Après une rencontre de deux heures avec le ministre, mardi en fin de journée, la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, s'est montrée satisfaite de l'ouverture manifestée par M. Barrette.

Infirmières épuisées: la FIQ dit avoir eu des engagements de Barrette

La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) dit avoir reçu des engagements de la part du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en vue de régler le problème de la surcharge de travail des infirmières.

Après une rencontre de deux heures avec le ministre, mardi en fin de journée, la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, s'est montrée satisfaite de l'ouverture manifestée par M. Barrette, à propos du litige sur le temps supplémentaire obligatoire et le ratio jugé trop élevé du nombre de patients sous la responsabilité de chaque infirmière durant un quart de travail.

Les deux parties ont convenu de se revoir dans deux semaines pour faire le point sur l'évolution du dossier.

La FIQ s'attend à court terme à l'ouverture de nombreux postes à temps complet, notamment.

Selon Mme Bédard, le ministre comprend la nature et l'ampleur du problème et s'est engagé à accélérer les choses, de manière à mettre en vigueur les lettres d'ententes signées entre les deux parties il y a deux ans.

«L'engagement que j'ai compris du ministre aujourd'hui, c'était qu'il allait faire en sorte que les choses allaient s'activer et qu'on devait avoir des résultats rapides», a commenté Mme Bédard, lors d'une mêlée de presse après la rencontre. Elle s'est montrée convaincue que les choses allaient changer.

Le ministre a aussi pris l'engagement de tout mettre en oeuvre pour que le ratio patients-infirmière corresponde dorénavant «aux besoins des patients», a ajouté Mme Bédard, laissant entendre que le ratio serait revu à la baisse, nécessitant l'embauche d'un grand nombre d'infirmières.

Elle s'attend également à des gestes concrets de la part de Québec pour limiter le temps supplémentaire obligatoire.

Le ministre Barrette s'est montré pour sa part plus évasif, refusant d'entrer dans les détails de la discussion et de ses conclusions.

«Je prends un certain nombre de choses en mains d'ici deux semaines», a-t-il commenté à son tour, en point de presse après la rencontre qualifiée de «cordiale».

Sur le fond des revendications, le ministre a dit que les infirmières avaient raison. «On s'entend sur la destination», a-t-il dit.

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COUILLARD FAIT TOUJOURS CONFIANCE À SON MINISTRE

Le premier ministre Couillard croit que Gaétan Barrette arrivera à des résultats avec les infirmières, parce qu’il «connaît excessivement bien le dossier.»

La crise de l’épuisement qui secoue le milieu infirmier a monopolisé les échanges lors de la rentrée parlementaire à Québec mardi. Au cœur de la tempête, le premier ministre Philippe Couillard a réitéré sa confiance en son ministre de la Santé Gaétan Barrette.

«Il a fait beaucoup de choses positives M. Barrette pour le réseau de la santé», a soutenu M. Couillard en point de presse, avant de louer sa «force de caractère importante». Le premier ministre ne prévoit «aucun changement» au poste de ministre de la Santé.

M. Couillard croit que M. Barrette arrivera à des résultats avec les infirmières, parce qu’il «connaît excessivement bien le dossier.»

En matinée mardi, un sondage Ipsos-La Presse révélait que 70 % des répondants jugent que le système de santé s’est détérioré depuis trois ans. Le style «intransigeant et arrogant» du ministre Barrette y était aussi décrié. «Les ministres de la Santé restent jamais populaires bien longtemps. Pourquoi? C’est un domaine qui est tellement chargé d’émotions», a relativisé M. Couillard. 

Amir Khadir, député de Québec solidaire, avait attaqué plus tôt en journée le leadership libéral en santé. «Le véritable responsable de la situation qu’on vit actuellement dans les hôpitaux, et la situation vécue par les infirmières, leur détresse, leur épuisement, leur cri du cœur, c’est Philippe Couillard qui a choisi Gaétan Barrette.»

La députée du Parti québécois (PQ) Diane Lamarre croit quant à elle qu’il est «trop tard», en fin de mandat, pour remplacer Gaétan Barrette à la tête du ministère de la Santé. «Le mal est fait», déplore-t-elle. 

Avant les élections

Le ministre Barrette a quant à lui voulu se montrer compréhensif mardi, en s’engageant à revoir les ratios de patients dont les infirmières doivent s’occuper avant les prochaines élections. «Je suis convaincu qu’on aura fait des travaux et qu’on aura tiré des conclusions d’ici l’élection. Du moins, on sera très près», a-t-il soutenu. 

Toute la journée, le gouvernement libéral a fait l’objet de tirs groupés de l’opposition dans ce dossier. Le chef du PQ Jean-François Lisée a réclamé que les ratios de patients soient revus rapidement et qu’un fonds d’urgence soit créé pour que les directeurs d’hôpitaux puissent afficher les postes d’infirmières à pouvoir. «On est en situation de crise. On doit réagir immédiatement», a-t-il soutenu. 

«C’est pas simplement une question d’argent, c’est une question d’organisation», a répliqué le ministre Barrette. Le premier ministre Couillard a quant à lui appelé à aller «plus loin dans la réflexion», en incluant la pénurie de préposés aux bénéficiaires dans l’équation, ce qui peut surcharger les infirmières.

Le député François Paradis de la Coalition avenir Québec (CAQ), a quant à lui sorti des chiffres du Conseil du Trésor à la période de questions. Selon lui, en heures travaillées, il y a 1128 infirmières de moins en 2016-2017 qu’en 2014-2015. Ce qui expliquerait l’épuisement de plusieurs d’entre elles. 

Le PQ a déposé une motion pour que l’Assemblée nationale dénonce la surcharge de travail des infirmières, des infirmières auxiliaires et des préposés aux bénéficiaires. Cette motion réclamait du gouvernement «l’ajout immédiat d’effectifs pour régler cette crise», mais le gouvernement n’a pas accepté d’en débattre.  Le Soleil, Patricia Cloutier