La légionnellose peut notamment être transmise par les tours de refroidissement de bâtiments.

La légionellose frappe dans la région

Une éclosion des cas de légionellose sème l'inquiétude en région. Depuis le début du mois de juillet, huit cas ont été déclarés et la majorité de ceux-ci sont de Trois-Rivières. Des patients sont par ailleurs toujours hospitalisés.
Comme on compte normalement entre un et huit cas par année en région, la situation est prise au sérieux par la Direction de santé publique du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec qui tient à alerter la population de la situation. «On veut sensibiliser la population sur ce qu'est la légionellose et inviter à consulter sans tarder un médecin si on souffre de symptômes», souligne Caroline Marcoux-Huard, médecin-conseil au département de la santé publique du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSSMCQ). 
Rappelons que la bactérie avait créé tout un émoi à Québec en 2012 lorsque 177 personnes l'ont contractée dont 13 sont décédées. «Chaque cas est sous enquête. On cherche activement une source commune», explique Mme Marcoux-Huard.
La légionellose est un type de pneumonie à laquelle on associe plusieurs symptômes. Parmi ceux-ci, on retrouve la fièvre, des frissons, la toux, des difficultés respiratoires, des nausées, des vomissements, de la diarrhée et des changements dans l'état mental comme le délire, la confusion, la désorientation et des hallucinations. Dans certains cas, la légionellose peut entraîner le décès de celui qui la contracte.
La bactérie à la source de la maladie vit dans l'eau et peut se retrouver un peu partout dans l'environnement. À cet égard, cinq fontaines d'eau ont été fermées au centre-ville de Trois-Rivières et dans les environs.
«La légionellose ne se transmet pas d'une personne malade à une autre. Elle ne s'attrape pas en consommant de l'eau contaminée. Elle est causée par l'inhalation de fines gouttelettes d'eau contaminée par de grandes quantités de bactéries et mises en suspension dans l'air au moyen de tours de refroidissement, de fontaines, de spas, de chauffe-eau, etc.», peut-on lire dans le communiqué du CIUSSSMCQ.
Caroline Marcoux Huard et Marco Desjardins, médecins-conseil au département de la santé publique du CIUSSSMCQ, surveillent de près l'éclosion de légionellose en région.
Notons que l'étude des causes potentielles d'infection a déjà permis d'éliminer les tours de refroidissement de la ville de Trois-Rivières puisqu'elles font l'objet de vérifications fréquentes afin de tester la qualité de l'eau qu'elles projettent dans l'air.
Les personnes les plus à risque de contracter cette maladie infectieuse sont celles dont le système immunitaire est plus faible comme les gens atteints d'un cancer, ceux ayant subi une transplantation, les fumeurs, les grands consommateurs d'alcool, les personnes âgées de plus de 50 ans, les hommes et les personnes ayant une maladie chronique telle le diabète, une maladie respiratoire ou une maladie cardiaque par exemple. 
Si elle est détectée rapidement, la légionellose se guérit assez facilement. 
«Ça dépend de la gravité de l'infection mais la maladie est normalement traitable aux antibiotiques», souligne Mme Marcoux-Huard. La médecin presse donc ceux qui sont aux prises avec des symptômes associés à la légionellose de se rendre sans tarder chez un professionnel de la santé, surtout si des problèmes respiratoires se déclarent. 
La Direction de santé publique et l'institut de santé publique du Québec collaborent avec la Régie du bâtiment afin de trouver la source du problème.