Myriam Côté, résidente en médecine, Libby Ingram, greffée du rein et du pancréas, ainsi que la Dre Marie-Josée Bériault, chef de service des soins intensifs du CIUSSS-MCQ et coordonnatrice régionale du don d'organes et de tissus.

La signature qui change des vies

Il y a vingt ans, la vie pour Libby Ingram se résumait à aller travailler le jour et se brancher à sa machine de dialyse la nuit.
La Trifluvienne qui souffrait de diabète depuis l'âge de 11 ans en était réduite à être branchée huit heures par jour sur une machine qui lui permettait de survivre, empêchant toute qualité de vie physique, familiale et sociale. C'était avant qu'elle puisse enfin recevoir une greffe de reins et de pancréas, il y a maintenant 18 ans.
À l'occasion de la Semaine nationale du don d'organes et de tissus, Mme Ingram a accepté de partager son histoire, espérant sensibiliser le plus grand nombre de personnes à signer leur carte de don d'organes, mais également à faire part de leur volonté aux membres de leurs familles. 
«Ma dialyse, ça me gardait en vie, mais ce n'était pas une vie. J'étais branchée à ma machine huit heures par jour, sept jours par semaine. Je devais me piquer quatre fois par jour pour faire mes tests sanguins. Il n'y a aucune qualité de vie», explique celle qui a un jour reçu l'appel tant attendu. Un donneur était compatible, et elle aurait une greffe de reins et de pancréas.
«C'est un changement de vie complet, ça m'a redonné une nouvelle vie. Aujourd'hui, je voyage, je profite de la vie avec ma famille et mon chum», lance celle qui ne passe pas une seule journée sans penser à la personne qui a rendu possible cette renaissance.
«Tout ça, c'est grâce au donneur et à sa famille. Ils ont eu à prendre une décision dans des temps très difficiles, mais ils ont pris la bonne décision. Je pense à mon donneur chaque jour et j'essaie de vivre ma vie pour lui rendre hommage un peu chaque jour. Je lui serai toujours reconnaissante», confie-t-elle.
En Mauricie et au Centre-du-Québec, l'an dernier, 25 personnes ont eu une greffe d'organe comme Libby Ingram. Par ailleurs, cinq donneurs de la région ont pu permettre de transplanter 23 organes à des patients du Québec en attente d'une greffe. Présentement, dans la région, 46 personnes sont toujours en attente d'une greffe d'organe qui pourrait leur sauver la vie, rappelle Marie-Josée Bériault, chef de service des soins intensifs du CIUSSS-MCQ et coordonnatrice régionale du don d'organe et de tissus.
«Souvent, lorsqu'un donneur est identifié, c'est à la suite d'un événement catastrophique, comme un accident ou un AVC. La famille, qui a déjà à vivre un processus de deuil et à encaisser un choc, est aussi confrontée à un choix lourd de sens. C'est pourquoi il faut non seulement signer sa carte de don d'organes, mais également faire part de sa volonté à sa famille immédiate. On espère que la Semaine nationale du don d'organes et de tissus suscitera les discussions dans les familles», mentionne Dre Bériault.
Toute la semaine, les étudiants en médecine du campus de l'Université de Montréal à Trois-Rivières feront aussi leur part et tiendront des kiosques d'information et de sensibilisation pour le don d'organes et de tissus au CHAUR de même que dans les centres hospitaliers de Victoriaville et Drummondville.