La présidente de la FIQ, Régine Laurent.

La FIQ propose des cliniques et des maisons pour aînés de proximité

En demandant au gouvernement de participer à la création de cliniques médicales de proximité et de petites maisons pour aînés, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec sait qu'elle réclame un coup de barre important dans le domaine de la santé. Mais la FIQ clame que ce geste est nécessaire afin d'améliorer l'accessibilité aux soins de santé pour les citoyens du Québec.
La FIQ a entrepris une réflexion sur les lacunes du système de santé en 2008. Lors de son conseil fédéral extraordinaire réunissant quelque 500 personnes mardi à Trois-Rivières, la fédération a dévoilé ces nouveaux modèles de soins à implanter, un projet qui nécessitera un regroupement des associations des travailleurs de la santé au Québec.
«Nous nous sommes dit qu'il était temps de prendre l'initiative, de penser et d'agir autrement. Nous devions sortir du cadre traditionnel et proposer des solutions concrètes aux problèmes existants, pour le public et pour les professionnelles en soins, qui peuvent et qui souhaitent mettre à contribution l'ensemble de leur expertise. On s'attaque à une façon de faire qui existe depuis des années. C'est un virage majeur. Mais on est convaincu que si on ne fait rien, on ne s'améliorera pas», déclare Régine Laurent, la présidente de la FIQ.
Les cliniques de proximité offriraient des services de première ligne. Infirmières praticiennes, infirmières, inhalothérapeutes et ergothérapeutes pourraient prendre soin des gens qui se présenteraient à cet endroit parce que leur enfant est fiévreux ou pour faire ajuster leur médication reliée à une maladie chronique comme le diabète. Pour y parvenir, les professionnelles de la santé seraient en contact avec un médecin, mais ce dernier ne travaillerait pas dans ces cliniques.
Le suivi médical et l'ajustement de la médication font partie des tâches permises par le biais de la loi 90 qui encadre les ordonnances collectives. Ces ordonnances relèvent toutefois de chaque centre de santé et des services sociaux qui a besoin d'obtenir l'aval de son conseil des médecins.
Étant donné que l'accès aux services de première ligne est une question de santé publique, estime la FIQ, cette dernière demande au gouvernement que les ordonnances collectives devraient relever non plus des conseil des médecins des CSSS, mais bien de la direction de la santé publique des agences de santé et des services sociaux.
La FIQ indique que la création de ces cliniques ne coûterait rien de plus au gouvernement, car les gens utilisent déjà le réseau de la santé.
De plus, l'ouverture de telles cliniques diminuerait l'achalandage dans les urgences du Québec.
Pour ce qui est des aînés, la FIQ estime que ceux-ci ne doivent pas être trimballés au gré de leurs besoins de soins de santé. Les maisons seraient gérées par le concours de partenaires locaux (Municipalités, institutions financières). Selon la fédération, il serait préférable de créer ce genre de maisons de quartier afin de garder l'aîné dans son milieu.
«À court terme, ça va coûter moins cher», affirme Mme Laurent, en donnant comme exemple le succès de la maison Carpe Diem de Trois-Rivières.
Chaque maison regrouperait entre 12 et 15 personnes. Le modèle serait applicable tant en milieu urbain qu'en secteur rural.
La FIQ croit de plus que l'alliance des syndicats de travailleurs de la santé est un passage obligé dans la réussite de ces projets.
«La concrétisation de cette force en santé passe nécessairement par la création d'une nouvelle organisation syndicale, coconstruite par les organisations déjà existantes», plaide la présidente de la FIQ, qui vise une seule fédération.
Chaque syndicat conserverait toutefois son autonomie.