibilité avec les gens en place. On a de nos préposés qui sont en réponse aux besoins (des bénéficiaires) et il faut utiliser ces gens-là pour y arriver», donne comme solution M. Rouleau.
Une bonne idée selon le syndicat
La mise en place de ces mesures est bien vue par le syndicat représentant les préposés aux bénéficiaires du CIUSSS. Mais comme le précise Pascal Bastarache, ces mesures auraient dû être instaurées plus rapidement.
«La reconnaissance d'acquis est une bonne nouvelle. Ça va attirer des préposés du privé, mais aussi du personnel en cuisine, en hygiène et salubrité, etc. Ce sont des solutions concrètes. Le programme travail-études est aussi une bonne nouvelle. Mais la formation commence à l'automne. Les préposés vont arriver au printemps 2018, mais on est en pénurie actuellement», mentionne le porte-parole syndical.
M. Bastarache verrait d'un bon oeil que le CIUSSS paie les gens en processus de reconnaissance d'acquis sans les faire travailler afin de réduire le temps de formation. Ils arriveraient plus rapidement sur le marché du travail.
«Il manque 25 % du personnel, car les gens sont épuisés. On est toujours en manque de personnel. L'annonce est une bonne nouvelle, il faut valoriser l'emploi et ça doit être fait rapidement», conclut Claude Audy, vice-président régional de la Fédération de santé et des services sociaux du Coeur du Québec (FSSS-CSN).